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De la Cisjordanie à Gaza : Les dérives mortelles d’Israël se poursuivent

by Perspectives Med
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De la Cisjordanie à Gaza : Les dérives mortelles d’Israël se poursuivent

L’impunité d’Israël est-elle à l’ordre du jour ? Aux USA, principal bastion de soutien à l’entité sioniste, un groupe de sénateurs démocrates américains a présenté un projet de loi visant à sanctionner les individus ou les groupes qui facilitent le « projet E1 » d’Israël. Il s’agit d’un plan de colonisation de la Cisjordanie largement condamné. La présentation de ce projet de loi est le dernier signe en date des tensions croissantes entre les démocrates au Congrès et le gouvernement israélien concernant sa gestion de la Cisjordanie. De nombreux membres du Parti démocrate — et quelques républicains — réclament des restrictions sur l’aide militaire américaine à Israël en raison de sa conduite de la guerre à Gaza.

Récemment, des élus démocrates américains ont également interpellé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ils l’exhortaient à mettre un terme aux violences commises par les colons de Cisjordanie et aux arrestations massives de Palestiniens par les forces de sécurité israéliennes dans le territoire occupé.

Les principaux parrains de cette mesure sont : Chris Coons du Delaware, Elizabeth Warren du Massachusetts, Ron Wyden de l’Oregon et Ruben Gallego de l’Arizona. Les démocrates ne contrôlent actuellement que 47 sièges sur les 100 que compte le Sénat. Toutefois, les sondages montrent qu’ils pourraient remporter la majorité lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, face aux républicains du président Donald Trump, qui se sont étroitement alliés à B. Netanyahu. Le projet de loi imposerait des sanctions aux sociétés étrangères, aux individus ou à d’autres entités que le département du Trésor jugerait responsables ou complices de la construction de colonies israéliennes ou de structures connexes dans la zone E1 de Cisjordanie, y compris en soumettant une offre pour des appels d’offres E1.

Sur le terrain, parallèlement aux opérations menées par l’armée israélienne et les colons contre les Palestiniens, on signale la blessure  d’un soldat israélien mercredi lors d’une attaque à la voiture bélier au point de contrôle militaire de Beit Ur (Maccabim), à l’ouest de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie occupée, tandis que l’auteur de l’attaque, Mahmoud Suleiman, a été tué. L’armée a déclaré dans un communiqué que l’homme blessé était un soldat de ses rangs qui se trouvait à bord d’un véhicule de police près du point de contrôle militaire de Beit Ur, dans la brigade Benjamin.

La chaîne israélienne Channel 14 a cité une source affirmant que le soldat blessé lors de l’attaque à la voiture bélier était le fils de Yehiel Leiter, ambassadeur d’Israël à Washington. La police israélienne a déclaré dans un communiqué que « l’auteur des faits a foncé avec sa voiture sur une patrouille de police et a renversé l’un de ses agents, le blessant grièvement ». L’ambassadeur d’Israël à Washington a déclaré dans un message publié sur la plateforme X que les équipes médicales « se battent pour maintenir en vie mon fils Neria Dov Ben Hana, qui a besoin d’un miracle », ajoutant : « Mon fils sert dans la réserve depuis le 7 octobre, sur différents fronts, pendant des centaines de jours après la mort de son frère Moshe. »

De son côté, le ministère palestinien de la Santé a annoncé avoir été informé du « martyre du jeune homme Mahmoud Muhammad Mahmoud Suleiman (29 ans) par des balles de l’armée d’occupation près du village de Beit Ur al-Tahta, à l’ouest de Ramallah, et de la détention de son corps ».

Complicité US

Début septembre, des responsables américains à Jérusalem et à Washington ont préparé un projet de déclaration attribué au secrétaire d’État Marco Rubio condamnant les projets de la Grande-Bretagne, de la France et du Canada d’interdire les importations en provenance des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Le document suggérait à M. Rubio de qualifier les projets des trois pays d’une série d’actions hostiles contre Israël, contribuant à l’antisémitisme. Ce document, daté du 8 septembre, n’avait pas été rendu public auparavant.

Deux sources ont indiqué à Reuters qu’il avait été préparé à l’initiative de David Milstein, conseiller influent de l’ambassadeur américain en Israël. Le projet de document affirmait que « ces plans découlent de manière inacceptable de stratégies antisémites telles que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) ». Cependant, cette déclaration n’a jamais été publiée.

Selon trois sources proches du dossier, cette déclaration n’a pas reçu le soutien de la Maison Blanche ni des hauts responsables du Département d’État. Au lieu de cela, dans ses remarques aux journalistes le 8 septembre en Floride avant de se rendre en Amérique latine, M. Rubio s’est abstenu de critiquer explicitement la décision ou un pays en particulier. « Il est évident que nous ne ferons pas comme le Royaume-Uni. Nous avons pris connaissance de leur annonce aujourd’hui, mais je n’ai aucun commentaire à faire à ce sujet pour le moment », a noté le secrétaire d’Etat US.

Cet incident met en lumière un clivage idéologique croissant au sein de la droite américaine concernant le soutien à Israël, les sondages montrant que les jeunes républicains adoptent de plus en plus une vision négative du plus proche allié de Washington au Moyen-Orient.

D. Milstein, collaborateur de Mike Huckabee, a appelé l’an dernier les États-Unis à imposer des sanctions à l’ensemble de la Cour pénale internationale (CPI) pour la contraindre à abandonner les accusations de crimes de guerre portées contre les dirigeants israéliens concernant la guerre de Gaza, une mesure que l’administration Trump n’a pas encore prise.

Pour sa part, un haut responsable américain a déclaré à Reuters que le projet de déclaration n’avait pas été préparé en consultation avec le département d’État ni avec la Maison Blanche.

Vœux pieux

A La Tribune des Nations-Unies, le Président américain s’est évertué à défendre « son » bilan « pacificateur » incluant la Bande de Gaza où une guerre génocidaire a été menée par Tel-Aviv, avec le soutien agissant des Américains, mais aussi des puissances occidentales. Toutefois, le bilan de D. Trump parait pour le moins bien maigre. Ainsi, le Conseil de paix a dévoilé à New York un plan de 2,45 milliards de dollars sur six mois pour amorcer le redressement de Gaza. Présenté en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le programme piloté par le chef de la Maison Blanche met en avant 66 projets : déblaiement des gravats, réparation d’hôpitaux et de routes, logements temporaires, relance des petites entreprises, santé ou encore rétablissement des services publics.

Sur le papier, le plan veut donc faire passer Gaza de l’urgence humanitaire à la reconstruction. Mais les chiffres montrent immédiatement ses limites. Le Conseil estime lui-même les destructions à 35,2 milliards de dollars et les besoins nécessaires au redressement à 71,4 milliards. Les 2,45 milliards annoncés ne représentent ainsi qu’une infime fraction de la somme nécessaire. Surtout, l’intégralité du financement n’est pas encore garantie.

Une part importante du budget ne sera d’ailleurs pas consacrée directement à la reconstruction. Le volet « paix et sécurité » prévoit notamment la construction de bases, le recrutement et l’équipement d’une Force internationale de stabilisation, ainsi que le développement d’une nouvelle police palestinienne. Le plan prévoit parallèlement la démilitarisation de Gaza et le désarmement du Hamas. C’est là que se trouve le principal obstacle. Presque un an après le cessez-le-feu d’octobre 2025, la reconstruction reste largement bloquée. Israël continue de restreindre l’entrée de certains équipements et matériaux, invoquant des impératifs de sécurité, tandis que ses frappes se poursuivent. Israël contrôle toujours une grande partie de l’enclave. Le projet dépend donc moins de ses milliards que d’un accord politique qui n’existe pas encore pleinement. Israël n’a accepté que certains éléments du dispositif et le désarmement du Hamas reste à mettre en œuvre. C’est tout le paradoxe du plan D. Trump : il détaille la reconstruction du territoire alors que les conditions permettant de reconstruire durablement ne sont toujours pas réunies. Sans accès aux matériaux, sans sécurité durable, gouvernance acceptée et financement à long terme, les 2,5 milliards risquent surtout de rester une première enveloppe très éloignée de l’ampleur réelle du chantier.

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