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L’arme de la famine fait toujours des morts dans l’enclave palestinienne : Le Hamas dénonce les manigances diaboliques de Tel-Aviv

by Perspectives Med
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L’arme de la famine fait toujours des morts dans l’enclave palestinienne : Le Hamas dénonce les manigances diaboliques de Tel-Aviv

K. Al-Hayya a expliqué que ce retrait est intervenu malgré les progrès au cours des négociations, rappelant que la direction du Hamas avait utilisé tous ses outils et relations pendant 22 mois pour mettre fin à l’agression israélienne contre Gaza. Concernant l’aide apportée face à la famine à Gaza, il a appelé à l’acheminement immédiat de l’aide alimentaire et humanitaire « dans la dignité pour le peuple palestinien », ce qui « constitue une véritable preuve de la faisabilité de la poursuite des négociations ». Dans ce contexte, il a rejeté les « farces grotesques appelées parachutages d’aide, en exploitant les souffrances du peuple palestinien afin de servir les jeux de négociation de l’occupation et la réalisation de ses objectifs politiques. »

Le dirigeant du Hamas a expliqué que l’occupation œuvre pour éliminer le rôle des organisations internationales et locales dans la distribution de l’aide et souhaite maintenir des « pièges mortels » pour tuer le peuple palestinien. « Le peuple palestinien ressent une profonde trahison face au silence sur la faim à Gaza. N’est-il pas douloureux pour notre peuple de constater le soutien illimité de l’entité, alors qu’il ne reçoit aucune aide, même pour apaiser sa faim ?», a-t-il renchéri.

S’adressant au peuple palestinien de Gaza, il lui assuré «fidélité et loyalisme » du Hamas dont les cadres et combattants sont « certains que les souffrances prendront fin.» Aux Brigades al-Qassam, d’al-Qods et aux autres factions de la résistance, il leur a signalé que « leurs actions ont contrecarré l’offensive israélienne des  chariots de Gédéon », soulignant que « le chef d’état-major de l’occupation dissimule l’échec de son armée, en poursuivant le génocide à Gaza ».

Le dirigeant du Hamas a qualifié le déplacement du peuple palestinien via l’Égypte ou la mer de « complot flagrant qui ouvre la voie à la liquidation de la cause palestinienne », appelant à rompre les liens avec l’occupation et à ce que les masses de la nation et les peuples libres du monde expriment leur colère face à ce qui se passe à Gaza. « Nous appelons les masses à marcher vers la Palestine, à encercler les ambassades et les intérêts de l’ennemi, et à poursuivre ses soldats et ses criminels devant les tribunaux », a-t-il ajouté. Avant de s’interroger : « N’est-il pas temps pour la nation de prendre des mesures concrètes pour briser le siège et fournir nourriture et médicaments aux femmes et aux enfants de Gaza ? »

K. Al-Hayya a adressé des messages directs aux peuples arabes avec, à leur tête, la Jordanie et l’Egypte. « Gaza et son peuple vous appellent à faire preuve de chevalerie arabe et d’authenticité de l’islam. Ils attendent des actes, pas des paroles ». Et d’inciter les érudits de la nation à « exercer leur véritable rôle de guide des masses de la nation », a-t-il fait valoir. Comme il s’est dit fier des initiatives, qu’il a qualifiées d’importantes et efficaces, du mouvement mondial aux marches terrestres et maritimes, en passant par les navires « Madeleen » et « Handala ». Il a exprimé sa fierté pour la marche mondiale vers Gaza et le premier convoi de la persévérance, parti de Tunisie, d’Algérie et de Libye et soutenu par des groupes d’autres pays. « Tous ces gens ont rejeté les crimes de l’occupation et ont décidé de rompre l’état d’impuissance, de dire : « Nous sommes avec vous, ô peuple de Gaza, et rien n’est impossible avec la volonté. »

Le Hamas a par ailleurs dénoncé les parachutages limités d’aide humanitaire effectués par Israël sur certaines parties de la bande de Gaza, les qualifiant de « stratagème trompeur » pour gérer la famine dans le territoire assiégé, plutôt qu’à y mettre fin. « Le recours du régime criminel israélien à des largages aériens limités d’aide humanitaire sur certaines parties de Gaza n’est qu’une manœuvre trompeuse qui visent à redorer l’image d’Israël auprès de la communauté internationale », a éclairé le groupe basé à Gaza dans un communiqué publié dimanche. « Les opérations de largage aérien et les soi-disant “couloirs humanitaires” du régime israélien constituent une politique scandaleuse, dont le but est de gérer la famine, et non d’y mettre fin », lit-on lire dans le communiqué.

Le Hamas a réitéré que la seule solution pour mettre fin à la politique brutale de famine à Gaza est de mettre fin à l’agression israélienne, de lever le siège criminel et d’ouvrir pleinement les points de passage terrestres afin de garantir l’acheminement de l’aide dans le cadre des mécanismes de distribution de l’ONU. « Les mesures prises par le cabinet du criminel de guerre Netanyahu pour imposer des mécanismes inhumains de contrôle de l’aide et perpétuer la famine – qui ont déjà tué plus de 1 000 civils et blessé près de 6 000 autres – constituent clairement des crimes de guerre », a-t-il averti. Le Hamas a enfin souligné la nécessité urgente d’une pression officielle et populaire internationalement soutenue pour lever le siège, mettre fin au génocide et aux crimes de famine, et ne pas se laisser tromper par la propagande du régime fasciste de Tel-Aviv.

Israël qui a annoncé le même jour une pause tactique des combats, affirme avoir  laissé passer une aide médiocre et continue de tuer. Pourtant, 43 Palestiniens dont 29 parmi ceux qui attendaient l’aide ont trouvé la mort des suites des tirs israéliens. Ces derniers ont visé une tente de déplacés au sud de Deir al-Balah, un appartement dans le quartier al-Rimal à Gaza-ville, des tentes de déplacés dans la région Asda’ et al-Mawassi, à Khan Younes. Samedi, des correspondants sur place ont indiqué que des bombardements et tirs israéliens avaient tué plus de 63 personnes, dont 34 parmi celles qui attendaient la distribution de l’aide. Voilà qui s’inscrit en faux vis-à-vis des assurances du ministère israélien des Affaires étrangères annonçant « +une pause humanitaire+ dans les centres civils et les couloirs humanitaires pour permettre la distribution de l’aide ». Ajoutant que la « pause tactique » sera observée quotidiennement, à partir de dimanche, « de 10H00 à 20H00 (7H00 à 17H00 GMT) », à commencer par les zones de Deir-el-Balah, dans le centre de Gaza, al-Mawasi, dans le sud, et la ville de Gaza, dans le nord, où il n’y a pas pour le moment d’opérations militaires, a précisé l’armée.

Quelques camions chargés d’aide ont traversé dimanche la frontière depuis l’Egypte vers la bande de Gaza assiégée et affamée. Des images de l’AFP montrent une file de camions chargés de sacs blancs traversant, du côté égyptien, l’entrée du terminal de Rafah, qui mène au sud du territoire palestinien. Toutefois, les camions n’entrent pas directement dans la bande de Gaza, où le poste-frontière est fermé depuis plus d’un an, et devront avant cela parcourir quelques kilomètres jusqu’au point de passage israélien de Kerem Shalom pour y être inspectés.

Israël affirme ne pas être responsable des pénuries, accusant le Hamas de piller les cargaisons et les organisations humanitaires de ne pas les distribuer. Mais un rapport de l’USAID a conclu qu’il n’y a aucune preuve que le Hamas vole l’aide financée par les États-Unis à Gaza, rapporte CNN. Il révèle que moins de 1 % de l’aide à Gaza était affectée par le vol ou la fraude. Et les organisations, elles, affirment que c’est Israël qui impose des restrictions excessives à l’entrée de l’aide dans le territoire palestinien, dont elle contrôle les accès.

L’ONU et des ONG s’alarment à présent d’une flambée de la malnutrition infantile et d’un risque de famine généralisée parmi ses plus de deux millions d’habitants. Plus de 133 martyrs de la famine ont été dénombrés dont 87 enfants. 5 ont succombé samedi et une fille dimanche matin.

Avant l’envoi de quelques camions, l’armée d’occupation avait annoncé avoir parachuté dans la nuit de l’aide humanitaire sur Gaza, après des semaines de pression internationale. Elle a diffusé les images d’un avion larguant des colis comprenant « sept lots d’aide contenant de la farine, du sucre et des conserves », lors d’une opération menée « en coordination avec des organisations internationales », selon l’armée.

Dans les capitales européennes et arabes, les manifestations appelant à la fin de la guerre et de la politique de famine et scandant des slogans pour la Palestine s’étaient multipliées depuis vendredi. Notamment devant l’ambassade des USA et celle de l’Egypte. Samedi, le Royaume-Uni avait annoncé se préparer à larguer de l’aide et à évacuer des « enfants ayant besoin d’une assistance médicale ». Les Emirats ont déclaré qu’ils reprenaient « immédiatement » les parachutages.

En face, le Hamas affirme que le largage aérien d’aide humanitaire par Israël dans certaines zones de la bande de Gaza « n’est pas à la hauteur de la réponse humanitaire requise », estimant que cette mesure représente « une politique flagrante visant à gérer la famine, et non à y mettre fin ». Le bureau médiatique du gouvernement à Gaza a signalé que la bande de Gaza avait besoin de 600 camions d’aide par jour et de 250 000 cartons de lait maternisé par mois. « C’est une étape bienvenue, mais nous devons voir des progrès réels sur le terrain », a déclaré à l’AFP Bushra Khalidi, une responsable de l’ONG Oxfam, en soulignant la nécessité « d’un flux d’aide constant et à grande échelle ». « Nous avons besoin d’un cessez-le-feu permanent, d’une levée complète du siège et de garanties claires que ce ne soit pas simplement un geste temporaire », a-t-il affirmé. Philippe Lazzarini, chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), a estimé samedi que ces parachutages « ne mettraient pas fin à la famine qui s’aggrave. Ils sont coûteux, inefficaces et peuvent même tuer des civils affamés », a-t-il déclaré. La même agence a lancé, dimanche, un appel pressant pour un accès humanitaire à la bande de Gaza assiégée, afin de faire face à une famine qui s’aggrave rapidement dans l’enclave. « Pourquoi recourir à des largages aériens alors qu’il est possible de faire passer des centaines de camions par les frontières ? » a déclaré Juliette Touma, directrice de la communication de l’UNRWA, au New York Times.
« C’est beaucoup plus simple, plus efficace, plus rapide et moins coûteux. »

Des médias étrangers ont rapporté qu’Israël avait accepté que des pays occidentaux procèdent à des largages d’aide pendant deux jours, à partir de vendredi, pour atténuer la catastrophe humanitaire qui sévit à Gaza.

Selon J. Touma, l’UNRWA dispose actuellement de l’équivalent de 6 000 camions d’aide en attente d’autorisation pour entrer à Gaza. « Les largages aériens ne mettront pas fin à la famine qui s’approfondit à Gaza », a-t-elle averti, appelant à « la levée du blocus, l’ouverture des points de passage et la garantie d’un accès sûr et digne pour les populations dans le besoin ».

Le Programme alimentaire mondial (PAM) avait alerté sur le fait qu’un tiers de la population de Gaza n’avait rien mangé pendant plusieurs jours en raison du blocus israélien. Les parachutages, déjà mis en œuvre en 2024 par plusieurs pays, avaient été décriés par nombre de responsables humanitaires, qui avaient jugé cette méthode dangereuse et de portée limitée.

En Israël, « des centaines de rabbins juifs ont publié une lettre publique appelant Israël à cesser d’utiliser la famine comme arme dans la bande de Gaza » ; a rapporté Times of Israel. La lettre a souligné que « les signataires ne peuvent rester silencieux face à l’augmentation du nombre de morts à Gaza et à l’aggravation de la malnutrition », notant que « ce qui se passe constitue un massacre de masse de civils, dont des femmes et des enfants ».

Jeudi dernier, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté environ 24 activistes lors de la répression d’une manifestation dans la ville occupée de Haïfa, qui appelait à la fin du génocide et de la famine dans la bande de Gaza. Les militants ont brandi des photos d’enfants dans la bande de Gaza et ont appelé à la fin immédiate de la guerre israélienne.

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