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Crise migratoire de Sebta : E. Macron apporte son soutien à P. Sanchez

by Perspectives Med
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Crise migratoire de Sebta : E. Macron apporte son soutien à P. Sanchez

En conférence conjointe avec Pedro Sánchez au palais de la Moncloa, Emmanuel Macron a précisé que « l’Espagne n’a pas organisé ce franchissement de frontière ». Il a qualifié les événements d’« attaque aux multiples facettes », orchestrée via les réseaux sociaux incitant des milliers de personnes, y compris des mineurs, à risquer leur vie. Il a également déploré la mort de 141 personnes tentant de rejoindre l’Espagne. Le président français a défendu la gestion de cette crise par le gouvernement de P.Sánchez et de noter le manque de solidarité de certains pays européens, allusion à l’Italie, soutenue par Madrid lors de la crise migratoire à Lampedusa.

L’hôte de l’Elysée a salué les efforts mis en place, en collaboration avec les autorités marocaines, pour renvoyer vers leur pays d’origine les migrants actuellement présents à Sebta. Il a rappelé que le travail « progresse bien » et qu’il doit se poursuivre. Comme il a plaidé pour un renforcement de la coordination européenne en matière de sécurité et pour la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile, visant à améliorer le contrôle des frontières de l’Union et à organiser les rapatriements. E. Macron a insisté sur l’importance de respecter la dignité humaine, considérant les approches simplistes et les accusations publiques comme inefficaces et « inappropriées ».

Le couple royal dans les Présides

Après des semaines de spéculations médiatiques en Espagne concernant une visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Sebta et Melilla, des sources du Palais Royal et du gouvernement espagnol ont confirmé jeudi que le déplacement aurait lieu le 13 octobre. Ce sera la première visite du couple royal dans ces Présides revendiquées par le Maroc depuis l’intronisation de Felipe VI en juin 2014.

Ce déplacement convenu entre le gouvernement et le Palais royal intervient deux mois et demi après l’arrivée de plus de 80 000 migrants à Sebta en provenance du Maroc. Il s’agira seulement de la deuxième visite de monarques espagnols dans ces villes depuis la restauration de la monarchie, après celle de Juan Carlos Ier et de la reine Sofía, les 6 et 7 novembre 2007.

Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, avait annoncé cette visite fin août, soulignant qu’il y avait « plus qu’assez d’arguments et de raisons » pour qu’elle ait lieu, promettant qu’elle serait organisée dès que les conditions appropriées seraient réunies.

Felipe VI a suivi de près la situation à SEbta depuis le début des passages, s’entretenant avec P. Sánchez et Juan Jesús Vivas, président de la ville, qu’il a reçu au palais de Marivent le 6 août. Le 7 septembre, il a également rencontré, en tenue militaire, la ministre de la Défense et des hauts responsables militaires pour évaluer la situation d’un point de vue défensif.

Lors d’un dîner en l’honneur du président français Emmanuel Macron, le roi a qualifié les événements à Sebta d’« inacceptables », déclarant qu’ils constituaient une violation des frontières espagnoles et européennes. Il a insisté sur le fait que les pays en première ligne extérieure de l’Union européenne ne pouvaient être laissés seuls face à cette responsabilité commune.

Les médias espagnols avaient relié le report de la visite à la volonté du gouvernement d’éviter des tensions avec Rabat, après que les événements de fin juillet ont ravivé les revendications du Maroc sur ces villes. Dans ce contexte, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, a affirmé que le roi et la reine n’avaient besoin d’aucune approbation pour se rendre dans «n’importe quelle ville espagnole», précisant que le Maroc pourrait être informé de certains détails par simple courtoisie diplomatique.

La visite royale de 2007 avait provoqué l’indignation du Maroc, qui considère Sebta et Melilla comme des villes occupées, poussant Rabat à rappeler pour consultations  Omar Azziman, à l’époque ambassadeur à Madrid, qui n’avait repris ses fonctions que deux mois plus tard.

Le mont de la discorde

A signaler que le gouvernement espagnol a été exhorté de réactiver le groupe de travail chargé de délimiter les espaces maritimes entre l’Espagne et le Maroc, ainsi que de faire reconnaître au niveau international les activités maritimes des îles Canaries en tant qu’archipel disposant de tous les droits qui lui sont attachés. Cette demande a été faite par la commission chargée des communautés autonomes au Sénat espagnol qui a approuvé une proposition non législative présentée par le Groupe parlementaire plurinominal au Sénat (GPPLU), ayant recueilli 35 voix de sénateurs contre 18 voix contre et 1 abstention.

Cette demande s’appuie sur une volonté espagnole de présenter les « îles Canaries comme un archipel à part entière » et pas comme un ensemble d’îles distinctes afin de faire de profiter Madrid d’une reconnaissance internationale, surtout après la découverte de minerais et de ressources du sous-sol stratégiques, tels que le tellure, le cobalt et les terres rares, à proximité du mont Tropic.

Selon la motion, la demande s’appuie sur « l’importance géopolitique, économique et environnementale de la délimitation de ces frontières maritimes ». Le texte rappelle qu’« il est demandé la reconnaissance des Canaries en tant qu’archipel de plein droit sur la base du droit international public afin de pouvoir délimiter les espaces maritimes qui correspondent aux Canaries en tant qu’archipel et non en tant qu’îles ».

La motion souligne que « la délimitation des eaux canariennes et la compétence sur celles-ci n’ont pas été exemptées de polémiques et d’intérêts géostratégiques », en estimant que la situation a conduit à une « indétermination avec le Royaume du Maroc, qui s’est récemment accentuée en raison des découvertes de tellure, de cobalt et de terres rares à proximité du mont Tropic, dans les eaux de l’océan Atlantique, à environ 250 milles des îles Canaries ».

Les sénateurs espagnols auteurs de la motion avouent que la motivation derrière est « économique » et « géopolitique » étant donné qu’une grande partie des technologies utilisées actuellement et à l’avenir dépendant largement de ces « matières premières critiques ». Ils ont également réussi à créer un lien entre leur volonté de prendre « le contrôle des gisements potentiels de terres rares proches des eaux canariennes » avec une supposée garantie que les extractions futures se fassent sans « mettre en péril » les écosystèmes marins ou le secteur touristique.

Plus, les auteurs de la motion ne se sont pas arrêtés à l’Espagne, en estimant que « le contrôle du mont Tropic par l’Union européenne aidera à la diversification de ses approvisionnements et à la possibilité de rivaliser avec les grandes puissances internationales ». Et d’insister en mentionnant la Chine qui « a réussi à s’approprier une part importante des réserves mondiales de terres rares » servant notamment à la fabrication de panneaux solaires et de batteries pour véhicules électriques, soutenant que « leur obtention sera donc clé à l’avenir ».

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