L’arrestation, confirmée par son épouse Laura Feliú dans des déclaration à l’agence espagnole EFE, a été condamnée par l’Instance marocaine de soutien aux détenus politiques». L’ONG réclame dans un communiqué « la libération immédiate » du journaliste.
Ce n’est que dans la journée de mardi que le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Casablanca a annoncé que, l’intéressé a été interpellé à l’aéroport de Tanger sur la base de plusieurs avis de recherche émis précédemment à son encontre. Selon un communiqué du parquet, cette arrestation intervient en raison de soupçons concernant des actes considérés comme des infractions par la loi, liés à la publication par le journaliste de plusieurs contenus numériques qui relèveraient du champ pénal, notamment pour diffamation, injures à l’encontre de personnes et d’institutions, ainsi que pour atteinte à des organismes régis par la loi. Le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Casablanca précise que, sur instructions du parquet, l’intéressé a été transféré au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca, chargée de l’enquête. Il a été placé en garde à vue, dans le cadre des investigations menées sous la supervision du ministère public, afin d’être interrogé sur les faits qui lui sont reprochés.
Le parquet affirme que cette procédure se déroule dans le strict respect des garanties légales et procédurales accordées à l’intéressé, ainsi que du principe de présomption d’innocence. Et ajoute, enfin, que le prévenu sera présenté devant le parquet dès la fin de l’enquête, afin de prendre les mesures judiciaires appropriées à la lumière des résultats des investigations.
Ce triste épisode s’ajoute à d’autres au terme desquels des formations politiques progressistes et des associations de défense des droits de l’homme dénoncent les reculs sur les acquis démocratiques. En effet, nombre de journalistes sont poursuivis, y compris par des ministres de l’actuel gouvernement, tandis que plusieurs activistes ont été embastillés pour avoir exprimé leurs opinions sur les réseaux sociaux. Souvent, les poursuites se font via le code pénal et non pas le code de la presse. Pourtant, la liberté d’expression est garantie par la Constitution.

