Des foules importantes se sont réunies à Téhéran, mais aussi dans les villes de province, pour soutenir les Palestiniens au septième jour d’une guerre sanglante entre Israël et la résistance palestinienne à Gaza. À Téhéran, les manifestants brandissaient des drapeaux iranien, palestinien et du Hezbollah et scandaient « mort à l’Amérique » et « mort à Israël ». Des drapeaux américains et israéliens ont également été brûlés par les manifestants à Téhéran, mais aussi ailleurs dans le pays, selon les images diffusées par la télévision d’État.
Téhéran, qui soutient financièrement et militairement les combattants du Hamas et du Jihad islamique, a appelé les pays islamiques et arabes de la région à former un front uni contre Israël.
Le chef de la diplomatie iranienne a d’ailleurs entamé une tournée régionale, se rendant en Irak, au Liban avant d’aller en Syrie. Depuis la capitale libanaise, il a mis en garde Israël et les États-Unis, en affirmant que la poursuite des attaques contre la bande de Gaza ne restera pas sans réponse. Avec la poursuite des opérations contre la population de Gaza, tous les scenarii, y compris l’ouverture de « nouveaux fronts » contre Israël, sont possibles, a averti jeudi Hossein Amir Abdollahian, dans une mise en garde contre l’État hébreu.
Au Liban, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, plus d’un millier de personnes ont exprimé leur solidarité avec les Palestiniens. « Le Hezbollah suit les mouvements de l’ennemi. Nous sommes entièrement préparés et nous passerons à l’action au moment propice », a averti Naïm Qassem, numéro deux du Hezbollah alors que les craintes de voir le puissant mouvement armé ouvrir un nouveau front contre Israël depuis le Liban, sont grandes.
Dans la capitale irakienne Bagdad, des milliers de manifestants de différentes provinces se sont également rassemblés sur la place Tahrir en soutien aux Palestiniens, en réponse à l’appel du leader chiite nationaliste Moqtada el-Sadr. Des drapeaux israéliens ont été brûlés, d’autres peints sur le sol pour être piétinés.
Les forces de l’ordre avaient été déployées dans la capitale irakienne : les autorités craignaient que les manifestants en colère ne s’attaquent aux représentations diplomatiques qu’ils auraient perçues comme alliées d’Israël.
En Jordanie, pays voisin d’Israël auquel elle est liée par un traité de paix, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées à Amman, à l’appel notamment des Frères musulmans et de groupes de gauche. « Par l’âme et par le sang, on te donnera al-Aqsa » : c’est par ce slogan évoquant la principale mosquée de l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, que près de 10 000 personnes ont marché depuis le pied de la mosquée al-Hussein. Et ce jusqu’à la citadelle d’Amman, en plein cœur du centre-ville en ce jour de repos.
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a entamé vendredi une tournée dans le monde arabe, et notamment en Jordanie, dans le but de faire pression sur le Hamas et ses soutiens. Plusieurs manifestants se sont dit prêts à rejoindre le nord du royaume pour manifester à la frontière jordano-israélienne, où plusieurs marches ont eu lieu en même temps qu’à Amman ce vendredi.
En Égypte, des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux ont montré des centaines de manifestants scander leur solidarité avec Gaza à la mosquée al-Azhar. « Les pays arabes et musulmans ont le devoir et la responsabilité de fournir urgemment de l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza », a affirmé l’université d’al-Azhar, plus haute institution de l’islam sunnite, dans un communiqué.
Plus remarquable : dans une mosquée de Riyad, la capitale saoudienne où les manifestations sont interdites, un journaliste de l’AFP a vu un policier menotter un fidèle qui a interrompu la prière du vendredi en lançant à l’imam « Parle de la Palestine ! Gaza est sous les bombes ! » L’imam lui a répondu que le lieu sacré « n’était pas fait pour la politique », avant que l’homme ne soit interpellé.
En Mauritanie, la marche spontanée au départ de la grande mosquée saoudienne de Nouakchott n’a cessé de prendre de l’ampleur et était encadrée par les forces de polices. Des milliers de Mauritaniens réaffirment ainsi leur soutien à la cause palestinienne et dénoncent le silence et l’inaction des gouvernements occidentaux. Les manifestants revendiquaient également le respect des droits fondamentaux et la sécurité des Palestiniens mais aussi l’arrêt du récent embargo initié par le gouvernement israélien sur la bande de Gaza.
La marche a pris fin au siège des Nations unies sans incident et un sit-in a été organisé devant l’ambassade des États-Unis. Lors d’une récente déclaration, Mohamed Yahya Saiiid, ministre délégué auprès du ministre mauritanien des Affaires étrangères, a appelé la communauté internationale à assurer la protection du peuple palestinien et œuvrer pour qu’il obtienne tous ses droits légitimes sur la base de diverses résolutions, dont la solution à deux États.
Des rassemblements ont également eu lieu à Bahreïn et au Qatar, petits pays du Golfe. Dans la capitale algérienne, des centaines de personnes sont descendues dans la rue dans le même but. Une grande banderole avec l’inscription « Nous donnerons notre vie pour toi Palestine » a été déployée à Alger.
Au Maroc, des « milliers » de personnes ont manifesté leur soutien aux Palestiniens après la prière du vendredi lors de sit-in à l’appel d’une organisation proche de la mouvance islamiste Al Adl wal Ihsane (Justice et Bienfaisance). Un millier de personnes ont également manifesté à Tunis où l’opinion publique appelle à « criminaliser » la normalisation avec l’entrité sioniste.
