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Descente aux enfers des Républicains : Le feu consume les valeurs du Nasdaq aux USA et ailleurs

by Perspectives Med
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Descente aux enfers des Républicains : Le feu consume les valeurs du Nasdaq aux USA et ailleurs

Le Nasdaq 100, indice regroupant cent grandes valeurs non financières américaines dominé par les géants de la technologie, a perdu près de 15% depuis son record historique du 6 octobre. Les « Sept Magnifiques » (Apple, Microsoft, Google, Amazon, Meta, Nvidia et Tesla), locomotives de la Bourse américaine ces dernières années, ont vu leur capitalisation boursière cumulée fondre de 9,5% depuis la même date, soit près de 2.400 milliards de dollars. Nvidia (-24%), Alphabet, la maison mère de Google (-18%) et Meta (-16,5%) ont enregistré les chutes les plus spectaculaires.

En Asie, le Nikkei 225, indice vedette japonais, a perdu plus de 20% depuis son plus haut de fin juin, tandis que l’indice principal sud-coréen, le Kospi, très dépendant des valeurs technologiques, a fondu d’environ 45% sur la même période. Le Taiex taïwanais, qui avait atteint un sommet en même temps que le Nasdaq début octobre, a perdu plus de 20% en un mois.

Plusieurs poids lourds du secteur de l’intelligence artificielle ont enregistré jeudi leur pire séance depuis des mois, voire des années, en raison de craintes d’une régulation renforcée aux États-Unis. L’action du géant des puces Nvidia, deuxième capitalisation boursière mondiale derrière Apple, a chuté de 9,3% jeudi, enregistrant sa pire séance depuis janvier 2025. Le titre de son rival AMD a dévissé de 17,3%. Le titre du fabricant de semi-conducteurs Broadcom a perdu 10,4%, sa plus forte baisse depuis juin, tandis que celui du géant du cloud Oracle a abandonné 6,9%. Les entreprises liées à Elon Musk, soutien financier majeur des républicains durant la campagne, ont elles aussi décroché. L’action Tesla a cédé 10,8%, une chute qui figure au 2e rang des plus fortes baisses de l’année pour le titre, tandis que SpaceX a reculé de 9,1%, classant cette séance au 4e rang des pires depuis son entrée en Bourse en juin 2026. Par rapport à son plus haut datant de mi-juin, SpaceX a perdu près de 36% de sa capitalisation, tandis que celle de Tesla est de 19% inférieure à son record de mai.

L’Europe plonge aussi

Les Bourses européennes sont en net repli vendredi, emportées à leur tour par la déroute des valeurs technologiques à Wall Street et en Asie, les investisseurs redoutant que la victoire des démocrates aux élections américaines ne freine l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Moins exposés au secteur technologique, les indices européens subissent tout de même le contrecoup des baisses asiatiques et américaines. Vers 08H15 GMT, la Bourse de Paris reculait de 1,28 %, Londres cédait 1,45 %, Francfort 1,44 % et Milan 0,96 %.

En Asie, le Nikkei, indice vedette de la Bourse de Tokyo, a terminé en chute de 5,96 % et le Kospi de Séoul sur un plongeon de 6,02 %.

La veille à New York, le Nasdaq, qui regroupe de nombreuses valeurs technologiques, avait plongé de 5,52 %, sa plus forte chute depuis avril 2025, quand le président américain avait imposé des droits de douane au monde entier.

Depuis le début de l’année, les actions européennes font pourtant mieux que les américaines. À la clôture de jeudi, l’indice boursier Stoxx 600, qui regroupe 600 grandes valeurs européennes, gagnait 10,58 % depuis janvier, contre 7,42 % pour le S&P 500 et 4,62 % pour le Nasdaq. Madrid (+12,59 %), Milan (+12,37 %) et Amsterdam (+18,70 %) devancent largement Wall Street tandis que Paris (+0,69 %) fait figure d’exception.

Le marché analyse les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis comme un frein au développement de l’IA, alors que plusieurs nouveaux élus démocrates ont fait campagne pour ralentir la construction de centres de données dans leurs circonscriptions. De plus, les habitants de dizaines de villes américaines ont adopté mardi des restrictions ou des interdictions concernant les « data centers ».

Or les investissements massifs des géants de la tech dans l’IA et la construction de centres de données aux États-Unis ont constitué l’un des principaux moteurs des marchés d’actions et de la croissance américaine ces dernières années. « Le cycle d’investissement dans l’IA » peut se résumer « en trois phases : d’abord l’essor des semi-conducteurs, ensuite la construction massive d’infrastructures, et enfin l’adoption à grande échelle et la monétisation de l’IA. Nous traversons actuellement la transition inconfortable entre la deuxième et la troisième phase », résume Charu Chanana, stratégiste en chef de Saxo Markets.

Les résultats des élections étaient pourtant connus depuis mercredi, jour où Wall Street avait nettement progressé. « Ce qui frappait dans les mouvements d’hier, c’est qu’il n’y avait pas de déclencheur particulier », relève Jim Reid. « Le problème de fond est la concentration : de nombreux portefeuilles qui semblent diversifiés font en réalité le même pari, celui de dépenses ininterrompues dans l’IA. Quand cette hypothèse est remise en cause, les ventes peuvent s’auto-alimenter », explique C. Chanana.

Les entreprises de semi-conducteurs et de puces électroniques, éléments indispensables pour équiper les centres de données, sont les principales victimes du mouvement.

À la cote européenne, le secteur limitait toutefois ses pertes après sa débâcle de la veille : STMicroelectronics cédait 0,36 % et Soitec 0,04 % à Paris, ASML 0,46 % à Amsterdam et Infineon 0,33 % à Francfort. Jeudi, ces titres avaient chuté respectivement de 9,33 %, 16,73 %, 6,55 % et 8,63 %. En Corée du Sud, Samsung Electronics a chuté vendredi de près de 10 %, tandis que SK hynix a perdu plus de 11 %. La débâcle technologique a également affecté les valeurs liées aux semi-conducteurs au Japon, l’action Tokyo Electron reculant d’environ 9 % et Kioxia abandonnant 13 %.

À New York la veille, Broadcom avait plongé de 10,15 %, Micron de 17,17 % et AMD de 17,39 %. Le mastodonte Nvidia, deuxième capitalisation mondiale, avait décroché de 8,91 %, soit une perte d’environ 400 milliards de dollars. Les fournisseurs d’équipements électriques, très liés aux centres de données, reculaient aussi : Schneider Electric perdait 1,01 % et Legrand 1,14 % à Paris, tandis que Siemens Energy était quasiment stable (-0,05 %) à Francfort.

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