Depuis mars 2025, la dynamique acridienne s’est intensifiée dans la région. Au Maroc, des groupes d’adultes reproducteurs ont été détectés dans les provinces du Sud. Ces populations, bien qu’éparses pour le moment, entament une phase de reproduction printanière qui fait craindre une explosion des effectifs dans les semaines à venir. Des bandes larvaires ont d’ores et déjà été observées chez nos voisins algériens ainsi qu’au Tchad, confirmant l’ampleur du foyer régional.
Le rapport souligne une baisse paradoxale des interventions au mois de mars, avec seulement 17.962 hectares traités à l’échelle régionale, contre plus de 25.000 en février. Ce recul de la lutte inquiète alors que les prévisions indiquent une multiplication des groupes larvaires dans les zones de reproduction printanière.
Pour le Maroc, l’enjeu est double : préserver la sécurité alimentaire des zones vulnérables et empêcher l’extension des essaims vers les régions agricoles plus au nord. Les autorités acridiennes nationales devraient intensifier la surveillance et les opérations de traitement chimique et biologique dans les périmètres identifiés.
Face à une menace qui ignore les frontières, la FAO insiste sur l’impératif de la coopération entre les pays du Maghreb. Le partage d’informations en temps réel et l’implication des communautés locales sont présentés comme les seuls leviers efficaces pour contenir cette crise écologique et agricole avant qu’elle ne se transforme en invasion majeure.
