Les Etats-Unis vont frapper l’Iran durement pour riposter aux attaques contre des bases américaines en Jordanie, a assuré mercredi D. Trump dans un entretien à Fox News, ajoutant que les frappes américano-saoudiennes en Irak avaient été « coordonnées » avec Bagdad. « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain selon ses propos rapportés par un journaliste de la chaîne américaine.
Donald Trump a dit que « les forces américaines n’ont eu que quelques minutes pour abattre ces missiles balistiques iraniens qui arrivaient », selon le journaliste Trey Yingst, qui s’est entretenu hors antenne avec le président. Le reporter l’a aussi interrogé sur les bombardements menés par les Etats-Unis et de l’Arabie saoudite contre des positions de groupes de mobilisation populaire Hachd al-Chaabi. Le président américain « a dit que ces frappes étaient coordonnées avec le gouvernement irakien », a déclaré le journaliste.
Peu avant, la présidence irakienne a pourtant dénoncé, sans nommer les Etats-Unis ni l’Arabie saoudite, « les bombardements qui ont visé les bases du Hachd al-Chaabi », qui ont combattu Daech avec l’aide de consultants iraniens, les considérant comme une « attaque inacceptable et une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles ». Selon le Hachd al-Chaabi, qui dénonce une « agression », au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés dans ces frappes.
Le Corps des Gardiens de la révolution iranien (CGRI) a averti qu’« il faut impérativement que cessent les menaces des responsables américains et leurs interventions illégales contre nos intérêts », soulignant que « tant que les menaces se poursuivent, accompagnées de mesures illégales et d’actes d’agression, la résistance continuera elle aussi ». Par ailleurs, ils ont annoncé que la Force aérospatiale a ciblé la base aérienne et le siège du Commandement central de l’armée américaine en Jordanie avec plusieurs missiles balistiques.
Des médias avaient déjà relayé des informations sur cette frappe ; Reuters a rapporté, citant le site Axios, le tir de missiles balistiques en direction d’une base américaine en Jordanie, tandis que l’agence Fars, citant des sources arabes, a fait état d’explosions entendues dans le ciel jordanien. Les Gardiens de la révolution avaient auparavant averti « la population des pays où sont stationnés les soldats américains de ne pas rester à proximité d’eux », après que « de nombreux officiers et soldats de l’armée américaine agresseuse ont quitté leurs bases par crainte du feu des combattants islamiques, investissant des bâtiments dans les villes pour y commettre leurs crimes ».
Dans un contexte similaire, la Marine du Corps des Gardiens de la révolution a annoncé que ses forces ont ciblé et arraisonné trois pétroliers en infraction qui poursuivaient leur navigation sur un itinéraire dangereux et illégal, réaffirmant l’exercice par l’Iran de son plein contrôle sur le détroit d’Ormuz.
Téhéran rejette la proposition de Mascat
Sur un autre plan, un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran a rejeté la proposition du sultanat d’Oman concernant la gestion régionale conjointe du détroit d’Ormuz, considérant que l’Iran et le sultanat d’Oman sont les deux seules parties qui devraient gérer le détroit, chacune dans sa zone de contrôle, sans ingérence d’aucune autre partie. Le responsable a déclaré que la proposition « n’a aucune chance de succès », expliquant que l’Iran respecte le sultanat d’Oman en tant que pays voisin et médiateur important, mais qu’un accord basé sur un partage égal du contrôle à un ratio « 50/50 » entre les deux pays « ne servirait pas les intérêts de Téhéran ».
Il a ajouté que les États-Unis et l’Arabie saoudite tentent de faire pression sur le sultanat d’Oman pour qu’il accepte des plans « irréalistes », soulignant que l’ensemble de l’entrée du détroit, ainsi qu’une partie de la voie de sortie, devraient être sous contrôle iranien. Il a expliqué que le sultanat d’Oman devrait superviser la partie qui relève de sa souveraineté, soulignant que les routes méridionales du détroit, qui traversent les eaux territoriales omanaises, pourraient présenter un danger pour la navigation.
Une source du Golfe a indiqué hier à Reuters qu’Oman avait présenté à l’Iran une proposition visant à établir un mécanisme régional conjoint pour gérer le détroit d’Ormuz, qui inclurait l’imposition de redevances volontaires pour l’utilisation de cette voie navigable. La source a ajouté que la proposition, qui bénéficie du soutien des États du Golfe selon d’autres sources, stipule que l’Iran ne devrait pas exercer de contrôle unilatéral sur le détroit, dans le cadre des efforts visant à mettre fin aux perturbations commerciales causées par le conflit.
Dans ce contexte, Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, a expliqué que l’Iran propose de négocier avec le sultanat d’Oman la mise en place d’une route temporaire dans le détroit d’Ormuz, qui remplacerait temporairement les routes du nord et du sud si un accord était trouvé.
Dans une interview télévisée, il a ajouté que « la proposition initiale était conjointe, et l’Iran et le sultanat d’Oman ont convenu d’examiner d’autres options. Nous avons deux propositions, l’une de notre côté et l’autre du côté omanais. » Et souligné que les pourparlers en cours se concentrent actuellement sur le premier volet avec le Sultanat d’Oman, ajoutant : « Si nous parvenons à un accord avec Oman, nous passerons à l’étape suivante, qui est l’ouverture du détroit d’Ormuz, et en contrepartie l’obtention de concessions dans les domaines de la guerre, du blocus, des sanctions et autres. »
« Nous n’avons aucun projet en ce sens pour le moment, et il n’y a pas de discussions en cours », ajoutant que Téhéran tient à s’assurer que « tout progrès en matière de compréhension n’incite pas les États-Unis à s’habituer à entrer et sortir et à discuter quand bon leur semble », rappelant qu’« il n’y a pas de négociations avec les États-Unis ».
« Après une nouvelle série d’affrontements, le détroit d’Ormuz a été fermé, et l’affirmation des Américains selon laquelle il est ouvert est un pur non-sens », a-t-il affirmé ajoutant que le passage « d’un navire de contrebande tous les deux ou trois jours à ses risques et périls ne signifie pas que le détroit est ouvert ».

