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L’économie nationale décortiquée : Des pistes de croissance pour le privé, selon la Banque mondiale

by Perspectives Med
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L’économie nationale décortiquée : Des pistes de croissance pour le privé, selon la Banque mondiale

Le Maroc dispose d’un potentiel de croissance bien supérieur à son rythme actuel, mais celui-ci reste freiné par des rigidités structurelles persistantes. C’est le principal constat de deux rapports publiés ce 28 avril par le Groupe de la Banque mondiale : le « Morocco Growth and Jobs Report » et le « Morocco Country Private Sector Diagnostic ».

L’institution de Bretton Woods estime qu’un programme de réformes plus soutenu permettrait au Royaume de changer d’échelle. Selon ses projections, ces réformes pourraient générer 1,7 million d’emplois supplémentaires d’ici 2035, puis 2,5 millions à l’horizon 2050, tout en portant le PIB réel du pays à un niveau près de 20% supérieur au scénario de référence.

Ce diagnostic intervient alors que l’économie marocaine affiche une certaine résilience face aux chocs extérieurs, mais peine toujours à transformer cette stabilité macroéconomique en créations d’emplois massives. Entre 2000 et 2024, souligne la Banque mondiale, la population en âge de travailler a progressé 2,5 fois plus rapidement que l’emploi, illustrant le décalage croissant entre dynamique démographique et capacité d’absorption du marché du travail.

Autre signal préoccupant : près de 40% des secteurs industriels opéreraient sous une pression concurrentielle limitée, ce qui freine la montée en taille des entreprises, leur productivité et leur capacité d’investissement.

Le rapport identifie quatre chantiers jugés prioritaires pour corriger ces déséquilibres : renforcer la concurrence sur les marchés, favoriser l’émergence d’entreprises plus dynamiques, améliorer l’efficacité de l’investissement public et rendre le marché du travail plus inclusif, notamment pour les jeunes et les femmes. Sur ce dernier point, ll’Institution insiste sur une faiblesse structurelle désormais bien documentée : malgré une amélioration du niveau d’éducation, le taux d’activité féminin demeure parmi les plus faibles au monde et continue de reculer.

Quant au second rapport, il se concentre plus sur les opportunités concrètes d’investissement privé. Ainsi, il identifie quatre filières capables d’attirer rapidement des capitaux : la production solaire décentralisée, le textile bas carbone, les cosmétiques à base d’argan et l’aquaculture marine. Ces secteurs, alignés avec les priorités du Royaume en matière d’industrialisation verte et de développement territorial, pourraient mobiliser 7,4 milliards de dollars d’investissements privés, soit l’équivalent d’environ 4% du PIB, et générer plus de 166.000 emplois sur les cinq à dix prochaines années.

Pour y parvenir, la Banque mondiale appelle à lever plusieurs verrous persistants : lourdeurs administratives, lenteur des autorisations, accès au foncier, disponibilité de l’énergie verte et insuffisance de certaines compétences techniques. «  Le Maroc a construit des bases solides, mais il peut aller beaucoup plus loin », affirme Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte. Un message qui résonne particulièrement à l’heure où Rabat cherche à accélérer l’investissement privé pour soutenir son nouveau cycle de croissance.

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