Le chef de la diplomatie turque a indiqué qu’Ankara travaillait actuellement sur de nouvelles approches stratégiques afin de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le conflit, précisant que plusieurs idées étaient discutées avec les parties concernées ainsi qu’avec les médiateurs impliqués dans le processus. Selon lui, la poursuite de la guerre ne doit pas empêcher le maintien du dialogue. « Le fait que la guerre se poursuive ne signifie pas que les négociations sous ce format ne puissent pas continuer », a-t-il souligné. H. Fidan a rappelé qu’après les pourparlers d’Istanbul, des négociateurs américains avaient également rejoint les efforts diplomatiques afin d’identifier les moyens de parvenir à des résultats plus concrets et durables. « Malheureusement, à ce jour, la guerre se poursuit toujours et le risque d’escalade augmente », a-t-il ajouté.
Le ministre turc a également mis en garde contre les risques croissants d’une propagation du conflit à la mer Noire, une préoccupation qu’Ankara exprime depuis le début de la guerre. « Nous ne voulons pas que la guerre s’étende à la mer Noire », a-t-il déclaré, dénonçant le ciblage des infrastructures civiles et maritimes. Le ciblage des ports, des pétroliers et des bateaux de pêche en mer Noire, ainsi que la mise en danger de la vie des civils, ne sauraient être justifiés », a-t-il poursuivi. Soulignant l’importance stratégique de la région, il a rappelé que la liberté de navigation et la sécurité du commerce maritime en mer Noire constituaient des enjeux essentiels pour tous les pays riverains. « La liberté de navigation et la sécurité commerciale en mer Noire sont d’une importance vitale. J’ai évoqué cette question avec la partie russe lors de ma visite à Moscou ainsi qu’avec mon homologue ukrainien aujourd’hui. Je la remettrai également à l’ordre du jour lors de mes réunions prévues dans la journée », a-t-il expliqué.
Le ministre a rappelé que les Nations unies avaient déjà proposé que, malgré la poursuite des combats sur d’autres fronts, les parties maintiennent des garanties concernant la sécurité énergétique et la liberté de navigation en mer Noire afin de préserver la sécurité alimentaire mondiale. Selon lui, la priorité de la Turquie reste la fin de la guerre. Toutefois, si un accord global n’est pas immédiatement possible, Ankara propose l’instauration d’un moratoire sur certains secteurs stratégiques. « La sécurité en mer Noire et la sécurité énergétique pourraient faire l’objet d’un moratoire afin de les soustraire aux hostilités. Nos propositions alternatives sur ces questions restent sur la table et la partie ukrainienne partage avec nous une compréhension commune sérieuse sur ce sujet », a-t-il déclaré.
Abordant les discussions sur un éventuel accord de paix, H. Fidan a expliqué que celui-ci devrait reposer sur des garanties de sécurité couvrant les dimensions terrestres, aérienne et maritime. « La Turquie a accepté de diriger la composante maritime et nous partageons une compréhension commune sur cette question avec nos alliés », a-t-il affirmé. Il a précisé que les forces navales des pays alliés concernés poursuivaient actuellement leurs travaux de planification concernant ce dispositif. Il a aussi estimé que le conflit avait atteint un stade où les deux camps semblaient désormais psychologiquement prêts à envisager un cessez-le-feu. Rappelant ses nombreuses visites dans la région depuis le début de la guerre, il a déclaré que les scénarios les plus pessimistes redoutés au début du conflit étaient progressivement devenus réalité. Selon lui, tous les moyens militaires disponibles ont désormais été largement utilisés et les parties approchent d’un moment charnière. « Comme le dit le proverbe, le moment le plus sombre de la nuit survient juste avant l’aube. Nous espérons que la phase destructrice à laquelle la guerre est parvenue aujourd’hui constituera le prélude à une paix et à un cessez-le-feu proches », a-t-il déclaré.
Le ministre turc a également révélé qu’au cours de ses récents entretiens à Moscou, les autorités russes lui avaient indiqué au plus haut niveau que les deux parties étaient prêtes à négocier. Selon lui, ni Moscou ni Kiev n’excluent une rencontre sous médiation turque ou américaine, un élément qu’il juge particulièrement important pour l’avenir du processus diplomatique. « Bien sûr, certaines questions demeurent inacceptables pour l’Ukraine. Toute la question est de savoir comment ce cadre général peut évoluer dans les conditions actuelles. C’est précisément sur cela que les négociateurs doivent travailler », a-t-il expliqué. H. Fidan a ajouté avoir constaté, tant en Russie qu’en Ukraine, qu’un cessez-le-feu et un accord de paix étaient désormais devenus une nécessité urgente non seulement pour les deux pays mais également pour l’ensemble de la communauté internationale.
De son côté, A. Sybiha a réaffirmé le soutien de son pays aux efforts de médiation turcs et s’est déclaré favorable à l’organisation de futures négociations sur le territoire turc. « Nous estimons que les négociations, notamment une éventuelle rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, pourraient se tenir en Turquie », a-t-il déclaré. Selon lui, une rencontre au sommet entre les dirigeants des deux pays demeure indispensable pour relancer les efforts diplomatiques. « Je suis convaincu que seul un sommet des dirigeants peut donner un nouvel élan au processus de paix », a-t-il affirmé. Le chef de la diplomatie ukrainienne a par ailleurs réitéré la position de Kiev en faveur d’un arrêt des combats. « L’Ukraine est prête à un cessez-le-feu », a-t-il assuré, appelant à poursuivre les initiatives diplomatiques destinées à mettre fin à la guerre. S’exprimant jeudi devant la presse à Moscou, Dmitri Peskov a évalué plusieurs questions d’actualité.
Interrogé sur les déclarations du ministre turc des Affaires étrangères selon lesquelles Ankara poursuivra ses efforts diplomatiques et continuera d’organiser des négociations entre la Russie et l’Ukraine, le porte-parole du Kremlin a répondu : « Nous savons que nos amis turcs sont prêts à poursuivre leurs initiatives en faveur d’un règlement pacifique de la situation en Ukraine. Nous leur en sommes reconnaissants. À ce stade, nous ne constatons aucune perspective à court terme pour une reprise du processus de négociation. Nous n’avons enregistré aucun signe allant dans ce sens. Toutefois, la partie russe reste ouverte à cette voie. »
Commentant les changements opérés au sein du gouvernement ukrainien, avec le départ notamment du ministre de la Défense, D. Peskov a estimé que ces remaniements n’avaient « aucune importance » pour Moscou. « Ce qui compte pour nous, c’est la résolution du conflit et la garantie de nos intérêts », a-t-il déclaré.
Évoquant par ailleurs l’éventuel remplacement du ministre ukrainien de la Défense, le porte-parole du Kremlin a ajouté : « Peu importe l’identité du futur ministre de la Défense. L’essentiel est qu’une personne capable d’assumer ses responsabilités, de prendre les décisions nécessaires et de favoriser un règlement pacifique ainsi que la fin de l’opération militaire spéciale soit en mesure d’agir au sein des autorités de Kiev. »
D. Peskov a également souligné que les situations au Moyen-Orient et en Ukraine ne pouvaient être comparées. « Chaque dossier possède une structure extrêmement complexe. De nombreuses questions ne peuvent pas être résolues simplement par un accord. Il s’agit d’un processus long, complexe et global. C’est pourtant le seul chemin susceptible de conduire à une solution », a-t-il conclu.
A’ signaler que l’Allemagne a approuvé des licences d’exportation d’armes et d’équipements militaires d’une valeur d’environ 13,9 milliards d’euros (15,9 milliards de dollars) au cours des six premiers mois de 2026, l’Ukraine étant le principal destinataire, selon des chiffres provisoires publiés mercredi. Le gouvernement a autorisé des exportations totalisant environ 13,87 milliards d’euros (15,83 milliards de dollars) entre janvier et juin. Ce montant comprend environ 9,6 milliards d’euros (10,96 milliards de dollars) d’armes de guerre et 4,3 milliards d’euros (4,91 milliards de dollars) d’autres équipements militaires, a indiqué le ministère de l’Économie.
L’Ukraine a reçu des autorisations d’exportation d’une valeur d’environ 2,5 milliards d’euros (2,85 milliards de dollars), ce qui en fait le principal destinataire, tant au niveau global que parmi les pays non membres de l’Union européenne. Le gouvernement allemand a précisé que ces licences visaient à soutenir « la légitime défense de l’Ukraine face à la guerre d’agression illégale menée par la Russie ».
Israël se classe au sixième rang des principales destinations, avec des exportations approuvées d’une valeur d’environ 799 millions d’euros (912 millions de dollars). Plus de 60 % de ce montant est lié à un important projet de défense maritime, a indiqué le ministère. Près de 20 % proviennent de la coopération industrielle germano-israélienne « dans l’intérêt » des forces armées allemandes, tandis que le reste concerne d’autres équipements militaires qui ne sont pas considérés comme des armes de guerre, selon le ministère.
Parmi les autres principaux destinataires des exportations allemandes d’armement cette année figurent les États-Unis, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Lituanie, la Lettonie, la Norvège, l’Estonie et la Slovénie.
La Russie a une nouvelle fois averti qu’elle n’accepterait aucun déploiement de contingents militaires de la « coalition des volontaires » sur le territoire ukrainien. Lors d’un point presse organisé mercredi, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a qualifié ce scénario d’« inacceptable » pour Moscou. La diplomate a souligné qu’une telle présence constituerait « de facto une intervention étrangère » et aggraverait directement les menaces pesant sur la sécurité de la Russie. Elle a également prévenu que les unités déployées en Ukraine seraient considérées comme des « cibles militaires légitimes » par les forces armées russes.
Le 15 juillet, les forces armées ukrainiennes ont lancé une attaque de drone contre un véhicule de service de la centrale nucléaire de Zaporojié, tuant son ingénieur en chef, Alexandre Iakovlev. Son chauffeur, Dmitri Filippov, a également perdu la vie.
À la suite de l’attaque, M. Zakharova, a appelé Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, à reconnaître le crime commis par le régime de Kiev et à condamner clairement les actions de l’Ukraine. L’AIEA a ensuite publié un bref communiqué sur X dans lequel R. Grossi condamne l’incident qu’il qualifie d’attaque inacceptable contre la centrale et sa direction, ainsi que de grave menace pour la sûreté nucléaire. Il a appelé à la cessation immédiate de toute attaque visant les installations nucléaires et leur personnel.
Dans un communiqué distinct, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que Kiev « se berce de l’illusion » de pouvoir faire pression sur Moscou par de telles attaques, tout en faisant « chanter ses parrains occidentaux » afin d’obtenir davantage d’argent et d’armes. Selon la diplomatie russe, les pays occidentaux sont prêts à encourager Kiev « quel que soit le degré de folie de ses actions ». Le ministère a estimé que le danger extrême représenté par la présence des forces armées ukrainiennes à proximité de la centrale de Zaporojié était désormais plus manifeste que jamais. La Russie continuera à protéger l’installation contre les attaques ukrainiennes, conformément à sa législation et à ses obligations internationales, a-t-il ajouté.

