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M. Black Wind poursuivi en état d’arrestation : Les appels à la relaxe de l’artiste se multiplient ici et ailleurs

by Perspectives Med
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M. Black Wind poursuivi en état d’arrestation : Les appels à la relaxe de l’artiste se multiplient ici et ailleurs

Le cinéaste et rappeur El Mahdi Lyoubi, alias Black Wind, a été notifié de son interdiction de quitter le territoire national, le 10 juillet dernier à l’aéroport de Casablanca, peu avant son retour en France. En détention provisoire, il a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Casablanca, pour « outrage à une institution constitutionnelle ». Son arrestation a suscité un élan de solidarité, dont de nombreux artistes, demandant sa remise en liberté.

Le comité de soutien de l’artiste a appelé à des rassemblements à « Casablanca, Marseille, Genève, Paris, Amsterdam et en Bretagne ». Des concerts et des projections sont prévus dans les prochains jours. Avant son arrestation, Black Wind s’est d’ailleurs produit sur plusieurs scènes nationales et à l’étranger. Parmi ses dernières prestations au Maroc figure celle de septembre 2025 à Casablanca, à l’occasion du festival L’Boulevard. L’artiste a également donné des concerts en Turquie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France et en Suisse. Cinéaste de formation, il réalise ses propres clips et a signé une vingtaine de singles, un EP, ainsi que deux albums vinyles.

Le rappeur s’est fait connaître par son registre musical au caractère politique assumé dès les années 2010, marquées par le Printemps arabe -. Installé à Marseille depuis 2017, il a gardé sa proximité avec les jeunes mouvements de protestation, dont celui de la génération Z (GenZ 212). Au fil des ans, son répertoire a exploré les thématiques de l’exil et du déracinement, des défis sociaux et des difficultés de la vie quotidienne, ainsi que de la solidarité et du collectivisme.

C’est dans ce contexte que son comité de soutien estime que l’arrestation n’est « pas un cas isolé ». « Depuis l’automne 2025, plusieurs artistes ont été poursuivis ou condamnés au Maroc pour le contenu de leurs œuvres ou de leurs publications », note l’instance. Celle-ci rappelle le cas du rappeur Jawad Asradi (Pause Flow), arrêté en novembre 2025 et condamné à trois mois de prison avec sursis pour outrage à un corps constitué, à cause des paroles de plusieurs de ses chansons. Elle rappelle aussi la condamnation à six mois de prison avec sursis du rappeur Hamza Raid. En mars 2026, le rappeur Souhaib Qabli a pour sa part écopé de huit mois de prison ferme pour outrage à une institution constitutionnelle et diffusion de fausses informations. En février de la même année, la distributrice de cinéma Zineb Kharroubi a été condamnée à six mois de prison avec sursis pour incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique.

Signée par un nombre important d’artistes, rappeurs, musiciens, acteurs et réalisateurs, mais aussi par des parlementaires anciens ou actuels, outre des journalistes et des militants associatifs, une pétition a été lancée par le comité de soutien de Black Wind. Parmi les signataires figurent Don Bigg, Khtek, ElGrande Toto, Ouenza, Dizzy Dros, Raid et 7liwa, des auteurs-compositeurs comme Oum, Younès Mégri, et Rhita Nattah, ainsi que des cinéastes comme Faouzi Bensaïdi, Saïd Hamich, Fatym Layachi, et Sonia Terrab. Les signataires y expriment leur « profonde inquiétude » sur une affaire qui « ne concerne pas uniquement Mehdi ».

« Elle soulève des questions fondamentales relatives au respect des principes de l’Etat de droit, notamment la présomption d’innocence, les garanties d’un procès équitable, ainsi que la liberté de création et d’expression, garanties par l’article 25 de la Constitution marocaine, l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui protège la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui consacre le droit de chacun à participer librement à la vie culturelle », relève encore le texte.

Le comité de soutien de Black Wind estime que « le placement en détention provisoire doit demeurer une mesure exceptionnelle ». Ceci est d’autant plus vrai que « la présomption d’innocence, principe fondamental et universel, doit rester la règle jusqu’au prononcé d’une décision de justice définitive », ajoute-t-il, demandant « la libération immédiate du rappeur et réalisateur» ou, «à tout le moins, sa mise en liberté provisoire jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire ».

Par la même occasion, l’instance appelle à « la fin des poursuites visant les rappeurs, et plus largement les artistes, en raison de leurs opinions, de leurs prises de position ou de leurs œuvres ».

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