« Je suis ici à cause du génocide à Gaza, financé et permis par les gouvernements britannique et américain. (…) Je ne peux pas détourner le regard », s’insurge Amy Hanlon, 44 ans, qui travaille dans le marketing en ligne. Les manifestants se sont rassemblées devant le consulat américain à Edimbourg, capitale écossaise, ainsi que dans la ville d’Aberdeen, poumon économique du nord-est, près de laquelle D. Trump possède un second complexe de golf dans lequel il doit se rendre durant sa visite.
L’arrivée du président américain vendredi soir à Turnberry a transformé cette région pittoresque et habituellement calme du sud-ouest de l’Écosse en une véritable forteresse, avec des routes fermées et de nombreux points de contrôle installés par la police.
A Aberdeen, un homme tenait une pancarte représentant le visage du président américain rouge avec des cornes de diable, selon des images filmées par l’AFP. « Beaucoup de personnes ne font pas confiance à Trump et je suis comme elles. Je pense que c’est un mégalomane », s’est insurgé Graham Hodgson, retraité, rencontré vendredi par l’AFP. « Il fait beaucoup de mal dans le monde avec ses droits de douanes », ajoute-t-il.
« Non seulement il n’est pas le bienvenu ici, mais tout ce que sa politique représente n’est pas le bienvenu non plus », a déclaré Maggie Chapman, députée écossaise du parti des Verts, présente à Aberdeen. « Il est sexiste, misogyne (…) et tout ce qui l’intéresse c’est son enrichissement personel », a-t-elle dénoncé, accusant son golf local, sur lequel un deuxième parcours doit être prochainement inauguré, d’avoir entraîné la destruction d’un site naturel.
D. Trump a atterri à l’aéroport de Prestwick vendredi soir au sud-ouest de Glasgow, où des dizaines de partisans du président américain s’étaient massés pour l’apercevoir. Un garçon portait une pancarte sur laquelle était écrit « Bienvenue Trump », tandis qu’un homme agitait un grand drapeau bleu affichant le slogan « Make America Great Again ». « Ce qu’il y a de mieux avec Trump c’est qu’il n’est pas un homme politique (…) et je pense qu’il défend avant tout les intérêts de son pays », affirme Lee McLean, 46 ans, qui est venu de la ville voisine de Kilmarncock. Selon lui, c’est ce que devraient faire tous les responsables politiques « avant de s’intéresser à ce qui se passe à l’étranger ».
« Célébration »
« Je suis en Ecosse maintenant. Beaucoup de réunions prévues!!! », a annoncé le président américain peu après son arrivée sur son réseau Truth Social. Dimanche, il doit rencontrer Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour des discussions sur l’accord commercial qu’espère conclure l’UE pour éviter des droits de douane massifs. Il doit aussi s’entretenir lundi avec Keir Starmer, Premier ministre britannique.
A sa descente d’avion, le président américain a affirmé que l’heure serait à la « célébration » en matière de commerce après l’accord conclu en juin avec le Royaume-Uni prévoyant des droits de douane réduits pour des produits britanniques. Le dirigeant britannique espère toutefois toujours obtenir des droits réduits durables sur l’acier et l’aluminium.
A son arrivée, D. Trump a également évoqué l’immigration en Europe, appelant les pays européens « à se ressaisir » et à « mettre un terme à cette horrible invasion ».
