Les autorités sanitaires de Salé ont renforcé leurs mesures de prévention après le décès de deux enfants atteints de diphtérie, une infection bactérienne qui peut entraîner de graves complications. Une intervention médicale a été menée dans le quartier de Sidi Abdellah, dans la commune d’El Ayayda, afin de limiter la propagation de la maladie. Le staff dépêché sur place a procédé à l’identification des personnes ayant été en contact avec les enfants, à l’administration de vaccins et de traitements préventifs, ainsi qu’à l’orientation des cas suspects vers les structures hospitalières pour des examens médicaux et des analyses en laboratoire. Plus de 40 contacts directs ont été recensés. Ils ont bénéficié des mesures de prévention et des soins nécessaires dans le cadre de l’intervention sanitaire. Par ailleurs, pour gérer au mieux ce foyer, l’hôpital provincial Moulay Abdellah, à Salé, et l’hôpital de proximité de Tabriquet, ont été mobilisés. Les équipes sanitaires poursuivent le suivi de la situation épidémiologique et restent mobilisées pour intervenir rapidement en cas de nouvelle infection. Vaccins et moyens de prévention et de traitement sont disponibles, et la situation demeure « sous contrôle », assure-t-on. Les analyses ont confirmé plusieurs cas de diphtérie. Les personnes infectées ont été prises en charge et, selon les informations rapportées, aucun décès supplémentaire n’a été enregistré à ce stade. Les deux enfants décédés appartenaient à la même famille et n’avaient pas reçu les vaccins contre cette maladie, signale-t-on.
Pour rappel, la diphtérie semble avoir repris ses droits dans le pays après des années d’éclipse. Fin septembre dernier, deux foyers familiaux avaient été détectés dans la région de Souss-Massa, respectivement dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane et la province de Chtouka-Aït Baha. Les cas concernaient des enfants non vaccinés ou n’ayant pas reçu l’ensemble des doses prévues.
La diphtérie est une infection bactérienne qui touche principalement la gorge et le nez. Elle se transmet notamment par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou des éternuements, ainsi que par contact direct avec une personne infectée. Les premiers symptômes apparaissent généralement entre deux et cinq jours après la contamination. Ils peuvent inclure un mal de gorge, de la fièvre et des difficultés à avaler. Dans les formes graves, la maladie peut provoquer des complications respiratoires et endommager le cœur, les nerfs ou les reins sous l’effet des toxines produites par la bactérie.
La vaccination constitue le principal moyen de prévention contre la diphtérie. Le programme national marocain de vaccination prévoit trois doses initiales à l’âge de deux, trois et quatre mois, suivies de rappels à 18 mois et à cinq ans. Les doses manquantes peuvent être rattrapées en fonction du statut vaccinal de chaque enfant. En cas de suspicion d’infection, le diagnostic précoce, l’isolement médical, la prise en charge rapide et l’identification des personnes contacts sont essentiels pour limiter la transmission.
Les autorités sanitaires avaient également alerté sur la réapparition de la diphtérie dans plusieurs pays ces dernières années, dans un contexte marqué notamment par le recul de la couverture vaccinale et la circulation de fausses informations sur les vaccins. Pour l’heure, on pare au plus pressé au moment où l’anticipation aurait pu contenir les dégâts…

