S’appuyant sur les projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le rapport estime que la production africaine d’hydrogène propre pourrait atteindre 1,2 million de tonnes à l’horizon 2030, à condition que les 31 projets actuellement en développement soient effectivement mis en service. À ce jour, la production continentale demeure toutefois marginale, avec environ 6.000 tonnes d’hydrogène à faibles émissions, issues de projets d’électrolyse. L’Afrique du Sud, l’Égypte et la Namibie occupent actuellement les premières places en matière de production.
Le document met en évidence une forte concentration géographique des futurs volumes de production. Le Maroc, l’Égypte et la Namibie devraient à eux seuls représenter plus de 80 % de l’hydrogène propre produit en Afrique à l’horizon 2030. L’ensemble de cette production reposera sur la technologie des électrolyseurs, avec des projets totalisant une capacité installée visée de 17 gigawatts, soit une moyenne de 560 mégawatts par projet.
Cette ambition reste néanmoins confrontée à d’importants défis. Le rapport considère que ces objectifs pourraient s’avérer difficiles à atteindre dans un délai aussi court, soulignant l’écart persistant entre les annonces et l’avancement réel des investissements. À ce stade, seuls 2 % des projets africains d’hydrogène propre ont franchi l’étape de la décision finale d’investissement (Final Investment Decision – FID), condition indispensable avant le lancement effectif des chantiers.
L’étude rappelle également les différentes catégories d’hydrogène à faibles émissions. L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau grâce à l’électricité issue des énergies renouvelables, tandis que l’hydrogène bleu est obtenu à partir de combustibles fossiles en intégrant des technologies de captage et de stockage du carbone. Ces deux filières constituent des alternatives à l’hydrogène conventionnel, qui demeure largement dominant puisqu’il représente encore 99 % de la production mondiale, évaluée à 100 millions de tonnes en 2025.
Au-delà de 2030, les perspectives demeurent tout aussi ambitieuses. L’Unité de recherche sur l’énergie fait état de 20 projets supplémentaires dont l’entrée en exploitation est prévue après cette échéance. Leur mise en service porterait la capacité de production du continent à 8,5 millions de tonnes par an, dont plus de 1,9 million de tonnes pour la seule Égypte.
Le rapport souligne que ces ambitions reposent sur un potentiel naturel exceptionnel. Grâce à des ressources abondantes en énergie solaire et en éolien terrestre, dont les capacités sont estimées à plus de 1.000 térawatts, l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour s’imposer comme l’un des principaux pôles mondiaux de production d’hydrogène vert. Plus de 60 % de ce potentiel en énergies renouvelables est concentré dans les pays ayant adopté des politiques volontaristes en faveur de la transition énergétique, relève encore l’étude. Cette disponibilité énergétique pourrait non seulement répondre à la demande intérieure, mais également soutenir le développement des exportations d’hydrogène vers les marchés internationaux.
En revanche, la filière de l’hydrogène bleu reste quasiment absente du paysage africain. Bien que le continent concentre 7 % des réserves mondiales de gaz naturel, principalement situées au Nigeria, en Algérie, en Égypte et en Libye, l’Agence internationale de l’énergie indique qu’aucun projet commercial ni aucun programme de production d’hydrogène à partir du gaz avec captage du carbone n’est actuellement en développement en Afrique. Seule exception recensée : un projet de traitement du gaz en Libye, doté d’une capacité de 1,6 million de tonnes, dont la mise en service est programmée avant 2030.

