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Guerre génocidaire d’Israël : La canonnière israélienne se déchaine !

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : La canonnière israélienne se déchaine !

L’insécurité, marquée par les bombardements et l’avancée des chars israéliens, a rendu impossible la poursuite des activités médicales dans la bande de Gaza. Une quarantaine de médecins et d’infirmières y travaillaient encore. Tous ont dû se replier vers le sud de l’enclave palestinienne. Mathieu Bichet, directeur médical adjoint de MSF, présent lors de l’évacuation, rappelle les conditions dramatiques dans lesquelles les blouses blanches officient. « On a dû plier bagage très rapidement, en essayant de voir le maximum de patients », ajoutant qu’« hier, on a quand même pu en soigner 150. Ce sont des blessures de guerre : amputations, femmes, enfants, hommes touchés par des attaques aériennes ou par des quadcoptères – des drones armés qui tirent sur les gens ». Plus, rapporte-t-il, « j’ai moi-même soigné une femme blessée à la jambe par un drone, poursuit-il. On voit aussi des plaies anciennes, infectées, dans des états catastrophiques. La plupart de ces patients devraient être hospitalisés en temps normal. Mais la capacité d’accueil à Gaza est extrêmement limitée ».

Les observations de MSF rejoignent celles d’une étude publiée vendredi dans le British Medical Journal (BMJ). Soixante-dix-huit soignants humanitaires, principalement venus d’Europe et d’Amérique du Nord, y décrivent des blessures infligées aux civils palestiniens « plus graves que celles observées dans d’autres conflits modernes ».Deux tiers des répondants avaient déjà travaillé en zones de guerre. « La vaste majorité dit que ce qu’ils ont vu à Gaza est la pire chose qu’ils aient jamais vue », souligne Omar El-Taji, chirurgien britannique et auteur principal de l’étude.

Les médecins et infirmiers interrogés ont recensé plus de 23 700 traumatismes et près de 7 000 blessures liées aux armes, des chiffres proches de ceux fournis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Plus des deux tiers de ces blessures sont causées par des explosions – un taux deux fois plus élevé que dans d’autres conflits civils récents, et comparable à celui observé chez les soldats américains en Irak et en Afghanistan. « La gravité, la distribution et la nature militaire des blessures dépassent ce qui a été rapporté dans les conflits modernes », note l’étude. O.El-Taji raconte avoir vu « un nombre choquant d’enfants avec des brûlures si profondes qu’on voyait le muscle et l’os ».

Selon MSF, environ 400 000 personnes se trouvent encore dans la ville de Gaza, sur un périmètre de 10 km sur 5, à l’ouest. Elles vivent sous les bombardements, dans un territoire où les ressources s’épuisent. « Les gens sont désespérés », témoigne Mathieu Bichet. « Il y a de moins en moins de nourriture sur les marchés. Beaucoup n’ont pas d’autre choix que de rester. Le sud est saturé, certains font même le chemin inverse vers le nord ».

En aout dernier, l’ONU avait officiellement déclaré la famine à Gaza, la première à toucher le Moyen-Orient, après que ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état « catastrophique ». Les soignants internationaux évoquent des conditions de travail extrêmes, avec des hôpitaux submergés. Certains ont dû donner leur propre sang pour compenser l’épuisement des stocks.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué de son côté que, dans la bande de Gaza soumise aux attaques israéliennes et au blocus qui empêche l’acheminement de l’aide humanitaire, un enfant sur trois de moins de 3 ans a passé les dernières 24 heures sans nourriture. Dans un message publié sur la plateforme X, l’UNRWA a partagé des informations sur la situation des enfants à Gaza. L’agence a souligné que les attaques israéliennes avaient des effets extrêmement négatifs sur les enfants et leur enfance, et que de nombreux enfants à Gaza étaient contraints de travailler ou de mendier. Elle a insisté sur le fait que les enfants de la bande de Gaza ont besoin d’un cessez-le-feu.

La bande de Gaza, soumise aux attaques israéliennes et à un strict blocus limitant l’acheminement de l’aide humanitaire, connaît une catastrophe humanitaire avec une propagation de la faim et un manque d’eau, de médicaments, de fournitures médicales et de produits d’hygiène. Les décès augmentent, notamment parmi les enfants, en raison de la faim. Des acteurs locaux et internationaux dénoncent l’utilisation par Israël de la faim et du manque d’eau comme arme.

L’armée israélienne, en détruisant les infrastructures civiles et en touchant 88 % de Gaza, cible fréquemment les Palestiniens déplacés dans leurs lieux d’accueil suite aux ordres d’évacuation. Dans cette région peuplée d’environ 2,3 millions de personnes, près de 2 millions de Palestiniens ont été déplacés par les attaques et les ordres d’évacuation, beaucoup ayant été déplacés à plusieurs reprises. Privés de ressources de base, les Palestiniens déplacés survivent dans des tentes de fortune ou dans des lieux surpeuplés, où les produits d’hygiène manquent, les lavabos sont insuffisants et les écoles deviennent des foyers de maladies contagieuses. L’armée israélienne continue de bombarder quotidiennement ces tentes et autres lieux civils où se trouvent les déplacés.

Le récit sioniste désavoué

Un mois après l’attaque meurtrière de l’armée israélienne contre l’hôpital Nasser à Khan Younis, qui a coûté la vie à 22 personnes, dont cinq journalistes, l’agence Reuters publie les résultats de son enquête qui contredisent la version israélienne. Si Tel Aviv affirme avoir ciblé une caméra du Hamas, les images et témoignages recueillis par Reuters démontrent qu’il s’agissait en réalité d’un appareil utilisé régulièrement par l’agence, recouvert d’un tapis de prière pour le protéger de la poussière et de la chaleur.

Un responsable militaire israélien a reconnu que l’ordre de frapper avait été donné sans l’autorisation requise du commandement régional. Cette violation de la chaîne de commandement s’ajoute au manque d’explications sur plusieurs points clés : l’absence d’avertissement préalable à l’hôpital, la répétition de la frappe neuf minutes après la première, et l’usage d’obus de char jugés disproportionnés par des experts.

Cette affaire intervient dans un contexte où le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) recense plus de 200 journalistes tués depuis le début de la guerre en octobre 2023, dont 193 Palestiniens. Le CPJ souligne qu’aucune enquête officielle israélienne n’a abouti à des responsabilités ni à une révision des règles d’engagement. L’armée israélienne continue d’affirmer qu’elle ne vise pas les journalistes et qu’elle s’efforce de réduire les risques pour les civils. Reuters, qui a examiné plus de 100 vidéos et photos et interrogé des dizaines de témoins, conclut toutefois que l’attaque de Nasser s’inscrit dans un schéma de frappes mortelles contre des professionnels de l’information restées sans explication complète.

Somud en péril

La direction de la Flottille internationale Somoud, qui se dirige vers Gaza pour briser le siège israélien, a affirmé jeudi matin que plusieurs gouvernements ont averti leurs citoyens à bord du navire d’une « attaque israélienne imminente ». Le Grèce a fait savoir qu’elle s’engage à assurer un passage sécurisé pour la Flottille qui se dirige à Gaza. La Flottille Somoud naviguait vers les eaux territoriales grecques afin de réduire le risque d’une attaque israélienne contre les militants à bord.

Des militants à bord du navire Omar Al-Mokhtar ont fait état de trois drones israéliens qui effectuait une « opération de surveillance ». Ils ont affirmé que le navire naviguait toujours seul pour rattraper la flottille. Et d’ajouter : le navire comporte une clinique médicale mobile et poursuivra sa voie malgré les dangers. La flottille ayant déjà subi plusieurs attaques de la part d’Israël qui ont été condamnées par le ministre italien de la Défense. La Flottille internationale Somoud qui vise à briser le blocus dans la bande de Gaza, a précisé avoir subi 12 attaques israéliennes aux drones visant neuf de ses bateaux. Elle a qualifié « d’escalade dangereuse » ces frappes.

Entre-temps, Guido Crosetto, ministre italien de la Défense, a fermement condamné l’attaque contre la flottille voulant acheminer de l’aide à la bande de Gaza. Dans un communiqué, il a ajouté avoir ordonné à un navire de la marine italienne de se diriger vers la flottille pour lui porter assistance. Le ministre italien a en outre annoncé qu’il avait envoyé un navire de la marine italienne dans la région pour éventuellement venir en aide à ses citoyens.

G. Crosetto a souligné que les formes de protestation non violentes et conformes au droit international devaient être préservées dans les démocraties. « Nous ne pouvons que condamner avec la plus grande fermeté l’attaque menée à l’aide de drones par des personnes dont l’identité est actuellement inconnue contre les navires de la Flottille Somoud, à bord desquels se trouvaient également des citoyens italiens », a-t-il déclaré. Et annoncé que la frégate polyvalente « Fasan » de la marine italienne, située au nord de Crète, avait pris la mer pour se rendre dans la région afin de venir en aide à ses ressortissants tout en rappelant que l’attaché militaire de l’ambassade d’Israël à Rome, l’ambassadeur d’Italie à Tel-Aviv et la cellule de crise du ministère italien des Affaires étrangères avaient été informés de l’envoi de la frégate de la marine italienne dans la région.

De son côté, Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a annoncé que son pays avait proposé de remettre l’aide destinée à la flottille pour Gaza au Patriarcat latin afin d’en faciliter l’acheminement.

Lâchage de Microsoft ?

Dans un billet publié jeudi, Brad Smith, président et vice-président de Microsoft, a indiqué que l’entreprise avait « cessé et désactivé un ensemble de services » pour une unité du ministère israélien de la Défense (IMOD). Cette décision fait suite à une enquête du Guardian publiée le 6 août, qui accusait l’armée israélienne d’utiliser la plateforme Azure pour stocker des données issues de la surveillance massive des communications de civils à Gaza et en Cisjordanie. B. Smith rappelle que Microsoft a fondé sa décision sur deux principes fondamentaux : « Nous ne fournissons pas de technologie pour faciliter la surveillance de masse des civils. Nous avons appliqué ce principe dans tous les pays du monde et nous l’affirmons depuis plus de deux décennies, [et] nous respectons et protégeons les droits à la vie privée de nos clients. » L’entreprise a souligné que l’examen interne n’avait jamais impliqué l’accès aux contenus des utilisateurs. « À aucun moment Microsoft n’a accédé au contenu des clients de l’IMOD. Notre examen a porté sur nos propres documents commerciaux, y compris des relevés financiers, des documents internes et des communications par messagerie. »

Le rapport de Microsoft confirme également certaines allégations de l’enquête journalistique, notamment l’utilisation par le ministère israélien de services cloud et d’intelligence artificielle basés aux Pays-Bas. « Nous avons trouvé des preuves qui soutiennent certains éléments du reportage du Guardian, notamment la consommation par l’IMOD de capacité de stockage Azure aux Pays-Bas et l’usage de services d’IA. » Microsoft a donc suspendu certaines souscriptions spécifiques, incluant le stockage cloud et des technologies d’intelligence artificielle : « Nous avons informé l’IMOD de notre décision de cesser et de désactiver des souscriptions et services spécifiques, y compris leur utilisation de services et technologies cloud et IA spécifiques. » L’entreprise assure que cette mesure ne remet pas en cause son rôle dans la cybersécurité régionale : « Cela n’affecte pas le travail important que Microsoft continue de faire pour protéger la cybersécurité d’Israël et d’autres pays du Moyen-Orient. » B. Smith a également salué l’enquête journalistique. « Nous apprécions le travail du Guardian, dont les rapports reposaient en partie sur des sources extérieures à Microsoft auxquelles nous n’avions pas accès en raison de nos engagements en matière de confidentialité. », a-t-il assuré avant de promettre, enfin, que son entreprise continuerait à « être une entreprise guidée par des principes et une éthique, en tenant chaque décision, déclaration et action à ce standard. »

Pour rappel, ce géant du net n’a pas hésité à mettre à la porte nombre de ses cadres qui ont dénoncé l’utilisation par l’armée sioniste des solutions IA livrées à Tel-Aviv. Si Microsoft a jugé bon de limiter son soutien à Israël, il n’en reste pas moins que Palantir, autre fournisseur américain, persiste à épauler la soldatesque sioniste dans ses guerres incendiaires au Moyen-Orient.

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