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Risque pays : Le Maroc sauvegarde, dans la douleur, sa notation Coface

by Perspectives Med
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Risque pays : Le Maroc sauvegarde, dans la douleur, sa notation Coface

Cette stabilité intervient au moment où Coface a procédé à huit déclassements de pays et à 45 modifications d’évaluations sectorielles, dont 41 déclassements. Le choc provoqué par plus de quinze semaines de tensions au Moyen-Orient et par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz a déjà affecté les chaînes d’approvisionnement, les coûts énergétiques, les prix du fret, les intrants industriels et les anticipations d’inflation.

Dans ce panorama, le Maroc conserve un profil plus solide que plusieurs pays de son voisinage immédiat. L’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Mauritanie et la Libye restent associées à des niveaux de risque plus élevés ou nettement plus dégradés. Pour le Royaume, le maintien de la note « B » reflète des fondamentaux macroéconomiques solides, une diversification progressive de l’économie, une attractivité industrielle croissante et une amélioration du climat des affaires. Il traduit également la persistance de certaines fragilités, liées notamment à la forte prédominance des très petites entreprises, souvent plus vulnérables aux retards de paiement, aux tensions de trésorerie et aux chocs de coûts.

Coface souligne que l’impact direct du conflit au Moyen-Orient sera inégal sur les économies africaines. Le Maroc figure toutefois parmi les pays les plus concernés par la consommation de produits pétroliers, aux côtés de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et du Nigeria. Autrement dit, le Royaume n’est pas en première ligne géographique, mais il reste exposé par sa facture énergétique, ses besoins industriels et la sensibilité de certains secteurs au coût du transport et des intrants.

Le risque n’est donc pas seulement pétrolier. Il est aussi alimentaire, logistique et financier. Coface anticipe un ralentissement de la croissance africaine autour de 3,8% en 2026, avant 3,9% en 2027, sous l’effet combiné de la hausse des prix, des tensions sur les engrais, des conditions météorologiques défavorables et du durcissement des conditions de financement. Pour le Maroc, cette lecture renvoie directement à plusieurs vulnérabilités connues : dépendance énergétique, poids des importations, pression sur les marges des entreprises et sensibilité du pouvoir d’achat aux prix alimentaires.

La stabilité de la notation marocaine ne signifie toutefois pas que l’économie est à l’abri des turbulences. Dans un contexte où les délais de paiement constituent déjà un défi structurel, une hausse durable des coûts de production, de transport ou de financement pourrait rapidement peser sur les trésoreries des entreprises les plus fragiles, en particulier les TPE.

Le principal enjeu se situe désormais dans la capacité du tissu productif à absorber un choc importé sans compromettre les investissements. Les secteurs intégrés aux chaînes de valeur mondiales demeurent sensibles à la volatilité des coûts logistiques et des matières premières, tandis que les activités orientées vers le marché intérieur restent tributaires de l’évolution du pouvoir d’achat et des conditions de crédit.

Coface rappelle que les défaillances d’entreprises continuent de progresser dans les économies avancées, avec une accélération observée au premier trimestre 2026. Même si le Maroc n’est pas directement cité parmi les pays concernés, cette tendance constitue un indicateur de vigilance. Les économies où le tissu productif est majoritairement composé de petites structures sont généralement plus exposées lorsque les conditions financières se durcissent.

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