Percées de l’armée de Sanaa sur les fronts de Taëz et Lahij : Vers le verrouillage total de Bab El Mandeb

by Perspectives Med
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Percées de l’armée de Sanaa sur les fronts de Taëz et Lahij : Vers le verrouillage total de Bab El Mandeb

Ces mêmes sources ont expliqué à Al-Akhbar que les forces de Sanaa ont progressé dans la zone de Tour al-Bahah et se sont approchées de la ligne côtière s’étendant de Khor Omeira jusqu’au sud de Bab al-Mandeb. Elles ont indiqué qu’après le parachèvement du contrôle sur les hauteurs de Al-Moudaraba, Ras al-Ara, Tour al-Bahah, la chaîne montagneuse de Al-Subaiha et de vastes zones du district de Al-Qabbaytah — qui constitue une zone de contact stratégique entre Taëz et Lahij —, la chute du front de Karach sous le contrôle d’« Ansar Allah » n’est plus qu’une question de temps.

Ainsi, les forces de Sanaa imposent une nouvelle réalité militaire sur les fronts de Lahij, situés au nord-ouest d’Aden. Selon une source militaire, l’incursion dans Tour al-Bahah s’est produite en plein effondrement de la « 4ᵉ brigade » rattachée au parti Al-Islah et commandée par Abou Bakr al-Jabouli. La source a précisé que des dizaines de véhicules militaires et de pick-ups armés des forces d’al-Jabouli ont abandonné leurs positions et quitté la zone. Ce repli fait suite à l’avancée d’Ansarullah depuis les axes d’Haïfan et de Al-Maqatira. Le mouvement a encerclé plusieurs bataillons affiliés à l’Arabie saoudite, capturé l’ensemble des effectifs d’un bataillon et saisi une centaine de véhicules militaires modernes.

Face à ces développements qui placent la base d’Al-Anad dans leur collimateur, des sources militaires informées à Aden indiquent que le commandement saoudien a ordonné aux forces du « Bouclier de la patrie » (Daraa al-Watan) de se redéployer et de transférer leurs armes lourdes vers Aden. Des officiers saoudiens ont d’ailleurs procédé, ces deux derniers jours, au retrait de grandes quantités d’armements modernes de cette même base.

Sur ce même front, les forces de Sanaa ont achevé dimanche la sécurisation des districts occidentaux de la province de Lahij, situés aux portes d’Aden, à la suite d’une vaste opération menée sur plusieurs fronts. Des sources tribales ont rapporté que des groupes de ces forces, avançant depuis l’ouest de Al-Maqatira, ont opéré la jonction avec d’autres formations et se sont enfoncés à travers l’est de Al-Moudaraba et Ras al-Ara en direction du centre de Tour al-Bahah. Alors que ces trois districts constituent le rempart occidental de la province de Lahij, la mainmise d’Ansarullah sur cette zone renforce son contrôle sur le couloir maritime s’étendant de la mer Rouge jusqu’au golfe d’Aden, en passant par Bab al-Mandeb sur une longueur de 100 kilomètres.

En passant de la sécurisation des chaînes montagneuses et des hauteurs surplombant le littoral — de Bab al-Mandeb jusqu’aux abords de Ras Omran à Aden —, les forces de Sanaa ont déplacé les affrontements vers les villages, localités et districts d’où sont issues les troupes chargées par l’Arabie saoudite de la mission au sud de Bab al-Mandeb. Elles se trouvent désormais à deux doigts de prendre le contrôle de vastes côtes stratégiques, dont certaines servent au trafic d’êtres humains en provenance de la Corne de l’Afrique et d’autres à la contrebande de pesticides agricoles toxiques.

Sur ce fond de crise, des voix se sont élevées dans le Sud pour exiger des factions salafistes envoyées par l’Arabie saoudite au sud de Bab al-Mandeb d’évacuer d’urgence leurs positions et de regagner les environs d’Aden pour défendre la ville. Cela s’est accompagné de manifestations nocturnes dans la ville réclamant le départ des factions saoudiennes et la fin de la militarisation d’Aden afin de lui épargner des frappes aériennes. Toutefois, le parti Al-Islah a accusé le « Conseil de transition du Sud » (STC) de connivence avec le mouvement Ansarullah par rancœur envers l’Arabie saoudite, qui avait utilisé les forces du « Bouclier de la patrie » et des « Urgences » salafistes pour liquider sa présence militaire dans les provinces du Sud à la fin de l’année dernière. Ces accusations se sont intensifiées après que des convois saoudiens ont fait l’objet d’embuscades dans plusieurs provinces méridionales où des attaques ont intercepté des renforts saoudiens sur la route d’Al-Abr – Chabwa, dans l’est du Yémen. Des hommes armés non identifiés ont également attaqué un convoi militaire des factions du « Bouclier de la patrie » à Abyan, tuant le commandant de la brigade, le général de brigade Muhammad Ahmad al-Houmayqani, ainsi que 5 autres officiers.

En contrepartie, des dirigeants du « Conseil de transition du Sud » ont appelé, ces deux derniers jours, les factions sud-yéménites des « Géants » (Al-Amalaqa) basées au sud de Bab al-Mandeb à retourner immédiatement à Aden et à ériger des lignes de défense autour de la ville avant sa chute. L’analyste militaire Ali al-Nassi avait d’ailleurs mis en garde contre les risques de la progression des forces de Sanaa vers Aden, soulignant que les factions du Sud combattant aux côtés de l’Arabie saoudite se retrouveraient en boucs émissaires dans une bataille saoudienne perdue d’avance à Bab al-Mandeb, et que leur devoir était de se redéployer aux portes de la ville.

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