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Les négociations de Doha sur la trêve tournent en eau de boudin : S. Witkoff reproche au Hamas son inflexibilité…

by Perspectives Med
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Les négociations de Doha sur la trêve tournent en eau de boudin : S. Witkoff reproche au Hamas son inflexibilité...

Le mouvement de résistance palestinienne a déclaré dans un communiqué sur sa chaîne Telegram que « le Hamas vient de soumettre sa réponse et celle des factions palestiniennes aux médiateurs ». Deux sources palestiniennes proches des négociations ont déclaré mercredi que le Hamas avait remis sa réponse à la proposition de trêve, en ajoutant des amendements incluant des garanties pour un cessez-le-feu permanent avec Israël. L’une des sources a déclaré que « la réponse du Hamas a principalement abordé la question de l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, les cartes de retrait militaire israélien ainsi que des garanties pour un cessez-le-feu permanent ».

De son côté, un responsable palestinien proche des négociations a qualifié de « positive » la réponse du Hamas. Il a expliqué que la réponse « inclut également une demande de modification des cartes de retrait israéliennes », précisant que le mouvement exige « le retrait des forces d’occupation israéliennes des zones résidentielles et de la route Salaheddine (reliant le nord au sud de la bande de Gaza), vu que les forces d’occupation sont déployées à une profondeur maximale de 800 mètres dans toutes les zones à l’est et au nord de la frontière de la bande de Gaza ». Le Hamas a également exigé « une augmentation du nombre de prisonniers palestiniens libérables, condamnés à des peines de prison à perpétuité et de longues peines pour chaque soldat israélien en vie », selon la même source.

Côté israélien, un bref communiqué du bureau du Premier ministre israélien a indiqué que « les médiateurs ont transmis la réponse du Hamas à l’équipe de négociation israélienne, et elle est actuellement en cours d’examen ».

Entre-temps, la Maison Blanche a annoncé que l’envoyé américain S. Witkoff rencontrera en Europe des responsables israéliens et qataris afin de parvenir à un accord incluant un cessez-le-feu à Gaza et la libération des captifs. Et d’ajouter : « Washington chercherait à parvenir à une solution au plus vite afin d’atténuer la crise humanitaire ».

De son côté, la radiodiffusion israélienne a révélé que l’érosion des effectifs de l’armée israélienne à Gaza était l’une des principales raisons qui a poussé B. Netanyahu, ainsi qu’Eyal Zamir, chef d’état-major de Tsahal, à envisager de mettre fin à la guerre, après avoir examiné des rapports détaillés sur la situation des forces d’occupation sur le terrain. Ces développements interviennent dans un contexte de négociations indirectes parrainées par l’Egypte et le Qatar, qui se heurtent à des obstacles liés aux mécanismes de mise en œuvre de l’accord, notamment en ce qui concerne les modalités de retrait israélien et d’échange de prisonniers.

Rappelons que depuis le début de la guerre génocidaire israélienne contre Gaza le 7 octobre 2023, au moins 59 106 Palestiniens sont tombés en martyre et 142 511 autres blessés, tandis que l’armée d’occupation israélienne continue de bombarder les zones où les déplacés cherchent refuge, exacerbant une crise déjà dramatique. La famine et la malnutrition dues au blocus israélien contre Gaza ont également causé 111 décès, dont 81 enfants.

Résistance permanente

Dans la journée de jeudi, les médias israéliens ont rapporté un incident grave dans l’enclave palestinienne nécessitant l’intervention d’un hélicoptère pour évacuer les blessés. Rien n’a filtré sur ladite opération de la résistance. Pour leur part, les Brigades al-Qassam, branche armée du Hamas, ont diffusé la veille mercredi sur leur chaîne Telegram les images des opérations contre des soldats et des véhicules israéliens à Jabalia, au nord de la bande de Gaza, dans le cadre de l’opération Pierres de David. Elles ont annoncé avoir « ciblé un char israélien Merkava, mardi, avec un obus al-Yassin 105 à proximité de Bayarat al-Rayyes, rue al-Sikka, à l’est du quartier d’al-Zeitoun, dans la ville de Gaza, au nord de la bande de Gaza ». le même jour, les Brigades al-Qassam ont ciblé une force d’occupation israélienne formée de sept soldats avec une bombe antipersonnel TV, les tuant et les blessant dans le quartier du carrefour al-Mashru, à l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Au même endroit, deux jours plus tôt, des combattants al-Qassam avaient fait exploser une maison préfabriquée, ciblant une force d’occupation israélienne de dix soldats, les tuant et les blessant après l’effondrement complet du bâtiment.

Le 17 juillet, des combattants de la résistance avaient également fait exploser deux bombes antipersonnel ciblant une force du génie israélienne de huit soldats, les tuant et les blessant près du carrefour Deir Yassin, dans le quartier d’al-Janina, à l’est de Rafah.

Par ailleurs, à l’est de Rafah, des combattants al-Qassam ont attiré une force d’occupation israélienne dans un piège à l’intérieur d’une maison, où un engin explosif a explosé, tuant et blessant les soldats dans le secteur de la municipalité d’al-Shawka. Dans un communiqué distinct, les Brigades al-Qassam ont indiqué « qu’à leur retour des combats, leurs combattants ont confirmé avoir fait exploser un engin hautement explosif visant un véhicule de transport de troupes israélien, le détruisant et tuant et blessant son équipage dans la zone d’al-Satar al-Gharbi, au nord de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 juillet ». Elles ont ajouté que « leurs combattants ont surveillé l’atterrissage des hélicoptères pour l’évacuation, qui a duré plusieurs heures ».

Il y a quelques jours, Abou Obeida, leur porte-parole militaire, a assuré dans une déclaration vidéo que  « la stratégie des dirigeants des Brigades al-Qassam à ce stade est d’infliger des pertes à l’ennemi, de mener des opérations de qualité et de chercher à capturer des soldats ».

Les Brigades al-Qassam, ont diffusé une vidéo de leurs membres ciblant des soldats et des véhicules israéliens progressant au sud-est de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. Selon les images obtenues, l’opération, a été menée, mardi. On y voit des membres des Brigades cibler des soldats et des véhicules israéliens dans les régions d’Abou Holi et d’al-Jafrawi, au sud-est de Deir al-Balah, avec des missiles Yassin 105. Les images montrent les Brigades surveillant les mouvements des soldats israéliens et ciblant un véhicule blindé de transport de troupes et deux chars Merkava avec des missiles al-Yassin 105. Les clips vidéo montrent également les forces israéliennes retirant les véhicules détruits.

E. Zamir parle d’usure

E. Zamir a déclaré que « l’armée mène une guerre sans précédent dans son histoire, suite aux multiples reportages des médias faisant état de dizaines de morts et de blessés dans la bande de Gaza, ainsi que de nombreux cas de trauma psychologiques ». Il a expliqué que « les opérations militaires se déroulent simultanément sur plusieurs fronts, notamment à Téhéran, Sanaa, Beyrouth, en Syrie et à Jénine, Gaza restant le principal centre de gravité ».

Le chef d’état-major israélien a souligné que « l’armée est confrontée à des défis sur plusieurs fronts et travaille sans relâche pour y faire face ». Il a souligné que « l’armée se trouve à un tournant décisif et que les décisions actuelles auront des répercussions stratégiques sur l’avenir de la bataille ».

Plus, il a reconnu publiquement que « son armée paye un lourd tribut à la guerre à Gaza, insistant sur la poursuite des opérations pour atteindre ses objectifs, notamment le retour des prisonniers et la destruction de Hamas ». Cela reflète, selon les observateurs, « l’écart grandissant entre les déclarations politiques et les résultats obtenus sur le terrain jusqu’à présent ».

Selon le Yedioth Ahronoth, 39 soldats et officiers ont été tués à Gaza depuis qu’Israël a repris ses opérations militaires contre Gaza le 18 mars, suite au non-respect de l’accord de cessez-le-feu de janvier 2025. Un rapport israélien a révélé « une crise sans précédent au sein des officiers de l’armée israélienne, alors que le commandement de l’armée a officiellement reconnu l’ampleur de l’érosion de ses unités de combat et l’existence de graves pénuries de personnel dues à l’attrition continue depuis le début de l’agression israélienne contre la bande de Gaza ».

Récemment, les médias israéliens ont consacré une large place « à l’augmentation du nombre de soldats tués à Gaza lors d’affrontements ou par suicide sous la pression de la guerre, tandis que le gouvernement tente d’adopter une loi sur la conscription qui exempterait des dizaines de milliers d’hommes ultra-orthodoxes du service militaire ».

Alors que les dirigeants militaires israéliens affirment contrôler totalement Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et prévoient d’y établir ce qu’ils appellent une « ville humanitaire », la Résistance y a mené des opérations surprises qui, selon un expert militaire, « sapent les revendications israéliennes de contrôle de la zone ». Pareille opération démontre la capacité de la Résistance à mener des attaques « dans la zone de sécurité des forces présentes dans la bande de Gaza », même si cela « représente un risque très élevé et exige des efforts considérables ».

Attentat près de Tulkarem

A signaler que 9 soldats israéliens sur 11 personnes ont été blessés, dont plusieurs grièvement atteints, lors d’une attaque à la voiture-bélier survenue jeudi matin au carrefour de Hasharon, près de la localité de Kfar Yona, à l’ouest de Tulkarem. Les médias israéliens ont indiqué que les blessés sont des soldats qui se trouvaient à la gare routière de Kfar Yona, près de Tel Aviv.

La chaîne israélienne 12 a rapporté que le conducteur du véhicule auteur de l’attaque a pris la fuite, tandis que la police d’occupation a ouvert une enquête approfondie, coïncidant avec la déclaration de l’état d’alerte à Kfar Yona et ses environs.

Israel Hayom a en outre rapporté que les forces de police israéliennes ont été massivement déployées autour de la gare routière afin de traquer l’auteur de l’opération. Les soldats israéliens ont également mené des recherches autour du carrefour de Beit Lid, à l’ouest de Tulkarem, avec la participation d’un hélicoptère. Ils ont fermé plusieurs points de contrôle menant à des zones du nord de la Cisjordanie afin d’empêcher l’auteur de se replier vers les zones palestiniennes voisines.

Par la suite, Channel 12 a cité un porte-parole de la police, affirmant que le véhicule utilisé dans l’opération a été retrouvé. Selon cette chaine israélienne, les auteurs seraient arrivés à bord de deux véhicules, l’un utilisé pour mener l’attaque et l’autre pour s’enfuir.

Cette opération fait suite à une série d’attaques individuelles menées ces derniers mois dans différentes zones des territoires occupés et de la Cisjordanie, dans un contexte d’escalade des tensions sur le terrain due à la guerre génocidaire israélienne en cours contre la bande de Gaza et à l’intensification des incursions israéliennes dans les villes palestiniennes de la Cisjordanie occupée. Outre la volonté politique affirmée par Tel-Aviv d’annexer et Gaza et la Cisjordanie.

Depuis l’aube de jeudi, les forces d’occupation israéliennes ont poursuivi leurs agressions systématiques contre la Cisjordanie occupée, causant la mort de deux jeunes et blessant et arrêtant plusieurs autres. Le ministère palestinien de la Santé a annoncé le martyre de deux jeunes, Ahmad Ali Salah et Mohammad Khaled Issa, suite aux tirs des forces d’occupation israéliennes. Leurs corps ont été saisis lors d’affrontements qui ont éclaté dans la ville d’Al-Khader, au sud de Bethléem, à la suite d’un raid des forces d’occupation contre la ville. Mercredi soir, Ibrahim Hamran (14 ans) a également succombé à ses blessures causées par les tirs des forces d’occupation israéliennes près de la localité d’Arraba, au sud de Jénine, portant à trois le nombre de martyrs ces dernières heures.

Colonisation rejetée

A rappeler que plus de 70 députés israéliens ont voté mercredi un appel au gouvernement à annexer la Cisjordanie occupée, afin de « retirer de l’ordre du jour tout projet d’Etat palestinien ». Adopté par 71 voix contre 13, le texte n’a pas valeur de loi mais veut affirmer « le droit naturel, historique et légal » d’Israël sur ce territoire palestinien déjà contrôlé par Israël. Il subit depuis des décennies l’extension de la colonisation et des incursions meurtrières incessantes.

Dans ce vote, soutenu par des élus de la coalition de droite de B. Netanyahu mais aussi par des députés de l’opposition, les élus ont affirmé que l’annexion de ce territoire « renforcera l’Etat d’Israël, sa sécurité et empêchera toute remise en question du droit fondamental du peuple juif à la paix et la sécurité sur sa patrie ».

« La souveraineté en Judée-Samarie (le nom par lequel Israël désigne la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967), fait partie intégrante de la réalisation du sionisme et de la vision nationale du peuple juif, qui est retourné dans sa patrie », affirme encore ce texte.

L’Autorité palestinienne a réagi qualifiant ce vote « d’atteinte directe aux droits du peuple palestinien », selon Hussein al-Sheikh, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). « Ces actions unilatérales israéliennes constituent une violation flagrante du droit international », a-t-il ajouté sur X.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, au milieu de trois millions de Palestiniens. La colonisation israélienne est régulièrement dénoncée par l’ONU comme illégale au regard du droit international et comme l’un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens passant par la création d’un Etat palestinien viable ayant autorité sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Selon les médias israéliens, un sondage de janvier 2025 soutient cette motion.

Les factions de la résistance palestinienne ont condamné à l’unanimité ce vote. Le Hamas l’a qualifié de « mesure invalide et illégitime », qui constitue « un défi aux lois et résolutions internationales et une extension des violations généralisées commises par le gouvernement ennemi en Cisjordanie ». Le mouvement a appelé le peuple palestinien de Cisjordanie à « s’unir et à intensifier la résistance sous toutes ses formes pour contrecarrer les plans de l’ennemi ».

De son côté, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a déclaré dans un communiqué que « l’occupation exerce, dans la pratique, un contrôle total sur le territoire, mais la légalisation de cette mesure renforce l’occupation, consolide sa présence, étend son projet de colonisation et de judaïsation, et confine notre peuple dans des enclaves isolées, comme étape préliminaire vers le déplacement forcé ». comme il souligné que « l’unité et la résistance sont la seule façon de faire face à ce plan dangereux, qui n’est pas moins dangereux que les crimes de génocide commis par l’occupation à Gaza ».

De leur côté, les Comités de résistance palestiniens ont commenté la décision de la Knesset, qu’elle « révèle le visage colonial de l’occupation », soulignant que « les ambitions de l’ennemi s’étendent à toute la région, exigeant une action sérieuse et efficace de toutes les composantes de la nation arabe et islamique ». Elles ont appelé le peuple palestinien de Cisjordanie, d’al-Qods et des territoires palestiniens occupés en 1948 à « prendre l’initiative et à déclencher une révolution populaire et un soulèvement massif pour contrecarrer les plans sionistes ».

Le mouvement Fatah a rejeté catégoriquement cette décision, la considérant « juridiquement et moralement nulle et non avenue », soulignant que « la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est un territoire palestinien occupé, et l’État occupant n’a aucun droit d’y exercer sa souveraineté, sous quelque prétexte que ce soit ». Il a également appelé la communauté internationale, en premier lieu les Nations Unies et l’Union européenne, à « soutenir l’action palestinienne devant la Cour internationale de justice et les institutions judiciaires internationales pour mettre fin à cette agression juridique systématique et reconnaître pleinement l’État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, en guise de réponse politique claire aux plans d’annexion ».

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