S’exprimant lors d’un point presse à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, K. Kallas a indiqué que plusieurs pays avaient mis sur la table des propositions visant à suspendre cet accord bilatéral, ainsi qu’à imposer des restrictions commerciales sur les produits en provenance des colonies israéliennes. Face à eux, d’autres capitales ont exprimé leur opposition. « Étant donné que la suspension de l’accord d’association requiert l’unanimité, le soutien nécessaire n’était pas réuni dans la salle », a expliqué la vice-présidente de la Commission européenne.
Concernant les autres mesures sur la table, soumises au vote à la majorité qualifiée, leur adoption reste suspendue à un changement d’attitude de certaines capitales. « Nous n’avons pas vu cela aujourd’hui, mais ces discussions vont se poursuivre », a précisé K. Kallas. Ces mesures exigent que certains États « fassent évoluer leur position », a-t-elle précisé. « Nous n’avons pas vu cela aujourd’hui, mais ces discussions vont se poursuivre », a-t-elle assuré, laissant la porte ouverte à de futures discussions entre les Vingt-Sept.
Les pays européens étaient divisés sur les relations commerciales avec Israël. L’Espagne et l’Irlande plaidant pour la suspension, tandis que d’autres, dont l’Allemagne, ont exprimé leur opposition à cette idée.
L’Espagne a averti mardi d’un risque de perte de crédibilité de l’Union européenne si elle ne prend pas de mesures plus fermes contre Israël, à la veille d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg. « Notre crédibilité est en jeu », a déclaré le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares, appelant le bloc à suspendre son accord d’association avec Israël en raison de violations présumées du droit international.
L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie poussent pour que l’UE rouvre le débat sur cet accord, qui accorde aux produits israéliens un accès préférentiel aux marchés européens.
En mai 2025, l’UE avait accepté de réexaminer cet accord. Un mois plus tard, la Commission européenne avait estimé avoir identifié des « indications » selon lesquelles Israël pourrait ne pas respecter ses obligations en matière de droits humains, sans proposer de mesures concrètes. Depuis, la situation s’est, selon lui, « fortement aggravée ». Il a évoqué le Liban, où il dit observer des bombardements « indiscriminés » contre des civils et des ordres de déplacement forcé empêchant les populations de revenir chez elles, ainsi que des attaques contre des casques bleus de l’ONU, incluant la détention d’un soldat espagnol de la FINUL.
J-Manuel. Albares a également dénoncé la hausse des violences en Cisjordanie et critiqué des lois qu’il juge discriminatoires, notamment l’application de la peine de mort « exclusivement aux Palestiniens ». Concernant Gaza, il a évoqué des « violations systématiques » du cessez-le-feu et une incertitude sur les avancées vers une deuxième phase. « Nous devons dire clairement à Israël qu’il doit changer de politique. La guerre ne peut pas être sa seule manière de se comporter avec ses voisins », a-t-il déclaré.
Le ministre a interrogé les conditions nécessaires pour une réaction européenne : « Que doit-il encore se passer pour que l’Union européenne réagisse à ces violations du droit international et des droits humains ? » Il a ajouté que l’inaction affaiblirait la position de l’UE dans d’autres conflits, notamment la guerre menée par la Russie en Ukraine, appelant à une voix européenne unifiée.
L’Espagne a déjà restreint ses échanges commerciaux avec les colonies israéliennes dans les territoires occupés et se dit prête à adopter de nouvelles mesures. « Ce que nous ne pouvons pas faire, c’est rester inactifs pendant que la situation s’aggrave chaque jour », a conclu le chef de la diplomatie espagnole, estimant qu’un retour à une relation normale avec Israël n’est pas possible si la situation actuelle perdure.
Boycott de l’Eurovision
Plus de 1 000 musiciens et travailleurs culturels ont signé mardi une lettre ouverte appelant au boycott de l’Eurovision en raison de la participation d’Israël, selon l’initiative à l’origine de l’appel. La lettre, organisée par le groupe « No Music for Genocide » (Pas de musique pour le génocide), demande aux artistes, diffuseurs, équipes techniques et fans de retirer leur soutien au concours tant que l’Union européenne de radio-télévision (EBU) n’exclut pas le diffuseur public israélien KAN.
Parmi les signataires figurent des artistes internationaux tels que Brian Eno, Massive Attack, Kneecap et Roger Waters, ainsi que d’anciens gagnants de l’Eurovision comme Emmelie de Forest et Charlie McGettigan.
Le texte estime que le maintien d’Israël dans la compétition, alors que la Russie est suspendue depuis 2022 en raison de la guerre en Ukraine, révèle une « hypocrisie » dans les politiques de l’EBU. Il cite une déclaration de 2022 selon laquelle la présence de la Russie « discréditerait la compétition ». Les signataires affirment que « plus de 30 mois de génocide à Gaza, ainsi que le nettoyage ethnique et les expropriations en Cisjordanie occupée, ne sont pas considérés comme suffisants pour appliquer la même politique à Israël ». Ils appellent les acteurs de l’industrie à prendre position, estimant que « le silence passif n’est pas une option ».
Le communiqué salue également les diffuseurs et participants ayant renoncé à certaines sélections nationales en signe de protestation dans plusieurs pays européens. La prochaine édition de l’Eurovision est prévue en Autriche du 12 au 16 mai.
L’Autorité palestinienne a annoncé mardi que deux Palestiniens, dont un adolescent de 14 ans, avaient été tués par des tirs de colons israéliens dans le centre de la Cisjordanie occupée, l’armée israélienne indiquant que les circonstances faisaient l’objet d’un examen. Les habitants assurent avoir été la cible d’une attaque de colons, appuyés par l’armée israélienne.
