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Après que Rabat ait brisé le silence sur la crise migratoire de Sebta : Des ministres espagnols continuent de charger le Maroc

by Perspectives Med
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Après que Rabat ait brisé le silence sur la crise migratoire de Sebta : Des ministres espagnols continuent de charger le Maroc

S. Rego a affirmé lors d’un entretien télévisuel qu’un enfant avait souhaité retrouver sa famille avant les événements du 30 juillet, et que celle-ci voulait également son retour, mais que cela n’avait pas pu se concrétiser en raison d’un « manque de réponse et d’action de la part du Maroc ». Le parquet a ouvert 600 dossiers liés à des procédures antérieures à l’entrée massive de migrants, auxquels Rabat n’aurait « pas répondu ». La ministre a indiqué que les procédures visant à établir les liens familiaux et à organiser le retour des mineurs respectent les garanties juridiques et les droits humains, tout en insistant sur l coopération du pays d’origine. Selon elle, l’instruction des dossiers prend au moins plusieurs mois.

S. Rego a ajouté que le transfert de mineurs vers la péninsule ibérique était nécessaire, vu la forte pression à laquelle Ceuta est confrontée. Les démarches de regroupement familial ou d’accueil peuvent se poursuivre dans n’importe quelle autre région, avec les mêmes garanties juridiques.

Selon la responsable espagnole, environ 2 000 mineurs étrangers non accompagnés se trouvent actuellement à Ceuta. Certains ne disposent pas d’un cadre familial vers lequel revenir, tandis que plusieurs jeunes filles fuient des situations difficiles, notamment des mariages forcés.

De son côté, ministre espagnole de la Santé, Mónica García, ministre espagnole de la Santé, s’est jointe à la curée en réagissant à la polémique autour de la responsabilité du Maroc dans l’arrivée massive de migrants à Sebta les 30 et 31 juillet en imputant une partie de la faute à Rabat. Selon elle, le royaume « avait la clé de la porte : soit il l’a ouverte, soit il l’a laissée ouverte ». Au micro de la radio Onda Cero, elle a estimé que la responsabilité de la protection des frontières était partagée, tout en soulignant que le Maroc portait une responsabilité claire, quel que soit le résultat d’une éventuelle enquête sur son implication directe ou indirecte dans les événements.

Elle a ajouté que cette crise avait mis en lumière l’échec du modèle européen fondé sur l’externalisation du contrôle des frontières vers d’autres pays. Elle a également critiqué le Centre national de renseignement espagnol pour ne pas avoir anticipé l’ampleur des passages massifs, rappelant qu’il s’était contenté d’envoyer une alerte via WhatsApp au chef de cabinet de la déléguée du gouvernement à Ceuta.

M. García a affirmé que si ce qui s’est produit relevait d’une atteinte à l’intégrité territoriale, l’alerte aurait dû être transmise au ministre ou à des responsables de rang supérieur par la voie hiérarchique, tenant à la fois l’Espagne et le Maroc responsables du manque d’anticipation.

La diplomatie marocaine avait auparavant critiqué les accusations selon lesquelles le Maroc serait à l’origine de la vague d’entrées massives à Sebta, s’interrogeant sur la persistance de telles allégations en l’absence de données, de faits ou de rapports prouvant l’implication des autorités marocaines.

Bravade droitière

Dans les rangs de l’opposition, le Parti populaire espagnol n’a pas manqué de réagir au communiqué de la diplomatie marocaine en accusant une nouvelle fois le Maroc d’être « par action ou par omission » responsable des événements survenus les 30 et 31 juillet. Le PP a pointé « une grave atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne, et donc de l’Europe » et une « attaque hybride dans laquelle l’immigration irrégulière a été utilisée comme instrument ». Il a souligné que la défense « des intérêts généraux de la nation, de l’intégrité des frontières et de la sécurité des Espagnols » était une priorité non négociable, insistant sur le fait que « rien ne passe avant la défense de l’Espagne ».

Il a ajouté que la justice espagnole est l’instance habilitée à établir les faits, soulignant qu’« aucune position, qu’elle soit nationale ou étrangère, ne doit interférer dans ce processus, l’influencer ou en affaiblir la légitimité ». Il a indiqué, en outre, partager les deux interrogations soulevées dans le communiqué marocain concernant, d’une part, le non-retour des migrants entrés irrégulièrement, malgré l’engagement formel de Rabat à les accueillir, et, d’autre part, le maintien de mineurs séparés de leurs familles, malgré la demande marocaine de les voir rentrer.

Le ministère marocain des Affaires étrangères s’était interrogé sur la persistance des accusations visant le Maroc « en l’absence de toute donnée, de tout fait ou de tout rapport prouvant une quelconque implication des autorités marocaines ». Il avait également soulevé la question des migrants en situation irrégulière non expulsés, malgré l’engagement officiel du gouvernement marocain à les réadmettre, ainsi que le maintien de mineurs non accompagnés loin de leurs familles. Le Maroc a regretté que certains cercles politiques et médiatiques espagnols continuent d’instrumentaliser le Royaume à des fins de politique intérieure.

Incendies à Sebta

A signaler que dans la nuit du 10 au 11 septembre, plusieurs incendies se sont déclarés dans l’enclave espagnole, sans faire de victimes mais nécessitant l’évacuation des migrants vivant à proximité. Un individu lié à l’un des incidents a été arrêté et a comparu devant un juge.

Un premier incendie s’est déclaré vers minuit dans un campement de migrants arrivés à Sebta en provenance du Maroc depuis la fin du mois de juillet dernier, détruisant 42 tentes et baraques construites par des migrants, selon l’agence espagnole EFE. Le sinistre s’est déclaré au campement de Las Naves del Tarajal, ou plus précisément, dans la zone d’attente du campement de fortune habité par des familles et des enfants. Selon le quotidien El País, environ 200 personnes y vivent depuis plus d’un mois dans l’attente d’un logement. L’incident n’a fait aucune victime, selon les services d’urgence, et le feu a été maîtrisé au bout de deux heures.

Selon l’agence EFE, les forces de l’ordre ont évacué les migrants qui dormaient à proximité du camp pour les protéger de la fumée. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, qui serait dû à un feu de camp allumé par les migrants pour se réchauffer ou à une bougie allumée sous une tente, une pratique courante dans le camp pour l’éclairage, selon la presse. Le feu a été alimenté par les matériaux en plastique et en bois, ainsi que par les détritus qui traînaient dans la zone. Selon El País, certaines familles habitant le camp contestent cette version, même si elles ne peuvent préciser les raisons exactes du sinistre. A

Durant la même nuit, un autre incendie s’est déclaré dans l’enclave espagnole, brûlant plusieurs voitures, conteneurs et un camion dans la zone industrielle de Virgen de África. Les médias espagnols ont rapporté, citant des sources officielles, l’arrestation d’un individu, un employé de la société publique de nettoyage Servilimpce, qui est accusé d’avoir causé plusieurs incendies en brûlant des conteneurs et divers matériaux de construction et de nettoyage, au cours de la semaine dans le Préside. L’accusé a été présenté devant un juge, rapporte El País.

Les services d’urgence de la ville de Sebta sont intervenus pour éteindre un troisième incendie survenu à proximité du centre sportif Díaz-Flor vers 4h30 du matin, selon la presse. Le feu a détruit plusieurs véhicules et une benne à ordures, mais pour l’heure, la police n’a encore effectué aucune arrestation liée à cette affaire. Pour rappel, plusieurs milliers de migrants se trouvent toujours dans l’enclave espagnole de Ceuta après la vague massive de migrants qui a traversé la frontière les 30 et 31 juillet derniers. Leur présence polarise le débat sur leur sort en Espagne sur fond d’épisodes de violences et d’incendies dont la cadence a augmenté dans les jours récents.

Par ailleurs, dans le sillage de la publication de rapports du Centre national du renseignement espagnol sur les alertes ayant précédé l’entrée massive d’environ 80 000 migrants à Sebta, Gonzalo Sanz, chef de cabinet du délégué du gouvernement dans la ville, a présenté vendredi sa démission, sur fond de contradictions entre sa version des faits et les déclarations de Miguel Angel Perez Triano;, délégué du gouvernement. G. Sanz a justifié sa décision par des « raisons personnelles et familiales », ainsi que par la « contradiction manifeste » entre son affirmation selon laquelle il avait transmis, le 29 juillet, à Triano des informations des services de renseignement concernant une possible entrée massive de migrants, et le démenti de ce dernier, qui assure n’avoir reçu aucune information de ce type de sa part.

La Délégation du gouvernement a toutefois livré une autre version, affirmant que G. Sanz avait démissionné après que Triano lui eut demandé, jeudi, de quitter ses fonctions. Elle a également réitéré qu’elle n’avait pas connaissance des messages ni de l’appel téléphonique échangés entre le chef de cabinet et les services de renseignement.

Selon des documents déclassifiés par le gouvernement, les services de renseignement ont eu un échange téléphonique avec la délégation le 29 juillet et ont alerté, via WhatsApp, sur des appels relayés dans des groupes de réseaux sociaux comptant 180 000 abonnés, incitant à prendre d’assaut la frontière par voie terrestre et maritime. De son côté, la délégation a reproché aux services de renseignement de ne pas avoir évalué le nombre de personnes susceptibles de répondre à ces appels ni la probabilité qu’ils soient suivis d’effet, estimant que les informations transmises se limitaient à décrire l’ampleur des groupes concernés.

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