Un premier convoi d’une soixantaine de camions-citernes transportant des produits pétroliers est arrivé dans le nord du Niger durant le week-end du 31 octobre au 1er novembre, sous escorte militaire algérienne. Après avoir franchi la frontière, il a été accueilli par des éléments des Forces armées nigériennes (FAN). L’ensemble du convoi est arrivé à destination le 31 octobre à Agadez, dans le nord du pays.
Les autorités locales ont salué cette assistance logistique de l’Algérie, alors que le Niger fait face à des tensions sur son approvisionnement en carburant. Cette opération intervient dans un contexte de rapprochement entre Niamey et Alger, dont la coopération porte également sur les volets économique et sécuritaire. Plusieurs infrastructures et projets présents sur le territoire nigérien nécessitent une sécurisation accrue.
La situation régionale constitue également un enjeu pour Alger, qui partage des frontières avec le Niger et la Libye. Les autorités algériennes suivent notamment de près les évolutions sécuritaires au Sahel et les influences extérieures dans la région, dont celle des Émirats arabes unis. Le déploiement de militaires algériens au Niger avait été approuvé fin octobre par le Parlement algérien.
Cette décision marque une évolution notable de la politique militaire extérieure de l’Algérie, qui n’avait plus autorisé de déploiement de ses forces armées à l’étranger depuis 1973.
Au-delà de cette première opération logistique, plusieurs sources évoquent l’installation prochaine d’une unité militaire algérienne à Niamey, la capitale nigérienne. Un autre site militaire situé dans le nord-est du Niger, qui avait auparavant servi de quartier général aux forces françaises, pourrait également accueillir des soldats algériens. Cette zone stratégique, au cœur du Sahara et à proximité des frontières algérienne et libyenne, est confrontée à diverses activités de trafics illicites. L’éventuelle implantation de forces algériennes dans ces secteurs s’inscrirait ainsi dans une stratégie de coopération sécuritaire renforcée entre Alger et Niamey, dans un environnement régional marqué par des enjeux militaires et géopolitiques croissants.

