N. Hani a déclaré avoir informé J. Aoun des « importants dégâts agricoles dans le sud, qui ont touché plus de 22,5 % des terres agricoles, soit plus de 56 000 hectares ». Il a souligné la nécessité de garantir des programmes et des approvisionnements aux agriculteurs libanais afin de leur permettre d’accéder à leurs terres et de récolter leurs cultures. Il a ajouté que le ministère de l’Agriculture, en coopération avec l’armée libanaise, a achevé les travaux visant à faciliter l’accès des agriculteurs à leurs terres et la récolte de leurs produits, à l’instar des mesures prises pour les autres cultures.
Les attaques israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours dans le sud du Liban, malgré un « accord-cadre » signé par Beyrouth et Tel-Aviv sous l’égide des États-Unis le 26 juin, qui stipule un retrait progressif d’Israël des territoires occupés en échange du déploiement de l’armée libanaise sur place.
En réponse à une question sur la question de savoir si le budget 2027 du ministère de l’Agriculture comprenait des augmentations pour couvrir les dommages causés aux terres agricoles par les attaques israéliennes, N. Hani a déclaré qu’il comprenait des « ajouts mineurs » pour développer les infrastructures aux points de passage terrestres et au port. Il a indiqué qu’une partie du budget serait allouée à la mise en place de laboratoires à ces points de passage, notamment dans les ports et aux frontières terrestres, dans le but d’accélérer les opérations d’importation et d’exportation. Il a souligné que des efforts sont déployés pour obtenir des financements de sources multiples afin de couvrir les dommages causés par l’agression israélienne contre le secteur agricole dans le sud. Et de signaler un projet conjoint avec la Banque mondiale d’une valeur d’environ 40 millions de dollars consacré à la réparation de ces dommages.
Il a ajouté que le ministère coopère également avec les donateurs et le réseau de partenaires du secteur agricole au Liban afin de fournir des financements supplémentaires. Il a indiqué qu’entre 6 et 7 millions de dollars sont actuellement fournis directement aux agriculteurs sous forme de soutien et d’assistance agricoles, et a exprimé son espoir d’obtenir davantage de fonds pour réhabiliter le secteur agricole du sud du Liban.
Les institutions internationales, et notamment la Banque mondiale, ont classé la crise libanaise, qui a débuté en 2019, parmi les « pires crises économiques au monde » depuis le milieu du XIXe siècle, après qu’elle a entraîné le gel des comptes en dollars, l’imposition de restrictions strictes sur les retraits bancaires et l’effondrement de la valeur de la livre libanaise de plus de 95 %. La situation économique s’est aggravée avec la guerre israélienne contre le Liban.
De l’autre côté de l’échiquier politique, Ali Ammar, député membre du bloc parlementaire du Hezbollah Fidélité à la Résistance et de la commission des Affaires étrangères, a réagi au communiqué de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth, dénonçant ce qu’il qualifie d’« ingérence flagrante » de Washington dans les affaires libanaises et d’atteinte à la souveraineté du Liban. Il a estimé que les États-Unis cherchent à imposer au Liban des conditions et des orientations et à influencer ses choix politiques. Selon lui, les Libanais souhaitent que Washington « cesse de nuire au Liban et de s’ingérer dans ses affaires », renonce à toute forme de tutelle sur ses décisions et mette fin à son soutien à Israël, notamment en faisant pression sur ce dernier pour qu’il cesse ses attaques et son occupation des territoires libanais.
A. Ammar a souligné que les Libanais étaient en mesure de déterminer eux-mêmes leur avenir à travers le dialogue entre les différentes composantes et forces politiques du pays, rejetant toute condition ou orientation imposée de l’extérieur.
Il a enfin affirmé que « les Libanais, y compris le Hezbollah », aspiraient à un État fort, capable de protéger son territoire et sa population, et maître de ses décisions. Il a plaidé pour un État reposant sur son armée, son peuple et son unité nationale, plutôt que sur des choix dictés de l’extérieur.

