Cette accélération n’est pas isolée puisqu’elle s’accompagne d’une hausse de 14,4% des recettes des investissements directs étrangers (IDE), de 21,2% des importations de biens d’équipement et de 32,3% des crédits bancaires à l’équipement, à fin juin 2026. Un faisceau d’indicateurs qui converge vers une même lecture : l’investissement, public comme privé, s’impose comme le moteur structurant de la conjoncture, porté par l’accélération des grands chantiers structurants engagés dans les secteurs stratégiques.
Le flux net des IDE a progressé de 31,5% à fin juin 2026, pour atteindre 26,2 milliards de dirhams, résultat conjugué d’une hausse des recettes de 14,4% (33,9 milliards de dirhams) et d’un recul des dépenses de 20,5% (7,8 milliards de dirhams). Dans le même temps, les investissements directs à l’étranger ont connu une progression spectaculaire de leur flux net, en hausse de 169,3% pour s’établir à 5,7 milliards de dirhams, sous l’effet d’une hausse de 50,9% des investissements sortants (14,4 milliards de dirhams) et de 17,2% des cessions (8,7 milliards de dirhams).
Cette dynamique se lit également dans les échanges extérieurs : les importations de produits finis d’équipement ont bondi de 21,2% à fin juin 2026, pour atteindre 112,3 milliards de dirhams, portées notamment par les achats d’avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+136,3%), les parties d’avions (+29,7%) et les voitures utilitaires (+73,7%).
Ces produits représentent désormais 24,5% des importations totales, contre 23,3% un an auparavant, confirmant leur statut de premier poste d’importation du pays. Cette progression s’inscrit dans un contexte plus large de hausse générale des importations (+15,3% à fin juin 2026, à 458,8 milliards de dirhams), qui a également creusé le déficit commercial de 23,5%, à 198,4 milliards de dirhams, et fait reculer le taux de couverture de 2,8 points, à 56,8%.
Sur le plan du financement, les crédits bancaires ont accéléré à +10,9% à fin juin 2026, après +9,9% le mois précédent et +5,7% un an plus tôt, pour atteindre un encours de 1.301,8 milliards de dirhams. Cette progression est notamment tirée par les crédits à l’équipement, en hausse de 32,3% après +20,2% un an auparavant — la plus forte accélération parmi l’ensemble des objets économiques de crédit.
Les crédits au secteur non financier ont, pour leur part, progressé de 9,9%, contre 8,9% en mai 2026 et 4,2% seulement à fin juin 2025, tirés notamment par les crédits aux sociétés non financières (+9,5%, après +3,8% un an plus tôt). Cette accélération du crédit s’accompagne d’un renforcement de la masse monétaire (M3), en hausse de 11,7% à fin juin 2026, après +8% un an auparavant, ainsi que d’une progression des avoirs officiels de réserve de 22,2%, à 497,3 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5 mois et 27 jours d’importations de biens et services.
Cette embellie de l’investissement trouve un écho dans les indicateurs de production : le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) du secteur manufacturier s’est établi à 77,9% au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur un an, porté notamment par les branches de la mécanique et métallurgie (+1 point) et de la chimie et parachimie (+0,7 point).
Côté finances publiques, l’exécution de la Loi de Finances à fin juillet 2026 fait ressortir un allègement du déficit budgétaire de 7,7%, soit 4,2 milliards de dirhams, pour se situer à 50,5 milliards de dirhams. Cet allègement résulte d’une hausse des recettes de 12,5% (28,2 milliards de dirhams), plus rapide que celle des dépenses globales, en progression de 8,5% (23,9 milliards de dirhams) — une marge de manœuvre budgétaire qui accompagne, sans la freiner, la montée en puissance de l’investissement public.

