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Guerre otano-russe en Ukraine : Détente partielle après la rencontre d’Istanbul. Washington promet des armes à Kiev

by Perspectives Med
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Guerre otano-russe en Ukraine : Détente partielle après la rencontre d’Istanbul. Washington promet des armes à Kiev

Le troisième cycle de négociations russo-ukrainiennes, qui a duré environ une heure et demie, s’est tenu à Istanbul, au palais Ciragan. La première partie des négociations s’est déroulée en tête-à-tête entre les chefs des délégations russe et ukrainienne, Vladimir Médinsky et Roustem Oumérov. Les discussions se sont ensuite poursuivies en présence de tous les participants.

La partie russe a proposé de former trois groupes de travail qui exerceront leurs activités en ligne « afin d’économiser l’argent des contribuables », a déclaré le chef de la délégation russe V. Médinsky lors d’une conférence de presse à l’issue des négociations. Selon lui, ces groupes traiteront respectivement des questions politiques, humanitaires et militaires. Il a ajouté que la partie ukrainienne avait accepté d’examiner cette proposition.

Le chef de la délégation russe a constaté que tous les accords concernant les aspects humanitaires, obtenus lors des contacts précédents, avaient été respectés. Il a précisé qu’un échange de prisonniers était en cours au moment des négociations. Au total, 1200 militaires sont revenus en Russie, contre 1200 autres en Ukraine.  En ce qui concerne l’échange de dépouilles, la Russie a rendu 7000 dépouilles de soldats ukrainiens, Kiev n’a donné qu’« une petite quantité », selon V. Médinsky qui n’a pas précisé le nombre exact. Il a aussi précisé que Moscou et Kiev avaient convenu d’un nouvel échange d’au moins 1200 prisonniers de guerre de chaque côté. « Nous avons proposé de notre côté de transférer à l’Ukraine un plus grand nombre de prisonniers de guerre, et si Kiev détient d’autres de nos soldats, ce chiffre sera donc plus élevé », a-t-il déclaré en ajoutant que la Russie était également prête à remettre à l’Ukraine 3 000 dépouilles supplémentaires. Selon lui, Kiev aurait des difficultés techniques avec les conteneurs frigorifiques, et ne peut pas recueillir ces corps. Néanmoins, la proposition de la Russie restera valable.

Les parties ont également discuté de la question des civils déplacés. V. Médinsky a notamment déclaré que Kiev n’avait pas respecté l’un des points des accords. Selon lui, environ 30 civils russes déplacés de force par l’armée ukrainienne de la région de Koursk n’ont pas été renvoyés chez eux. Il a souligné qu’il ne comprenait pas pourquoi cela se produisait et appelé l’Ukraine à « dire les choses comme elles sont », si Kiev avait décidé de faire des civils des prisonniers « comme le Hamas en son temps ». Dans ce cas, a ajouté le chef de la délégation russe, la Russie est prête à les échanger contre des prisonniers de guerre ukrainiens.

V. Médinsky a également indiqué que la Russie avait entièrement traité la liste des 339 enfants ukrainiens évacués vers le territoire russe. Selon lui, une partie de ces enfants sont déjà rentrés chez eux. Il a indiqué que les autres étaient actuellement pris en charge par l’État et seront immédiatement transférés si leurs parents, leurs proches ou leurs représentants sont identifiés. « Pour nous, les enfants sont une priorité », a déclaré V. Médinsky. Une autre proposition de la délégation russe a été d’examiner la question de la proclamation de courts cessez-le-feu d’une durée de 24 à 48 heures sur la ligne de front. V. Médinsky a souligné que cette mesure était nécessaire pour permettre aux commandants et aux équipes médicales d’évacuer leurs soldats, soulignant que chaque vie était importante pour la Russie.

Armes US à Kiev

Depuis Washington, lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle, Donald Trump a annoncé un accord « majeur » entre les États-Unis et l’Union européenne. D’après lui, l’UE s’est engagée à couvrir l’intégralité des coûts liés à l’achat d’armements américains pour un montant total de 350 milliards de dollars, une grande partie étant destinée à l’Ukraine. « C’est envoyé en Europe, et c’est l’Europe qui paie », a-t-il affirmé, revendiquant un succès commercial au profit de l’industrie américaine de défense.

D. Trump a également salué une évolution radicale concernant la hausse des dépenses des pays membres de l’OTAN. « Nous avons eu une réunion remarquable de l’OTAN il y a quelques semaines. C’était assez exceptionnel, en fait, ce qui s’est passé. Ils ont accepté de passer de 2 % à 5 % [du PIB]. Ils avaient 2 % qu’ils ne couvraient pas. Maintenant, il y a 5 % à payer. Cela fait une grosse différence. Il s’agit de milliers de milliards de dollars, en fait, de milliers de milliards. Mais ils vont dépenser cet argent aux États-Unis pour nos entreprises de défense. Nous allons leur envoyer l’équipement et ils distribueront ce que nous envoyons », a-t-il indiqué.

Le président américain a par ailleurs regretté que ce type de coopération n’ait pas vu le jour plus tôt. « Franchement, c’est ainsi que ça aurait dû se passer il y a trois ans » a ajouté D. Trump qui avait déjà déclaré le 14 juillet que les États-Unis continueraient à fournir des armes à Kiev, sous condition que l’Europe en finance les livraisons, l’OTAN se chargeant de la coordination.

Il avait également évoqué l’imposition de droits de douane pouvant atteindre 100 % à l’encontre des partenaires commerciaux de la Russie, si Moscou et Washington ne parvenaient pas à un accord sur le règlement du conflit en Ukraine dans les 50 jours.

Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a jugé ces déclarations « très sérieuses », tout en appelant à un temps d’analyse. Il a souligné que les propos tenus par le président et les responsables américains n’étaient pas perçus par Kiev comme un appel à la paix, mais comme un encouragement à poursuivre la guerre.

Bellicisme européen

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a assuré que l’Europe «est devenue folle» et se joint à «une insolence internationale» envers la Russie, Lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre à Moscou avec son homologue mozambicaine, Maria Manuela dos Santos Lucash,  il a ajouté que les dirigeants européens «ameutent leurs peuples de toutes les manières possibles, leur faisant croire, dans l’esprit de la propagande de Goebbels, que la Russie est leur ennemi éternel, une menace existentielle, et qu’elle est sur le point d’attaquer l’Europe».

S. Lavrov a souligné que, sous prétexte de la «menace russe», les pays européens appellent leur population à oublier les problèmes sociaux et les échecs économiques afin de consacrer tous les moyens à la militarisation de l’Europe. Il a également exprimé son inquiétude quant aux plans anti-russes des pays européens : «Toute entreprise dont le ministre allemand de la Défense nous menace actuellement, déclarant, par exemple, qu’ils seront prêts à tuer les soldats russes, ou la déclaration des dirigeants de l’OTAN sur leur intention d’écraser de manière préventive la région de Kaliningrad – tout cela envoie, aux yeux de toute personne normale, et je le souligne, une personne normale, un signal très alarmant sur les plans que préparent Bruxelles, Berlin, ainsi que Paris et Londres, bien sûr.»

Le chef de la diplomatie russe a ajouté que la raison de cette stratégie des dirigeants occidentaux réside dans l’impunité, ainsi que dans «l’incitation continuelle du régime de Kiev à poursuivre ses provocations et ses actes terroristes contre les installations et la population civiles russes».

Plus, S. Lavrov a également commenté les tentatives de l’Ukraine d’isoler la Russie de son partenariat avec les pays africains. Selon lui, les raisons en sont «la russophobie et le désir d’effacer tout ce qui est russe de l’histoire des territoires qui ont constitué l’Ukraine après l’effondrement de l’Union soviétique». Le haut diplomate russe a noté que, malheureusement, les pays occidentaux ont porté au pouvoir en Ukraine des «russophobes» qui exécutent les ordres visant à affaiblir la Russie en créant sur le territoire ukrainien des menaces directes pour la sécurité de la Russie.

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