Intervenant mardi à Rabat lors des Assises Africaines du Gouvernement Ouvert (AAGO 2026), M. Benalilou a insisté sur la nécessité de juger les politiques d’ouverture à l’aune de leurs effets concrets, et non du volume des engagements annoncés. « Le gouvernement ouvert ne se mesure pas au nombre d’engagements, mais à leur impact sur la qualité des politiques publiques et sur la confiance dans les institutions », a-t-il insisté, pointant un décalage persistant entre les annonces et leurs effets concrets.
Face à des responsables institutionnels et à des représentants de la société civile, le président de l’INPPLC a replacé le débat dans un cadre plus large. Selon lui, les enjeux actuels dépassent les mécanismes administratifs classiques et touchent directement « la relation entre l’État et le citoyen », appelant à « passer d’une logique de gestion isolée à une logique participative et multi-niveaux ». Dans ce contexte, il a défendu une lecture plus exigeante des politiques d’ouverture. « Les principes de gouvernement ouvert ne sont plus un choix de gestion, mais un levier politique pour reconstruire la confiance », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre les approches limitées à l’affichage.
Le responsable a également placé la lutte contre la corruption au cœur de cette dynamique. « La probité est une bataille de confiance », a-t-il déclaré, estimant que l’absence de transparence fragilise à la fois l’efficacité des politiques publiques et la crédibilité des institutions. Il a aussi proposé d’élargir le concept de gouvernement ouvert à celui d’ « institutions ouvertes », appelées à concerner l’ensemble du système institutionnel. « Il ne s’agit pas d’une extension technique, mais d’un changement de paradigme », a-t-il expliqué, plaidant pour une gouvernance fondée sur la coordination, la complémentarité et le partage de responsabilité.
Ce repositionnement implique également une évolution du rôle de la société civile. « Elle doit passer d’un rôle consultatif à une participation effective dans la prise de décision », a-t-il insisté, considérant cette transformation comme une condition essentielle à la réussite de toute réforme.
Sur le plan opérationnel, M.Benalilou a annoncé l’adhésion officielle de l’Instance à la dynamique des « institutions ouvertes », avec une série d’engagements structurants. Ceux-ci portent notamment sur le renforcement de la participation citoyenne dans les politiques de lutte contre la corruption, l’amélioration de la coordination entre institutions et le développement de partenariats avec la société civile. « Le défi aujourd’hui n’est plus d’énoncer des principes, mais de les traduire en résultats concrets », a-t-il insisté, résumant l’esprit de cette orientation. Cette démarche s’inscrit aussi dans une dynamique internationale. L’Instance entend ainsi renforcer sa capacité de coordination et d’échange d’expertise dans un cadre multilatéral, marquant une évolution de son positionnement.
Sur le plan continental, le responsable a estimé que l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour construire son propre modèle. « Le continent est en mesure de produire une vision adaptée à ses réalités », a-t-il dit. Dans cette perspective, il a rappelé que Marrakech accueillera en novembre prochain le premier congrès africain de l’initiative pour un gouvernement ouvert dédié aux instances de lutte contre la corruption, présenté comme une étape structurante pour consolider une approche intégrée de la transparence et de la participation.
