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Négociations commerciales : Séoul courtise Rabat

by Perspectives Med
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Négociations commerciales : Séoul courtise Rabat

La Corée accélère la diversification de son réseau commercial. Dans ce mouvement, le Maroc occupe désormais une place particulière : il fait partie des sept partenaires avec lesquels Séoul prévoit d’engager ou de reprendre des négociations commerciales cette année, aux côtés notamment de l’Égypte, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Mercosur, du Mexique et de la Tanzanie.

L’information ressort de données transmises par le ministère coréen du Commerce, de l’Industrie et des Ressources à la commission compétente de l’Assemblée nationale, et rapportées par la presse économique coréenne. Le gouvernement entend ainsi élargir ses débouchés dans un environnement marqué par l’incertitude commerciale et la montée des politiques tarifaires.

Pour Rabat, cette évolution ne constitue toutefois pas un simple projet parmi d’autres. Elle s’inscrit dans une dynamique bilatérale déjà engagée autour du futur Korea-Morocco Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA).

Les discussions entre les deux pays ont pris une nouvelle dimension au printemps. Le 6 mai, le ministre coréen chargé du Commerce, Yeo Han-koo, avait indiqué, lors d’un échange avec Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, que la Corée entendait avancer rapidement vers un CEPA avec le Maroc. Séoul présentait alors cet accord comme un moyen d’étendre sa coopération commerciale en Afrique et d’accompagner la diversification géographique des entreprises coréennes.

Un mois plus tard, le dossier a franchi un cap supplémentaire. Lors de sa visite au Maroc les 11 et 12 juin, Yeo Han-koo a rencontré des responsables marocains et des entreprises coréennes implantées dans le Royaume. Les deux parties ont convenu de mettre en place un groupe de travail au niveau des directeurs généraux afin de poursuivre les discussions et de créer les conditions permettant d’ouvrir rapidement les négociations du CEPA.

Le choix du Maroc répond à une logique qui dépasse les seuls échanges bilatéraux. Dans sa présentation du partenariat, le MOTIR souligne la position géographique du Royaume comme passerelle vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, ainsi que son réseau d’accords de libre-échange couvrant plus de 50 pays. Pour les entreprises coréennes, cette configuration renforce l’intérêt du Maroc comme plateforme industrielle et commerciale.

Le rapprochement commercial s’appuie déjà sur des intérêts industriels concrets. Lors de sa visite de juin, le ministre coréen a notamment examiné l’avancement de projets portés par des entreprises coréennes au Maroc, parmi lesquels le projet de Hyundai Rotem pour la construction d’une usine de trains électriques et l’investissement de LG Energy Solution dans une raffinerie de lithium de qualité batterie.

Ces dossiers donnent une profondeur industrielle au projet d’accord commercial. Pour Séoul, le Maroc n’est pas seulement un marché supplémentaire : il peut constituer une base de production et d’exportation dans plusieurs chaînes de valeur considérées comme stratégiques.

Cette dimension est particulièrement importante dans le contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales. La Corée cherche à réduire son exposition à certains marchés traditionnels et à renforcer ses relations avec des économies capables de servir à la fois de débouchés, de plateformes industrielles et de relais vers d’autres régions.

Le Maroc présente précisément cette combinaison. Son intégration aux marchés européens, son réseau d’accords commerciaux et sa position à la jonction de plusieurs espaces économiques renforcent son attractivité pour les industriels coréens.

Il est à noter que six autres partenaires sont visés également pour le lancement ou la reprise de négociations. Il s’agit de l’Égypte, l’Argentine, l’Uruguay, le Mercosur, le Mexique et la Tanzanie. Six autres dossiers sont déjà en cours, concernant notamment la Thaïlande, le Pakistan, l’Inde, l’ASEAN, Singapour et la Chine.

Le mouvement traduit une volonté de Séoul de multiplier les points d’accès aux marchés internationaux alors que les tensions commerciales rendent plus incertain l’environnement dans lequel évoluent ses exportateurs.

Pour le Maroc, l’enjeu est donc double. D’une part, l’ouverture de négociations avec la Corée pourrait donner un cadre institutionnel plus solide à une relation commerciale encore loin de son potentiel. D’autre part, elle pourrait accélérer l’arrivée de nouveaux investissements coréens dans des secteurs industriels où le Royaume cherche précisément à monter en gamme. Le futur CEPA pourrait ainsi devenir davantage qu’un accord tarifaire. Au regard des secteurs déjà ciblés par les entreprises coréennes, il pourrait servir de cadre à une coopération plus large dans l’industrie, les transports, les batteries, les chaînes d’approvisionnement et les technologies liées à la transition énergétique.

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