Le cabinet de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a approuvé, le 21 avril, une réforme majeure autorisant désormais le Japon à exporter des équipements militaires létaux. Cette décision marque une inflexion historique de la politique de défense du pays, longtemps encadrée par une doctrine pacifiste héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Jusqu’ici, les règles en vigueur limitaient strictement les exportations japonaises à du matériel non létal, comme des équipements de surveillance ou de déminage. Désormais, selon les autorités japonaises, des armes telles que des avions de chasse, des missiles et des navires de guerre pourront être vendues à l’étranger, sous conditions.
Dans une déclaration publiée sur le réseau X, S. Takaichi a justifié cette évolution par la dégradation de l’environnement sécuritaire international. « Aucun pays ne peut désormais assurer seul sa paix et sa sécurité », a-t-elle affirmé, précisant que les transferts seront limités à des États respectant la Charte des Nations unies.
Selon la presse japonaise, au moins 17 pays pourraient être éligibles à ces achats, parmi lesquels l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et l’Indonésie. Ces derniers mois, Tokyo a déjà renforcé sa coopération militaire avec Canberra, notamment via un contrat de 7 milliards de dollars pour la construction de navires de guerre. Cette évolution s’accompagne d’un débat interne sensible au Japon, où toute remise en cause du pacifisme constitutionnel reste controversée. La réforme intervient alors que la dirigeante japonaise est régulièrement décrite comme favorable à une ligne sécuritaire plus affirmée face aux tensions régionales, notamment avec la Chine.
