Parmi les « cibles » de cette campagne ennemie figure la maison d’un responsable scout à Nabatieh al-Fawqa, alors que le président de la République et le premier ministre n’y ont pas trouvé matière à publier le moindre communiqué ni même à évoquer ces agressions. Les habitants de la ville de Nabatieh et de ses villages environnants ont passé une autre longue nuit d’agressions rythmée par les frappes aériennes et de violents tirs d’artillerie, qui ont semé une atmosphère de tension et de panique.
Dès après minuit, alors que les regards étaient tournés vers le Golfe et les affrontements en cours entre l’Iran et les États-Unis, l’aviation de chasse ennemie a mené une série de raids sur le quartier d’Al-Rouweis, dans le village de Nabatieh al-Fawqa, ciblant et détruisant de nouvelles maisons de civils, selon l’Agence Nationale d’Information (ANI). De même, le village d’Arab Salim a été visé à l’aube par une frappe d’un avion de chasse ennemi, qui a ciblé et détruit le local du waqf rattaché au cimetière du village.
Ce local abritait du matériel d’excavation et des chariots de transport pour le creusement des tombes. La frappe a également causé d’importants dégâts aux sépultures, détruisant de nombreuses stèles mortuaires et brisant les vitres de dizaines de maisons environnantes, plongeant les habitants du village dans la terreur et la tension. À l’aube, un drone a mené une frappe au engin téléguidé visant la maison de Haidar Houmani, responsable au sein des Scouts Al-Rissala, dans le quartier d’Al-Rouweis à Nabatieh al-Fawqa ; aucune victime n’a été signalée, selon la même source.
Pendant ce temps, l’artillerie a pilonné violemment et de manière soutenue tout au long de la nuit les hauteurs d’Ali al-Tahir, les abords de la colline de Dabché aux lisières nord de Nabatieh al-Fawqa, Dawhat Kfarremmane, ainsi que les lisières de Mayfadoun et Zawtar al-Charqiya, où l’ennemi a fait usage d’obus au phosphore interdits par le droit international. Au matin, les lisières de Zawtar al-Charqiya ont fait l’objet de tirs de ratissage aux armes automatiques lourdes.
Le commandement de l’armée libanaise a mis en garde contre le risque de se laisser entraîner dans la diffusion de « fausses informations » la ciblant, publiées par les médias israéliens, soulignant que ses membres accomplissent leurs devoirs de manière responsable et sans aucun motif caché.
« Récemment, des allégations ont paru, attribuées à des médias israéliens hostiles, concernant des positions liées à l’armée et à ses missions dans le sud, ainsi que d’autres informations fabriquées de toutes pièces », indique un communiqué relayé par ANI. Tout en affirmant que « le personnel de l’institution est attaché à ses directives et aux tâches qui lui sont confiées, et s’acquitte de ses fonctions en se fondant sur sa conviction de sa responsabilité nationale de défendre la souveraineté, la sécurité et la stabilité du Liban, indépendamment de tout autre calcul ou considération », le commandement de l’armée a souligné qu’il « bénéficie de la confiance des pays frères et amis, qui continuent de soutenir l’armée en raison de leur conviction de l’importance de son rôle, notamment au vu des circonstances exceptionnelles et des défis auxquels le Liban est confronté ». Il a averti que « le moment choisi pour lancer et propager ces rumeurs, à un stade très délicat et sensible, révèle la gravité des tentatives visant à cibler l’armée et son commandement, à semer le doute au sein de l’institution et à saper la confiance entre celle-ci et le peuple libanais », notant que « les campagnes de désinformation, quels que soient les acteurs qui les soutiennent, n’affecteront pas la cohésion de l’institution militaire ni l’accomplissement de ses missions, et ne la dissuaderont pas de poursuivre ses efforts pour préserver la sécurité et la stabilité du Liban. »
Lundi dernier, l’Autorité de radiodiffusion israélienne a cité un responsable américain anonyme affirmant que des officiers de l’armée libanaise avaient informé les Américains qu’ils s’opposaient au retrait d’Israël du sud du Liban à ce stade, craignant que le Hezbollah ne revienne dans ces régions. Elle a fait remarquer qu’Israël est insatisfait des performances de l’armée libanaise jusqu’à présent dans les zones couvertes par la phase pilote au sud du Liban.
Depuis la signature par les autorités libanaises de l’accord-cadre avec l’ennemi israélien le 26 juin à Washington, les agressions, les dévastations et les destructions israéliennes n’ont pas connu de répit au sud du Liban. Pendant 67 jours, du 26 juin au 31 août 2026, il ne s’est pratiquement pas passé une heure dans le sud du Liban sans que l’on entende l’explosion due à un raid israélien ou d’une opération systématique de bombardement et de démolition ciblant des maisons et des quartiers résidentiels, constate le quotidien libanais al-Akhbar.
D’après les statistiques de terrain qu’il a récoltées, le sud du Liban a subi plus de 190 frappes aériennes menées par des avions de combat et des drones israéliens durant cette période, ainsi que plus de 225 bombardements et explosions visant des habitations, des bâtiments et des quartiers résidentiels.
Par ailleurs, une cinquantaine de bombardements ont été perpétrés simultanément en « chaînes » d’attaques. Le nombre précis d’explosions dans chaque série n’est pas encore connu.
Outre les 465 attaques documentées par raids aériens, bombardements et opérations de démolition, Al-Akhbar a recensé environ 190 attaques supplémentaires, perpétrés par des tirs d’artillerie lourde, des bombardements de chars, des largages de bombes et de matières incendiaires par drones, ainsi que des opérations de ratissage et des tirs répétés de mitrailleuses.
Ainsi, le total s’élève à au moins 655 attaques documentées en seulement 67 jours, soit une moyenne de près de 10 par jour.
Selon al-Akhbar, les bombardements et la démolition directe de maisons et d’infrastructures et des terres agricoles représentent la plus grande part de ces attaques, soit environ 59 %, contre environ 41 % pour les raids aériens.
Ce qui selon lui reflète clairement une approche israélienne organisée visant à saper les fondements de la vie et à transformer les villages, en particulier les villages frontaliers, en zones de ruines et de destruction inhabitable.
Nabatiyeh al-Fawqa arrive en tête de liste des zones les plus exposées aux attaques, avec environ 60 attaques recensées, suivie d’al-Mansouri avec environ 50 attaques. À Kfar Tebnite, 23 attaques ont été recensées, principalement des bombardements et des démolitions, tandis qu’Hadatha, Zawtar al-Sharqiya et Taybeh ont chacune enregistré 16 attaques.
Par ailleurs, 14 attaques ont été enregistrées dans la zone de Mansouri-Majdal Zoun, 13 à Qantara et 12 à al-Khiam et Markaba, toutes dans le cadre d’opérations de démolition et de bombardement visant des habitations et des bâtiments résidentiels, causant des destructions importantes. Al-Akhbar reproche aux autorités libanaises « impuissantes », qui s’étaient empressées de promouvoir l’accord-cadre comme une réussite politique et diplomatique, de faire preuve d’une « incompétence et de mépris des principes les plus fondamentaux de la souveraineté nationale et de la dignité de leurs citoyens », des villages du sud, tandis que les attaques se poursuivent sans relâche.

