Des enfants de la bande de Gaza ont envoyé un message vidéo au journaliste américain Tucker Carlson, l’invitant à continuer de faire connaître leur histoire au monde entier et à rester une voix courageuse pour les enfants palestiniens qui ont vécu la guerre et la destruction. « Nous invitons Tucker à continuer d’être une voix courageuse pour ces enfants innocents, à transmettre leur histoire et à la faire connaître au monde entier », réclame le texte qui accompagne la vidéo des jeunes palestiniens, publiée sur Instagram.
Ils sont assis au milieu des décombres à Gaza, devant une fresque murale représentant le journaliste américain, intitulée « écho des survivants du génocide ».
« Les enfants survivants de Sada (écho) ont créé cette fresque en signe de gratitude envers @TuckerCarlson pour son courage face à la vérité, sa prise de parole et son opposition à l’influence de l’AIPAC », en allusion au lobby israélien aux Etats-Unis, peut-ont aussi lire dans le texte. « Nous sommes les enfants qui ont survécu au génocide », a clamé une jeune fillette dans la vidéo. « Nous espérons que notre message vous parviendra ainsi qu’au monde entier », poursuit un jeune garçon. « Echo des survivants vous disent : merci pour chaque mot que vous avez prononcé pour nous défendre », a pris le relai une autre fillette, suivie d’une autre disant : « Merci pour nous avoir soutenus ». Et tous de conclure en chœur : « Nous vous aimons Tucker »
Les enfants ont conclu leur message en invitant leurs abonnés à le partager et à identifier le compte de T. Carlson, espérant que leur message lui parviendrait et que l’art contribuerait à faire entendre leurs voix et à exprimer leurs souffrances au monde entier.
Journaliste de renommée, il a adopté pendant la guerre israélienne contre la bande de Gaza et le Liban des positions des plus critiques, voire virulentes, à l’égard d’Israël. Il a déclaré à plusieurs reprises la conduite de la guerre d’acte s’apparentant à un génocide estimant qu’Israël avait perdu sa boussole morale Il a aussi fustigé l’alliance américano-israélienne estimant qu’elle n’est plus systématiquement dans l’intérêt stratégique des États-Unis. Il a également attaqué les chrétiens sionistes, qu’il qualifie de « victimes d’un virus dans le cerveau », et que le soutien à Israël constituerait « une trahison du christianisme ».
Les effets de NAZA
Sur le plan de la guerre culturelle, il y a lieu de signaler que plus de 200 cinéastes israéliens ont signé une pétition en soutien aux réalisateurs de NAZA, un documentaire choc sur les crimes de guerre israéliens à Gaza, qui repose sur les témoignages de membres des services de renseignement et de l’armée israélienne. Selon les médias israéliens, parmi les signataires figurent plusieurs réalisateurs de renom, dont Ari Folman, Shlomi Elkabetz, Ran Tal et Michal Aviad. « Le rôle essentiel de l’art et du journalisme est de tendre un miroir à la société dans laquelle ils existent », souligne la pétition.
Cette initiative intervient alors que les réalisateurs du film, Yuval Abraham et Rachel Szor, font l’objet de critiques et de menaces croissantes depuis que leur documentaire a remporté le Prix spécial du jury de la 83e Mostra de Venise.
Miki Zohar, ministre israélien de la Culture et des Sports, a qualifié leur travail d’« acte de trahison » et affirmé qu’il chercherait à leur retirer la nationalité israélienne. Le ministre ne dispose toutefois pas du pouvoir de révoquer unilatéralement une citoyenneté. Une telle mesure nécessiterait une procédure juridique formelle impliquant le ministre de l’Intérieur et les tribunaux, conformément au droit israélien.
Produit par le quotidien britannique The Guardian et JW Films, NAZA s’appuie sur des entretiens avec 24 membres anonymes de l’armée et des services de renseignement israéliens qui exposent la façon dont les forces israéliennes tuent de nombreux civils dans le cadre de la guerre qu’elles mènent contre le Hamas. Le titre du film fait référence à une abréviation militaire hébraïque désignant les « dommages collatéraux », en lien avec l’estimation du nombre de civils susceptibles d’être tués lors d’une attaque.
Les personnes interrogées décrivent notamment le recours à l’intelligence artificielle et à la surveillance de masse pour identifier des cibles, ainsi que des frappes autorisées malgré l’anticipation de pertes civiles. Un soldat anonyme décrit entre autres l’utilisation d’outils boostés à l’intelligence artificielle pour localiser et calculer le nombre de civils qui risquent de mourir lors d’attaques. Selon lui, tout Gaza est cartographié et il est possible de cliquer sur chaque maison afin de voir combien de personnes risquent de mourir en cas de bombardement. Le film va encore plus loin : plusieurs militaires disent avoir eu le sentiment de travailler dans une sorte d’usine à tuer, et d’autres parlent de jeux vidéo : on sélectionne, on valide, on frappe.
L’armée israélienne a rejeté les accusations formulées dans le film et mis en doute la fiabilité des témoignages anonymes, dont les identités, les grades et les responsabilités n’ont pas pu être vérifiés.
Yuval Abraham et Rachel Szor avaient auparavant travaillé sur le documentaire No Other Land, récompensé aux Oscars, aux côtés des réalisateurs palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal.
En parallèle, force est de souligner que le rappeur américain Macklemore ne participera finalement pas à la tournée d’Ed Sheeran, après avoir appelé à « libérer la Palestine » lors d’un concert. Cette éviction s’inscrit dans un engagement affiché depuis plusieurs années en faveur de la cause palestinienne, bien marqué par sa dénonciation constante de la guerre menée par Israël à Gaza.

