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Guerre russo-otanienne en Ukraine : Les Européens s’impliquent de plus en plus…

by Perspectives Med
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Guerre russo-otanienne en Ukraine : Les Européens s’impliquent de plus en plus…

A signaler que l’Estonie a accusé mardi la Russie d’avoir commandité un incendie dans les locaux d’un fabricant de drones. Le Kremlin a rejeté toute responsabilité dans l’incident, dénonçant les accusations « infondées » et « irréfléchies ». L’Ukraine a intensifié ses attaques de longue portée en Russie contre des infrastructures jugées importantes pour l’approvisionnement et l’effort de guerre russe.

En sus, la Belgique compte livrer à Kiev, d’ici la fin de l’année, les chasseurs F-16 de quatrième génération promis il y a déjà deux ans, a déclaré Volodymyr Zelensky le 29 septembre. Cependant, au lieu des sept appareils initialement prévus, l’armée ukrainienne n’en recevra que trois. Selon le chef du régime de Kiev, une procédure accélérée sera mise en place pour l’obtention de ces chasseurs. Il a également souligné que Kiev avait déjà reçu des livraisons urgentes de munitions pour les F-16 en provenance de Belgique et d’autres pays, notamment l’Espagne.

Bruxelles avait promis de livrer à l’Ukraine ses deux premiers F-16 dès 2024, puis de transférer progressivement tous les autres appareils en service. Cependant, la mise en œuvre de ces accords a pris du retard : la Belgique prévoyait en effet de céder ses anciens appareils à condition qu’ils soient remplacés par des F-35 américains. Selon le contrat de 2018, l’armée belge doit recevoir 42 de ces appareils de Washington, mais seuls deux ont été livrés à ce jour.

Par ailleurs, Kiev rencontre un problème tout aussi grave concernant les munitions pour les F-16. Début septembre, le commandant de l’armée de l’air ukrainienne a fait état d’une pénurie critique de missiles pour ses chasseurs. Selon lui, un avion de combat privé d’armement devient, dans la pratique, totalement inutile sur le champ de bataille. Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de V. Zelensky, a également fait état de cette situation déplorable, soulignant notamment l’épuisement des stocks de missiles air-air AIM-120 et AIM-9. Parallèlement, Kiev connaît une pénurie colossale de munitions pour les systèmes de défense aérienne Patriot.

Depuis le printemps, les autorités ukrainiennes demandent à leurs sponsors de leur venir en aide sur ce point, mais ces demandes restent à ce jour sans suite concrète. Le 28 septembre, les ministres de la Défense des pays membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à trouver un accord sur la fourniture à l’Ukraine de missiles antinavires Patriot provenant des stocks de certains pays européens. Pendant ce temps, l’armée russe continue de frapper les infrastructures utilisées par les forces armées ukrainiennes en riposte aux attaques de Kiev sur le territoire russe. Le 29 septembre, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir détruit les centres de traitement de données Bimobile et Parkovy, qui opéraient pour le compte des forces armées ukrainiennes. Le 27 septembre, l’armée russe a frappé le centre de traitement des données de l’opérateur Vodafone, l’une des plus grandes entreprises fournissant des services de téléphonie mobile et d’Internet haut débit à l’armée ukrainienne, notamment pour la transmission de données de renseignement.

L’OTAN hausse le ton

Dans ce maelström, l’Otan a condamné la « rhétorique nucléaire irresponsable » de la Russie, contenue dans un document adressé par Moscou aux responsables de l’Alliance, qui dénonce des « provocations » à l’encontre de l’exclave russe de Kaliningrad, a indiqué mardi sa porte-parole. « Nous condamnons fermement la menace de recours à la force, y compris toute rhétorique nucléaire irresponsable », a déclaré Allison Hart, confirmant que l’Otan avait reçu ce document et qu’elle y avait répondu.

L’ambassade russe à Bruxelles a publié sur X le contenu de ce document, dans lequel la Russie fait part de sa « préoccupation » face à ce qu’elle considère comme des « actions provocatrices » de la part de l’Otan à l’égard de Kaliningrad, face auxquelles la Russie est prête à riposter « avec tout son arsenal ». « Nous constatons une montée en puissance sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance le long de nos frontières occidentales », qui englobent Kaliningrad, a encore dénoncé l’ambassade.

La Russie « est prête à déployer l’intégralité de son arsenal pour défendre son territoire, si les pays de l’Otan venaient à tenter d’isoler la région de Kaliningrad du reste de notre pays », a encore écrit Moscou à l’Otan, selon son ambassade. « L’utilisation de tactiques hybrides par la Russie est un signe de désespoir, mais nous ne serons pas dissuadés de notre soutien à l’Ukraine », a encore affirmé la porte-parole de l’Otan.

Pour faire face aux menaces hybrides, une approche conjointe de l’Otan et de l’Union européenne est nécessaire, martèle l’Allemand Sebastian Hartmann, secrétaire d’État à la défense. Son pays est encensé par plusieurs autres pays de l’Union pour avoir pointé du doigt la responsabilité de Moscou dans la tentative d’attaque contre l’aéroport de Leipzig en aout.

La multiplication des attaques hybrides, qu’elles soient physiques ou électroniques, pousse les Européens à envisager ce protocole d’urgence commun pour y faire face, assure-t-on. Et même les pays neutres comme l’Irlande, qui n’est pas dans l’OTAN, y sont favorables. « Il est important que toute mesure respecte la constitution de chaque État membre et, en même temps, elle doit tenir compte de la multiplication des attaques hybrides, pointe Helen McEntee, ministre irlandaise des Affaires étrangères et de la Défense. Nous commençons à en constater les effets sur le sol européen, qu’il s’agisse de l’aéroport de Leipzig ou des violations répétées de l’espace aérien européen. Nous devons nous y préparer. Nous devons être en mesure non seulement de réagir lorsque des incidents se produisent, mais aussi de prévenir toute escalade potentielle. »

Ce protocole face aux menaces hybrides reste à élaborer, mais il rapproche l’Union européenne d’une alliance défensive qui pourrait empiéter sur l’Otan. « Nous ne créons rien de supplémentaire, mais cela doit fonctionner main dans la main », a toutefois assuré Kaja Kallas. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment suggéré l’adoption par l’UE d’un mécanisme d’urgence, inspiré de l’article 4 du traité de l’Otan, permettant une coordination et une réponse rapides des pays de l’UE. L’article 4 du traité de l’Atlantique nord permet à tout pays membre de demander des consultations urgentes avec ses alliés dès qu’il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées, sans déclencher immédiatement une réponse militaire.

Le renseignement militaire danois a averti jeudi que la Russie mènerait probablement davantage d’attaques hybrides contre des cibles occidentales, soulignant également qu’une invasion d’un pays de l’Otan était « improbable », mais toujours possible. La semaine dernière, Donald Tusk, Premier ministre polonais, avait lui aussi mis en garde contre des menaces « hybrides » russes, notamment des attaques de drones et de missiles, visant les alliés de l’Ukraine.

La Russie a accentué sa pression, particulièrement sur les pays soutenant l’Ukraine, « et nous devons aborder ce problème avec calme mais de manière résolue », a déclaré de son côté Antti Hakkanen, ministre finlandais de la Défense. La Russie recherche avant tout « l’impact psychologique » dans ses attaques hybrides, afin de déstabiliser les pays européens, particulièrement ceux qui soutiennent Kiev, a expliqué un responsable de l’UE sous couvert d’anonymat.

Kallas et plusieurs pays de l’UE jugent dans ce contexte que la meilleure réponse est au contraire de renforcer le soutien européen à l’effort de guerre ukrainien contre la Russie. Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan, a lui aussi appelé jeudi les pays européens à apporter « davantage de soutien à l’Ukraine » s’ils « veulent vraiment envoyer un signal aux Russes à chaque incident ou attaque hybride ».

Devant les eurodéputés, le commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, le général américain Alexus Grynkewich affirmé lundi que les attaques « hybrides » attribuées à la Russie « ne parviennent pas à briser l’unité occidentale sur l’Ukraine. L’activité de la Russie en ce moment vise principalement à briser notre volonté de continuer à soutenir l’Ukraine […]. Et vous savez que la logique derrière cela, c’est que si l’on parvient à rendre la situation sécuritaire suffisamment alarmante, les populations voudront que leurs pays se détournent de l’Ukraine pour assurer leur propre protection ».

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