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Le Président de la Chambre US veut inviter B. Netanyahu à Washington : Des démocrates s’insurgent…

Un nombre croissant de démocrates au Congrès US ont rejeté, vendredi, les pressions visant à soutenir l’invitation lancée par Mike Johnson, président de la Chambre, au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin de prendre la parole lors d’une session conjointe du Congrès – alors même que son gouvernement est accusé de génocide et que la Cour pénale internationale a ordonné son arrestation pour crimes contre l’humanité à Gaza.
Le Président de la Chambre US veut inviter B. Netanyahu à Washington : Des démocrates s’insurgent…

L’opposition à l’appel de M. Johnson (Républicain de Louisiane) s’est accrue après l’annonce par Karim Khan, procureur de la Cour pénale internationale, des mandats d’arrêt contre B. Netanyahu et Yoav Galant, ministre de la défense. La Cour internationale de Justice a également sommé Israël de mettre fin immédiatement à son attaque contre Rafah.

« Je pense que c’est un moment étrange pour inviter Netanyahu », a déclaré le représentant Scott Peters (Démocrate de Californie). « C’est une décision qui divise vraiment. » « Je ne pense pas que ce soit le moment », a déclaré le représentant Dan Kildee (Démocrate du Michigan). « Ne compliquons pas une situation déjà compliquée. »

Jim Himes (Démocrate-Connecticut), membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a souligné que B. Netanyahu « devrait se concentrer sur la libération des otages, et non sur les législateurs » américains. Quant à savoir si le chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, signerait l’invitation, Nancy Pelosi (Démocrate de Californie), ancienne présidente de la Chambre des représentants, a simplement répondu : « Non ».

N. Pelosi, J. Himes et S. Peters faisaient partie des 173 députés démocrates qui ont voté, le mois dernier, en faveur de l’envoi d’une nouvelle aide militaire US de 26 milliards de dollars à Israël, en plus des près de 4 milliards de dollars qu’Israël reçoit déjà de Washington chaque année.

De leur côté, les progressistes du Congrès ont exprimé leur opposition au discours de B. Netanyahu depuis plusieurs jours, le sénateur Bernie Sanders (indépendant du Vermont) – qui participe à un caucus avec les démocrates – a indiqué mercredi qu’il boycottera tout discours du Premier ministre israélien, qualifiant l’invitation de « mauvaise idée ». Il a ajouté  que « 5 % de la population a désormais été tuée ou blessée. 60% d’entre eux sont des femmes et des enfants. Environ 200 000 logements ont été complètement détruits. Chaque université de Gaza a été bombardée. Il y a maintenant une famine imminente. »  « Alors pourquoi inviteriez-vous quelqu’un qui a commis des choses aussi horribles envers le peuple palestinien ? Je pense que c’est une très mauvaise idée », a-t-il encore ajouté.

Pour sa part, Mark Pocan (Démocrate du Wisconsin) a déclaré plus tôt cette semaine que « si Netanyahu vient s’adresser au Congrès, je serai très heureux de montrer à la CPI le chemin jusqu’à la Chambre pour délivrer ce mandat d’arrêt ».

Jour après jour, il semble clair que le flux de sympathie mondiale pour « Israël » diminue, de sorte que l’entité occupante se retrouve peu à peu isolée sur la scène mondiale, en raison de son agression contre la bande de Gaza. Tout cela se produit alors qu’Israël fait face à des accusations de génocide devant la CIJ et que le spectre des mandats d’arrêt émis par la CPI se profile. Dans ce contexte, la chaîne américaine CNN a estimé que « la décision de la Cour internationale de Justice met en évidence l’isolement croissant d’Israël ».

La décision de la CIJ, qui ordonne à l’occupation de mettre fin à l’attaque sur Rafah et d’ouvrir le terminal, intervient quelques jours après que la CPI a demandé l’émission de mandats d’arrêt contre le Premier ministre du gouvernement d’occupation, B. Netanyahu et Y. Galant.

Yossi Michelberg, chercheur associé au programme Moyen-Orient et Afrique du Nord au groupe de réflexion Chatham House à Londres, a affirmé à CNN que « la pression internationale à laquelle Israël est confronté aujourd’hui est sans précédent, parce que la façon dont Israël mène la guerre est sans précédent ». Il a ajouté que « même si certaines actions d’Israël ont toujours été critiquées, notamment en ce qui concerne l’expansion des colonies, cela se produit à une échelle différente et dans un monde complètement différent », notant que  « le gouvernement israélien actuel a fait d’Israël un paria ».

À son tour, Eliav Lieblich, professeur de droit international à l’Université de Tel Aviv, a estimé que « la décision de la Cour internationale de Justice créerait une pression juridique sans précédent sur Israël et ses responsables ». Et de souligner que la décision contre Israël devant les tribunaux internationaux le place « dans un isolement sévère, même parmi ses alliés, ce qui pourrait affecter sa capacité à se procurer des armes et pourrait conduire à d’autres sanctions », notant que « cela entraînerait également un fort sentiment d’isolement au sein de la société israélienne ».

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