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Les Burkan du Hezbollah frappent des colonies : Un message à Tel-Aviv…

La Résistance islamique au Liban a, pour la première fois, utilisé jeudi 28 mars des missiles lourds contre des colonies israéliennes situées à la frontière nord de la Palestine occupée. Les missiles lourds de la branche armée du Hezbollah visaient seulement les cibles militaires.
Les Burkan du Hezbollah frappent des colonies : Un message à Tel-Aviv…

En riposte aux agressions de l’ennemi qui a commis un massacre à Naqoura et dans la localité de Tayr Harfa et de ses équipes médicales (9 martyrs), le Hezbollah a annoncé avoir bombardé, le vendredi 29 mars, les colonies de Gorn et Chlomi avec des missiles Burkan, et ce après un premier bombardement visant ces des deux colonies avec des roquettes et des tirs d’artillerie.

Le Hezbollah a également visé le quartier général du bataillon Liman nouvellement créé avec des obus d’artillerie, ainsi que le site d’al-Samaqa dans les collines libanaises occupées de Kfar Chouba avec des roquettes.

Le journal Israel Today a révélé que les salves ayant ciblé, mercredi, la colonie de Kiryat Chmona comprenaient également des missiles lourds. ‏

La Résistance a publié une vidéo des tirs sur Kiryat Chmona, menés le 27 mars et posté sur sa chaine Telegram une vidéo des tirs, menés le même jour, contre un attroupement de l’occupation dans les bois de Ramim, à la frontière.

Une salve de missiles a visé les positions israéliennes dans les fermes libanaises occupées de Chebaa, a rapporté le correspondant d’Al-Manar. Lequel a signalé plus tard une attaque israélienne au drone contre une voiture sur la route principale de Bazouriyeh, au sud du Liban.

Entre-temps, les médias israéliens ont rapporté vendredi qu’Israël était devenu un paria et accusé de génocide, en raison de son gouvernement extrémiste dirigé par Benjamin Netanyahu. Le journal Haaretz a rapporté dans son éditorial intitulé « Dégagez » que « Netanyahu a poussé Israël dans l’abîme », ajoutant qu’il « a lamentablement échoué sur tous les fronts ». On y lit aussi que « près de six mois se sont écoulés depuis le 7 octobre et les prisonniers abandonnés par le gouvernement sont toujours détenus par le Hamas ». L’éditorialiste ajoute que « la guerre traine également… malgré six mois de guerre et le nombre élevé des victimes à Gaza dépassant les 32 000 (martyrs) des roquettes ont été tirées cette semaine sur Ashdod et Sdérot. »

« Au même moment, 60 000 Israéliens ont été évacués de leurs foyers (dans les colonies) du nord, en raison des tirs continus du Hezbollah sur Israël. « Cependant, à la Knesset, les députés se montrent indifférents à la situation des évacués et s’absentent sans vergogne des séances consacrées aux déplacés », selon Haaretz. « Dirigés par un gouvernement extrémiste, ses membres parlent ouvertement de transfert et d’une autre catastrophe, et se réjouissent des scènes de destruction et de catastrophe humanitaire à Gaza, tout en refusant catégoriquement de discuter du lendemain de la guerre ou de la fin de la guerre », relève-t-il, tout en constatant qu’« Israël est devenu un paria, accusé de génocide et soumis à un embargo sur les armes ».

Le journal a également noté que « malgré tout cela, les haredim (ultra-orthodoxes) insistent pour continuer à échapper au service dans l’armée israélienne ». Pour l’éditorialiste, « ce gouvernement doit mettre fin à son chemin avant qu’il ne soit trop tard », soulignant que « le public doit descendre dans la rue, exiger le retour des prisonniers, la fin de guerre et l’organisation de nouvelles élections ».

Dans ce contexte, Yitzhak Brik, général de réserve de l’armée d’occupation, a prévenu que la poursuite de la guerre telle qu’elle est menée actuellement conduirait à la destruction du « Troisième Temple » (expression faisant référence à la disparition de Israël) s’il n’est pas arrêté. Dans une interview accordée cette semaine à la 12ème  chaîne israélienne, il a dit que « détruire complètement le Hamas », comme Netanyahu le répète quotidiennement, est « un slogan vide de sens, sans aucun fondement », notant que « les niveaux politique et militaire n’ont pas de vision stratégique ».

Israel Hayom a rapporté pour sa part que « le volume des tirs vers le nord de la Palestine occupée depuis le Liban est comparable au volume de ce qui a été tiré pendant la guerre de juillet 2006 », estimant que « le Hezbollah procéderait à des tirs intenses et à grande échelle en cas de déclenchement d’une guerre globale avec le Liban ». Le journal a affirmé que  «  20 Israéliens ont été tués dans le nord depuis le 8 octobre, dont 7 colons », soulignant que « les pertes subies sont bien plus importantes que cela ». Selon les chiffres mentionnés par le journal, environ 3 000 obus de roquettes ont été lancés, ainsi que 1 000 missiles anti blindés et des dizaines de drones. « Quant à la guerre de Juillet 2006, 44 soldats et 121 colons ont été tués, tandis qu’environ 4 000 obus de roquettes ont été tirés », précise le journal.

À la lumière de cela, le journal a qualifié ce qui se passe à la frontière libano-palestinienne « de guerre d’usure entre l’armée israélienne et le Hezbollah », notant que « le rythme de cette guerre s’accélère, en l’absence de possibilité de franchir une étape susceptible de restaurer la sécurité des colons du nord ». « Pendant ce temps, le gouvernement israélien a négligé les colonies du nord lorsqu’il a décidé de ne pas les évacuer et a demandé aux colons de continuer leur vie normalement », selon le journal.

Erez Bergman, colonel de réserve de l’armée d’occupation, a affirmé que « le retour dans les colonies du nord nécessite trois conditions : la sécurité, les infrastructures et l’éducation », selon ce que rapporte le journal. Selon lui, « la sécurité est représentée par des fortifications et des équipements, en plus de la sécurité générale qu’Israël ne contrôle pas. Quant aux infrastructures, il existe des colonies dans lesquelles nous ne pouvons pas revenir de sitôt, quoi que nous fassions, comme Al-Manara. Concernant l’exigence d’éducation, les colons ne mettront pas leurs enfants dans les bus scolaires ».

Israel Hayom a estimé « absurde de continuer à gérer des écoles dans le nord, car certains parents n’envoient pas leurs enfants dans des établissements d’enseignement ». Le journal a cité l’un des colons disant : « Le Hezbollah sait où tirer et ne fait pas d’erreurs », en réponse à une lettre envoyée par le commandement du front intérieur concernant la fréquentation normale d’une école, lors d’une conversation entre le directeur du département de l’éducation et un agent de sécurité au conseil régional, Marom Hagalil. « Malgré cela, le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Kisch, s’est rendu mercredi dans la région du nord, où il a déclaré que le gouvernement  » travaille à « ouvrir des établissements d’enseignement partout dans le nord, le premier septembre prochain ».

De leur côté, des sources au sein de la direction du Front Nord ont expliqué aux partis du Conseil régional que « ce n’était pas le moment de revenir, et donc on ne sait pas pourquoi les chefs des autorités tentent d’accélérer le plan de retour dans les colonies au début de l’année scolaire », selon le journal.

Dans le même contexte, Kobi Marom, colonel de réserve de l’armée d’occupation israélienne spécialisé dans les affaires de sécurité nationale et dans le front du Nord, a sévèrement critiqué le gouvernement pour sa performance contre le Hezbollah.

Sur le site Wallah il a confirmé que « les dégâts dans le nord sont bien plus importants que dans le sud », soulignant que « la région est témoin d’une négligence totale et le gouvernement perdu le nord ». De même, le colonel a assuré a que « la guerre d’usure dans le nord qui dure depuis environ 6 mois est au point mort », estimant « qu’ Israël est tombé dans un dilemme stratégique clair ». A ses yeux, « l’armée israélienne ne parvient pas à freiner le Hezbollah et à créer les conditions nécessaires au retour des habitants chez eux », tout en reconnaissant la futilité des attaques lancées par l’occupation contre le Liban.

 

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