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Essor des PME : BAM série les obstacles au développement

by Perspectives Med
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Essor des PME : BAM série les obstacles au développement

Pourquoi tant de petites entreprises restent-elles petites ? C’est l’une des questions au cœur d’un nouveau working paper publié par Bank Al-Maghrib, consacré à la croissance des entreprises dans les pays en développement, avec un focus sur la région MENA, dont le Maroc.

L’étude, menée à partir de données portant sur 18.697 entreprises formelles dans 11 pays de la région, dresse un constat nuancé. D’un côté, les entreprises marocaines affichent des performances relativement solides. Leur croissance annuelle moyenne de l’emploi atteint 7,4%, soit plus du double de la moyenne régionale établie à 3,4%. Même constat sur le chiffre d’affaires : les entreprises marocaines enregistrent une progression moyenne de 9,2%, alors que la moyenne globale de l’échantillon ressort en territoire négatif, à -5,5%.

Ces chiffres traduisent une certaine résilience du tissu entrepreneurial marocain dans un environnement régional souvent marqué par l’instabilité économique et politique. Mais ils masquent une faiblesse plus profonde : la difficulté des entreprises à atteindre une taille intermédiaire capable de générer durablement de l’investissement, des gains de productivité et des emplois massifs.

L’étude souligne ainsi que 67% des entreprises analysées restent de petite taille, avec entre 5 et 19 salariés. Si les petites structures affichent généralement des rythmes de croissance plus rapides à leurs débuts, beaucoup peinent ensuite à maintenir cette dynamique sur la durée. À mesure qu’elles vieillissent, leur croissance ralentit, limitant leur capacité à devenir de véritables moteurs de création d’emplois.

Autre enseignement majeur : les entreprises qui investissent dans la technologie performent nettement mieux. Les sociétés qui consacrent des ressources à la recherche et développement, à la formation de leurs salariés, à l’innovation produit ou process, à l’export ou encore à la digitalisation enregistrent des niveaux de croissance supérieurs aux autres.

L’étude montre notamment que les entreprises disposant d’un site web, investissant dans le capital productif ou développant des activités à l’export améliorent sensiblement leur trajectoire de croissance. Un signal qui conforte les ambitions du Maroc en matière de montée en gamme industrielle et de transformation numérique.

Le financement reste toutefois l’un des principaux points de blocage. Seules 13% des entreprises étudiées disposent d’un prêt bancaire, tandis que 24% bénéficient d’une facilité de découvert. À l’inverse, de nombreuses structures continuent de recourir à des solutions plus fragiles, comme les prêts personnels des dirigeants ou le crédit fournisseur.

Les auteurs soulignent que l’accès au financement bancaire améliore significativement la croissance des entreprises, particulièrement pour les petites et moyennes structures, alors que le recours au financement informel tend à freiner leur expansion.

Au-delà du financement, l’étude insiste également sur le poids de l’environnement des affaires. Inflation, lourdeurs administratives, pression réglementaire, concurrence informelle ou encore gouvernance institutionnelle influencent directement la capacité des entreprises à se développer.

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