Le Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran (CGRI) a confirmé le ciblage du radar d’alerte précoce du système C-RAM sur la base d’Ali Al-Salem au Koweït, en plus d’un rassemblement des forces américaines. Il a également annoncé que les combattants de sa Force aérospatiale ont réussi à détruire un hangar abritant des avions de chasse américains, ainsi que le nouveau centre de commandement et de contrôle dans la région de l’Asie de l’Ouest. Dans unonde communiqué militaire, le CGRI a précisé que ce ciblage qualitatif a visé une très grande base des forces d’occupation américaines située dans la région d’al-Azraq, en Jordanie et souligné que l’opération a été menée avec succès à l’aide de missiles balistiques avancés de type « Kheibar Shekan ». Les images satellites témoignent de l’ampleur des dégâts en dépit des affirmations d’Amman quant à l’interception des missiles iraniens.
Le CGRI a en outre annoncé avoir abattu un drone américain de type MQ-9 dans le ciel de la ville d’Andimeshk, dans la province du Khouzistan, précisant que cela intervient en réponse à l’agression qui a ciblé, la nuit dernière, des parties des côtes sud du pays. Comme il a démenti les allégations de certains médias concernant des victimes ou des dégâts dans la région de Pakdasht, confirmant que les bruits entendus à cet endroit provenaient exclusivement des activités de la défense aérienne.
Dans le contexte de la riposte à l’agression, et en particulier à l’attaque contre la caserne de l’armée à Iranshahr, l’armée iranienne a affirmé avoir ciblé, à l’aide de drones suicides, le site du radar fixe, le système de communication et les réservoirs de carburant américains sur la base d’Al-Azraq en Jordanie.
De même, le porte-parole du QG de la gestion des crises en Iran a annoncé que des parties de l’aéroport de Semnan ont été soumises à des frappes aériennes à la suite de l’agression, tandis que les zones résidentielles des villes et villages de la province n’ont pas été ciblées. L’agence iranienne Fars a fait part du retentissement de deux explosions causées par des attaques américaines aux abords de la ville de Khandab, au sud-ouest de la capitale, Téhéran. Les attaques US ont visé des zones à l’ouest et à l’est de la capitale, Téhéran, et se sont concentrées sur la province de Hormozgan, dans le sud de l’Iran.
Le CGRI a en outre affirmé que l’armée américaine a commis un nouveau crime en ciblant plusieurs sites dans la province du Khouzistan, notamment le secteur d’un hôpital de cancérologie pédiatrique et une usine d’embouteillage d’eau.
Auparavant, Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la révolution, a indiqué que les opérations iraniennes se concentrent actuellement sur la destruction de l’infrastructure offensive des États-Unis dans la région. « L’ennemi ne doit pas penser qu’il peut maintenir l’équation actuelle des combats et transformer la guerre en une guerre d’usure. »
Pour sa part, le général de brigade Mohammad Akrami Nia, porte-parole de l’armée iranienne, a annoncé que le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à ce que son mécanisme de gestion soit soumis à la volonté iranienne. Il a précisé que la réouverture du détroit est conditionnée par le respect par les États-Unis des termes du protocole d’accord, l’arrêt des actes d’hostilité et l’adoption des lois iraniennes.
Agression américaine
De son côté, le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré avoir « achevé une nouvelle vague d’attaques contre l’Iran », affirmant avoir ciblé « des centres de commandement, des sites de défense aérienne, des capacités de missiles et de drones, ainsi que des installations de surveillance côtière ». Au cours des heures de la nuit et de l’aube du mercredi au jeudi, les États-Unis ont mené plusieurs attaques qui ont touché le port de Bandar Abbas, les villes de Rask et Konarak dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, des points dans la ville d’Ahvaz, ainsi que les abords de l’île de Qeshm.
Cependant, le gouverneur adjoint du Khouzistan a annoncé que les attaques américaines ont causé des dégâts à un certain nombre de maisons d’habitation dans la ville d’Ahvaz. Dans la province de Hormozgan également, le conseil provincial a confirmé que des dégâts ont été enregistrés dans une partie d’une usine de farine de poisson, à la suite d’une agression américaine ayant ciblé les abords de l’île de Qeshm. Par ailleurs, le directeur du centre des relations publiques du ministère iranien de la Santé a fait état de la mort en martyr de 35 citoyens à la suite de l’agression américaine, et ce, jusqu’à mercredi à midi.
Quelques heures plus tard, le lieutenant-colonel Ibrahim Zolfaghari, porte-parole du Quartier général central Khatam al-Anbiya, a affirmé que les États-Unis « poursuivent leur arrogance et leur déstabilisation de la sécurité de la région ». Il a réitéré que l’Iran « ne permettra sous aucun prétexte ni sous quelque forme que ce soit aux États-Unis, en tant que pays extérieur à la région, d’intervenir dans le détroit d’Ormuz », qualifiant cette position de « ligne rouge inviolable ».
Le porte-parole a déclaré que si les récentes menaces du président américain « creux » de cibler les infrastructures de la République islamique d’Iran venaient à être exécutées : « Tout ce qui est resté intact jusqu’à présent, à savoir les infrastructures de la région, sera écrasé sous les coups des forces armées iraniennes, au point qu’il n’en restera plus aucune trace. »
S’adressant à « l’ennemi ignorant », I. Zolfaghari a lancé que « le moment de l’épopée pour l’Iran n’est pas un moment d’évitement ou de prudence », soulignant que l’action des forces armées iraniennes « ne sera pas une frappe proportionnée, mais une frappe supérieure, plus violente, plus large et plus destructrice que jamais ». Il a ajouté que « le feu de la colère d’un peuple qui ne s’est jamais rendu consumera l’agresseur ».
Cette mise en garde intervient à la suite des menaces proférées par le président américain de cibler les infrastructures iraniennes, notamment les centrales électriques et les ponts, si Téhéran ne « répond pas aux exigences américaines » concernant le détroit d’Ormuz. D. Trump a également agité la menace d’élargir les frappes à d’autres installations, estimant que les États-Unis maintiendraient leur pression militaire à défaut d’un accord. « Les choses vont devenir très graves, car les centrales électriques seront une cible, de même que les ponts. Nous mettrons hors service toutes les centrales électriques et nous détruirons tous les ponts, à moins qu’ils ne viennent à la table des négociations. » Les menaces de D. Trump ne se sont pas limitées à ces seules infrastructures ; elles avaient déjà englobé les puits de pétrole et les stations de dessalement d’eau, élargissant ainsi le cercle des cibles potentielles pour atteindre des installations vitales directement liées à l’énergie, à l’eau et au quotidien de la population.
L’agression américaine se poursuit depuis plusieurs jours contre des régions du sud de l’Iran, tandis que l’Iran y répond en ciblant des bases, des installations et des sites stratégiques américains dans la région. D. Trump avait déclaré que les attaques américaines contre l’Iran « se poursuivront jusqu’à ce que je dise que cela suffit », tout en reconnaissant que l’Iran « possède encore la capacité de résister ».
Il est à noter qu’en raison de l’agression américaine et de ses mouvements dans le détroit d’Ormuz, ainsi que de la réimposition par D. Trump du blocus maritime, l’Iran a de nouveau fermé cette voie navigable.
Dissonance US
A contre courant, J.D. Vance, vice-président américain, a déclaré mercredi que son pays « n’enverra pas 150 000 soldats au sol pour parvenir à un changement de régime », en référence à l’Iran. Dans une interview podcast avec Joe Rogan, il a affirmé que la menace asymétrique que représente l’Iran dans le détroit d’Ormuz signifie que le conflit ne peut être résolu que par la voie diplomatique. « Je suis très frustré par les Américains qui prétendent qu’il est impossible de négocier avec les Iraniens », précisant qu’« il est possible de bombarder les Iraniens et de détruire certaines de leurs capacités, mais tirer sur des navires dans le détroit est facile, et nous devons être prêts au dialogue.»
Les États-Unis ont mené plusieurs attaques contre l’Iran, ciblant des sites industriels et des installations civiles, et ont également rétabli un blocus naval, tandis que l’Iran riposte en ciblant des bases américaines dans la région. « Certains en Israël souhaitent la poursuite de la guerre », a-t-il conclu. « Nous sommes engagés dans un processus diplomatique extrêmement délicat avec Téhéran, tandis que certains membres du gouvernement israélien souhaitent la poursuite du conflit. » Dans ce contexte, il a souligné qu’« Israël a dépensé des sommes colossales pour tenter de saboter les négociations avec l’Iran et de discréditer quiconque cherche à parvenir à un accord. »
A noter que les médias israéliens ont précédemment fait état du désir d’Israël d’obtenir l’aval de D. Trump pour lancer une frappe contre l’Iran. La Société de radiodiffusion israélienne a expliqué qu’Israël souhaite le feu vert des États-Unis pour lancer une nouvelle frappe contre Téhéran, alors que la confrontation actuelle se limite aux États-Unis et à l’Iran, sans aucune implication israélienne.
Concernant l’affaire Jeffrey Epstein, le haut responsable américain a déclaré qu’« il est clair qu’Epstein avait des liens avec les plus hautes sphères des services de renseignement israéliens. » Il a ajouté qu’« Epstein était lié à des cercles au sein de ce qu’on pourrait décrire comme l’État profond israélien, considéré comme étant de centre-gauche », tandis qu’« il n’était pas étroitement lié au courant de centre-droit de la politique israélienne », notant qu’il avait toujours trouvé cela « remarquable », selon ses propres termes.

