Home MarocGuerre américano-israélienne contre l’IranLe Maroc à l’épreuve de la guerre contre l’Iran : L’Etat mobilise 1,6 milliards de Dh pour en contenir les effets

Le Maroc à l’épreuve de la guerre contre l’Iran : L’Etat mobilise 1,6 milliards de Dh pour en contenir les effets

by Perspectives Med
0 comments
Le Maroc à l’épreuve de la guerre contre l’Iran : L’Etat mobilise 1,6 milliards de Dh pour en contenir les effets

A l’issue du Conseil de gouvernement de jeudi, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a détaillé l’ampleur des hausses enregistrées et les mesures d’urgence activées pour en contenir les effets. Les chiffres avancés traduisent une envolée marquée. En mars, le prix du baril de pétrole a progressé de 44 %, pour atteindre une moyenne de 100 dollars, contre 70 dollars auparavant. Le gasoil a connu une hausse encore plus prononcée de 75 %, tandis que le gaz butane, produit sensible pour les ménages, a vu ses prix augmenter de 38 %. Les intrants énergétiques utilisés dans la production d’électricité – gaz naturel et charbon notamment – suivent la même trajectoire, avec des hausses respectives de 63 % et 21 %.

Dans ce contexte, l’exécutif met en avant une priorité : amortir le choc sans répercussion immédiate sur les ménages et les secteurs les plus exposés. Les mesures portent sur le maintien des prix du gaz butane à leur niveau actuel quitte à ce que l’État porte la subvention la bonbonne de 12 kg de 30 à 78 dirhams, soit un soutien additionnel de 48 dirhams. Cette mesure représente à elle seule un coût mensuel de 600 MDH pour les finances publiques. Encore faut-il préciser que le gros du gaz butane va, lui, non pas vers les ménages, mais surtout vers le secteur agricole qui, pour l’heure, n’a pas attendu pour faire trembler les mercuriales. Les prix des légumes et fruits affichés dans les divers marchés ont de quoi donner le tournis…

En outre, le gel des tarifs de l’électricité a été décidé quand bien même les coûts de production seraient tirés vers le haut avec l’augmentation des prix du fuel, du gaz naturel et du charbon. Le gouvernement qui a décidé de ne pas répercuter ces hausses sur les consommateurs, qu’ils soient ménages ou entreprises, met sur la table  400 MDH par mois. À travers ces deux mesures, l’Exécutif cherche à contenir un effet de contagion inflationniste qui pourrait rapidement se diffuser à l’ensemble de l’économie, via les coûts de transport et de production.

Enfin, un dispositif de soutien direct au secteur du transport, particulièrement exposé à la volatilité des prix des carburants, a été décidé. Ainsi, le mécanisme déjà éprouvé entre 2022 et 2024, avec plus ou moins de bonheur, a été reproduit pour alléger le fardeau de l’ensemble des opérateurs professionnels : transport de marchandises, transport de voyageurs, transport scolaire, touristique ou encore rural. Le gouvernement a opté pour une aide directe de 3 dirhams par litre de carburant consommé, applicable sur la période allant du 15 mars au 15 avril. L’objectif consiste de la sorte à maintenir les coûts d’exploitation à un niveau proche de celui observé avant la crise, afin d’éviter une répercussion immédiate sur les prix du transport et, par extension, sur ceux des biens de consommation. Une réalité difficilement atteignable en dépit du cadeau de 648 MDH par mois aux bénéficiaires ciblés.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.