Le tourisme marocain confirme sa bonne tenue en 2026 et continue de s’imposer comme l’un des principaux moteurs des recettes en devises du Royaume. Selon les dernières données de l’Office des changes, les recettes Voyages ont atteint 79,009 milliards de dirhams (MMDH) à fin juillet 2026, enregistrant une progression de 13,4% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par une progression soutenue de la fréquentation touristique et une consolidation de l’activité dans plusieurs des principales destinations.
Dans son bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs, l’Office des changes relève parallèlement une hausse de 7,3% des dépenses Voyages, qui se sont établies à 19,92 MMDH à fin juillet. Cette évolution des dépenses n’a toutefois pas empêché le solde de la balance Voyages de continuer à se renforcer. Celui-ci ressort à 59,08 MMDH, soit une hausse de 15,7% sur un an.
Les performances financières du secteur s’inscrivent dans le prolongement d’une progression des flux touristiques. D’après les données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), le nombre de visiteurs ayant fait le déplacement au Maroc a atteint près de 9,4 millions au terme du premier semestre 2026, en augmentation de 6% sur un an. Cette progression repose notamment sur la bonne tenue de plusieurs marchés européens, mais également sur l’élargissement de la clientèle internationale de la destination Maroc.
Les arrivées en provenance de France ont progressé de 9%, tandis que le marché allemand affiche une hausse de 14%. Les touristes en provenance de Belgique et des Pays-Bas ont également été plus nombreux, avec respectivement des progressions de 9% et 10%. D’autres marchés enregistrent eux aussi des évolutions positives. Les arrivées en provenance d’Italie ont augmenté de 6%, celles de Pologne de 32%, tandis que le marché britannique progresse de 4%. Les arrivées de touristes américains ont, pour leur part, enregistré une hausse de 9%. La progression particulièrement importante du marché polonais illustre notamment la montée en puissance de nouveaux marchés émetteurs, alors que le Maroc cherche à diversifier davantage ses clientèles et à réduire sa dépendance à l’égard de quelques marchés traditionnels.
La dynamique observée au niveau des arrivées se reflète également dans les performances des établissements d’hébergement touristique classés. À fin juin 2026, les nuitées ont progressé de 9%, après une hausse déjà importante de 12% un an auparavant. Plusieurs destinations enregistrent des performances particulièrement soutenues. Ouarzazate se distingue avec une progression de 23% des nuitées. La capitale du Royaume, Rabat, affiche également une hausse significative de 20%. Les nuitées progressent par ailleurs de 11% à Agadir et de 11% à Casablanca, tandis que Marrakech et Tanger enregistrent chacune une hausse de 10%. La progression atteint 9% à Errachidia, 7% à Al Haouz et 6% à Fès et Essaouira.
Ces chiffres traduisent une dynamique qui dépasse les seules destinations balnéaires ou les grands pôles touristiques traditionnels. L’augmentation des nuitées dans des villes et territoires aux profils différents témoigne d’un élargissement de l’attractivité de la destination Maroc.
La progression des recettes touristiques était déjà particulièrement marquée au premier semestre. À fin juin 2026, les recettes Voyages avaient atteint 64,9 MMDH, en hausse de 15,9% par rapport à la même période de 2025. La DEPF souligne que cette évolution s’inscrit dans une accélération de la croissance des recettes au cours des deux premiers trimestres. Celles-ci avaient progressé de 23,5% au premier trimestre et de 21,2% au deuxième trimestre 2026. Le niveau atteint à fin juillet, soit 79,009 MMDH, confirme ainsi la poursuite de cette dynamique au début du second semestre.
L’évolution des recettes revêt une importance particulière pour l’économie marocaine. Au-delà du nombre de touristes accueillis, cet indicateur permet de mesurer directement la capacité du secteur à générer des revenus en devises et à contribuer au financement des besoins extérieurs du Royaume.

