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Liberté de la presse : RSF revient sur les années sombres d’Akhannouch

by Perspectives Med
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Reporters sans frontières (RSF) a choisi de marquer de son sceau les résultats des législatives qui ont sanctionné le RNI. L’ONG a publié un bilan concernant la liberté de la presse sur les cinq années du gouvernement Akhannouch. Elle souligne des pressions judiciaires persistantes sur le terrain ainsi que dans l'espace numérique sur les journalistes et les médias.

L’organisation pointe du doigt le recours aux tribunaux, les dysfonctionnements de l’autorégulation, les restrictions sur le travail de terrain et l’augmentation du harcèlement en ligne, marquant le paysage médiatique depuis les élections de 2021. RSF affirme que la justice est restée un outil important de pression contre les journalistes critiques, dénonçant l’usage du Code pénal dans de nombreuses affaires, plutôt que du Code de la presse et de l’édition.

Elle souligne par ailleurs la décision des condamnations rendues par la Cour de cassation en juillet 2023 à l’encontre de Omar Radi et Souleymane Raissouni, ainsi que celle de Hamid El Mahdaoui à 18 mois de prison en novembre 2024. Et d’ajouter également les nombreuses procédures contre H. El Mahdaoui en 2025, les poursuites en cours depuis 2013 contre Ali Anouzla, et l’arrestation du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet à son arrivée au Maroc en juillet 2026, suivi d’une libération trois jours plus tard, l’instruction est toujours en cours.

De plus, la fermeture du journal Akhbar Al Yaoum en mars 2021 est également rapporté dans le bilan, en lien avec son directeur, Taoufik Bouachrine, et son ancien rédacteur en chef, Soulaimane Raissouni.

RSF revient sur la grâce royale du 29 juillet 2024 concernant plusieurs journalistes. Elle estime que cette libération n’a pas mis un terme aux pressions, ainsi qu’aux campagnes de harcèlement en ligne visant certains journalistes libérés ainsi que leurs familles.

Concernant l’autorégulation, l’organisation note que le Conseil national de la presse (CNP) fonctionne depuis 2023 dans un cadre transitoire, après une prolongation exceptionnelle de son mandat en octobre 2022 et la mise en place d’une commission provisoire. La réforme du cadre juridique régissant le Conseil, modifiée suite à l’intervention de la Cour constitutionnelle et adoptée en juin 2026, a suscité des critiques ravivant les inquiétudes sur la liberté de la presse.

RSF rapporte plusieurs cas d’entraves au travail des journalistes, notamment l’expulsion des journalistes français Quentin Müller et Thérèse Di Campo, le 23 septembre 2023, lors de leur enquête à Casablanca. L’organisation note aussi les problèmes rencontrés lors des manifestations GenZ 212 à l’automne 2025. Parallèlement, elle documente une hausse des campagnes de diffamation et de harcèlement en ligne, touchant plusieurs journalistes depuis fin juillet, avec un pic entre les 14 et 16 septembre, lors de la campagne électorale.

Reporters sans frontières classe le Maroc au 105e rang sur 180 pays dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2026, contre la 120e place en 2025.

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