Cette performance intervient dans un contexte marqué par une accélération du développement de cette filière à l’échelle du continent. L’Afrique a en effet ajouté près de 4,3 GW de nouvelles capacités hydroélectriques au cours de l’année écoulée, portant sa capacité cumulée à 52 GW, y compris les installations de pompage-turbinage. La production d’électricité issue de cette source d’énergie renouvelable a atteint près de 179 térawattheures (TWh) durant la même période.
Les données soulignent également le paradoxe énergétique africain. Si le continent concentre le plus important potentiel hydroélectrique encore inexploité au monde, il demeure celui où l’accès à l’électricité et la consommation énergétique par habitant figurent parmi les plus faibles. Cette situation met en évidence l’importance de la modernisation des infrastructures existantes, d’autant que près de la moitié des capacités hydroélectriques installées en Afrique sont en exploitation depuis plus de vingt-cinq ans.
Dans son rapport, l’Association internationale de l’hydroélectricité (International Hydropower Association – IHA) confirme la domination de l’Éthiopie, qui conserve la première place du classement africain avec une capacité de 9,97 GW. Le pays a ajouté 3,95 GW en une seule année, ce qui lui permet de se hisser au troisième rang mondial en matière de nouvelles capacités installées. Cette progression coïncide avec l’inauguration officielle du Grand barrage de la Renaissance (GERD), d’une puissance de 5,15 GW, désormais présenté comme la plus importante infrastructure hydroélectrique du continent.
L’Angola conserve sa deuxième position avec une capacité stable de 3,89 GW, identique à celle de 2024. Les perspectives demeurent toutefois favorables avec l’entrée en service attendue, à la mi-2027, de la centrale de Caculo Cabaça, dotée d’une capacité de 2,17 GW, appelée à devenir la plus importante source individuelle de production électrique du pays.
Derrière ces deux leaders, l’Afrique du Sud maintient sa troisième place grâce à une capacité inchangée de 3,61 GW. La République démocratique du Congo arrive quatrième avec 3,22 GW, tandis que la Zambie occupe le cinquième rang après avoir porté sa capacité de 3,16 GW en 2024 à 3,18 GW en 2025.
Le Nigeria se hisse à la sixième place avec une capacité de 2,97 GW, soit une progression de 120 mégawatts par rapport aux 2,85 GW recensés un an auparavant.
L’Égypte conserve, pour sa part, la septième position du classement africain avec une capacité stable de 2,83 GW. Elle devance la Tanzanie, huitième avec 2,72 GW, après l’ajout de 18 MW. Cette progression est portée par la mise en exploitation à pleine capacité du barrage Julius Nyerere, dont la puissance atteint 2,11 GW depuis le début de l’année 2025, ce qui en fait la plus importante centrale hydroélectrique du pays.
Avec une capacité installée de 2,59 GW, le Maroc se maintient ainsi au neuvième rang africain. Le Mozambique complète le classement des dix premiers pays du continent avec une capacité de 2,19 GW, restée inchangée par rapport à l’année précédente.

