jeudi, avril 30, 2026
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Le blocus américain des ports iraniens maintenu : Washington cherche à asphyxier Téhéran…

by Perspectives Med
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Le blocus américain des ports iraniens maintenu : Washington cherche à asphyxier Téhéran…

Axios a rapporté que Donald Trump a déclaré que le blocus naval contre l’Iran resterait en place jusqu’à ce que Téhéran accepte un accord répondant aux préoccupations américaines concernant son programme nucléaire. « Le blocus est quelque peu plus efficace que le bombardement », a déclaré le Président américain à Axios, ajoutant que l’Iran faisait face à une pression croissante et « ne peut pas disposer d’une arme nucléaire ». Ainsi, il a opté pour le rejet de la proposition de Téhéran visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, choisissant plutôt de maintenir un blocus naval pour faire pression sur Téhéran concernant son programme nucléaire, selon Axios mercredi.

« Le blocus est quelque peu plus efficace que le bombardement. Ils sont en train d’étouffer », a déclaré D. Trump à l’organe de presse.  « Cela va être pire pour » l’Iran.  Il a affirmé que l’Iran cherche un accord pour lever le blocus américain sur cette voie navigable stratégiquement importante. Plus, il a affirmé que l’incapacité à exporter du pétrole a laissé l’infrastructure iranienne « proche de l’explosion ».

Si D. Trump considère le blocus comme un levier puissant, des sources ont indiqué à Axios que le Commandement central américain (CENTCOM) a élaboré des plans pour une vague de frappes aériennes « brève et puissante » afin de briser l’impasse diplomatique si l’Iran ne cède pas. Selon ces mêmes sources, le locataire de la Maison Blanche n’a pas encore autorisé d’action cinétique. Ce qui n’a pas empêché les Marines américains opérant en mer d’Arabie d’investir, mardi, un navire commercial soupçonné de tenter de rejoindre des ports iraniens sous blocus, puis l’ont libéré, selon le commandement central américain (CENTCOM). « Plus tôt dans la journée en mer d’Arabie, des Marines américains de la 31e unité expéditionnaire maritime ont embarqué sur le M/V Blue Star III », a écrit le CENTCOM sur la plateforme sociale américaine X. Le CENTCOM a ajouté que 39 navires ont été « redirigés pour assurer le respect » du blocus.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a été fortement perturbé depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, secouant les marchés mondiaux de l’énergie et suscitant des craintes de dommages économiques durables. Selon l’ONU, le trafic des navires dans ce passage a chuté de 95,3 % depuis le début de la guerre, tandis que les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 6 %.

Un cessez-le-feu négocié par le Pakistan reste en vigueur. Aucune nouvelle négociation visant à mettre fin définitivement au conflit n’a encore été planifiée, après que le président américain  a annulé la visite de ses envoyés dans la capitale pakistanaise, Islamabad, ce week-end. Islamabad indique être toujours disposé à favoriser la reprise des négociations entre les belligérants.

Mise en garde iranienne

Une source sécuritaire iranienne de haut rang a mis en garde que le blocus naval imposé par les Etats-Unis aux ports iraniens se heurtera bientôt à une « action militaire concrète et sans précédent » alors que les Etats-Unis envisagent un blocus à long terme. Lors d’une interview mercredi accordée au média iranien Press TV, cette source a qualifié ce blocus de « piraterie et de banditisme » avertissant que « toute patience a une limite ». « Les États-Unis n’ont pas face à eux, un adversaire passif ou prévisible et nous l’avons prouvé lors des récentes agressions imposées », a-t-il affirmé.

Cette source a indiqué que la retenue observée jusqu’à présent les forces armées iraniennes s’inscrit dans le cadre des efforts de la République islamique de donner une chance à la diplomatie, permettant ainsi aux États-Unis de prendre connaissance des conditions posées par l’Iran pour une fin de guerre définitive et de les accepter. Cette pause, a-t-il ajouté, avait pour but d’accorder au président américain l’opportunité de sortir les États-Unis du bourbier actuel. Toutefois, si l’obstination et les illusions américaines persistent et que les conditions de la République islamique sont rejetées, le responsable iranien a averti que l’ennemi devait s’attendre prochainement à « une riposte d’un tout autre ordre ».

Cette même source a par ailleurs averti que le blocus et la fermeture du détroit d’Ormuz par les États-Unis pourraient, à terme, nuire davantage aux États-Unis qu’à l’Iran, et qu’une riposte décisive est jugée nécessaire par le haut commandement militaire afin de discréditer définitivement cette dernière option américaine.

Dans ce contexte, un responsable de la Maison Blanche a rapporté que D. Trump et des représentants de compagnies pétrolières ont discuté des mesures à prendre pour prolonger l’embargo contre l’Iran pendant des mois, si nécessaire. Selon le Wall Street Journal, le chef de la Maison Blanche a ordonné aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un blocus prolongé des ports iraniens, dans le but de forcer Téhéran à abandonner son programme nucléaire. D. Trump estime que l’Iran ne négocie pas de bonne foi et espère le contraindre à suspendre l’enrichissement d’uranium pendant 20 ans et à accepter des restrictions strictes après cette période.

Le journal a cité des responsables affirmant que le président américain avait décidé, lors d’une réunion tenue lundi dans la salle des opérations de la Maison Blanche, que les deux options, la reprise des bombardements ou le retrait de la guerre, comportaient un grand risque. Il a informé les responsables que l’alternative était que la marine américaine continue de bloquer les exportations de pétrole iranien jusqu’à ce que Téhéran accepte toutes les exigences de Washington.

La Commission parlementaire iranienne de la sécurité nationale a affirmé mercredi que les forces armées sont « pleinement préparées et prêtes à contrecarrer toute folie ou nouvelle agression contre le pays » estimant que « l’ère de l’intimidation arrogante est révolue ».

Assurant que l’unité et l’harmonie nationales sous la bannière du Guide suprême de la Révolution et de la République « ont brisé toutes les équations de l’arrogance », la Commission a assuré que les forces armées constituent « un rempart impénétrable contre les menaces ». Elle a également souligné que « la République islamique a prouvé qu’elle ne ferait preuve d’aucune indulgence à l’égard des droits de son peuple et de l’unité de son territoire », insistant sur le fait que « l’ère de l’agression impunie et de l’intimidation arrogante est révolue face à la volonté inébranlable du peuple iranien ».

Dans ce contexte, Alaeddin Boroujerdi, membre de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, a affirmé pour l’agence Tasnim news que « le contrôle de son pays sur le détroit d’Ormuz est éternel » A l’adresse du président américain Donald Trump il a menacé : « Nous ne le laisserons pas tranquille. »

La veille mardi, le vice-ministre iranien de la Défense chargé du développement de la gestion et de la planification stratégique, le général de brigade Reza Talaei, a déclaré que les États-Unis « ne sont plus en mesure d’imposer leur politique aux nations indépendantes ». Cette déclaration intervient après l’arrivée de R. Talaei au Kirghizistan à la tête d’une délégation militaire pour participer à une réunion des ministres de la Défense des États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, à savoir le Kirghizistan, la Russie, le Pakistan et le Bélarusse.

Lors de ses entretiens séparés avec les ministres, le haut gradé a souligné que Washington finira par comprendre qu’il doit abandonner ses exigences illégales et illogiques, grâce à la résilience du peuple iranien et de ses forces armées. « Nous sommes prêts à transmettre notre expérience de la défaite de Washington aux membres de Shanghai », a-t-il aussi proposé, soulignant que « le monde entier considère aujourd’hui les États-Unis et Israël comme des symboles du terrorisme d’État ».

« Outre sa capacité à garantir une défense solide et à répondre aux besoins de ses forces armées, l’Iran est prêt à partager ses capacités de défense et d’armement avec les pays indépendants, notamment les États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai », a déclaré R. Talaei.

En riposte à l’agression américano-israélienne au cours de laquelle 13 mille raids ont été perpétrés contre l’Iran, Téhéran a riposté en bombardant Israël ainsi que les bases et intérêts américains dans les pays du golfe. Il a aussi bloqué le détroit d’Ormuz par lequel transite le tiers du pétrole mondial, provoquant une crise mondiale.

Régime change

En Israël, David Barnea, chef du Mossad, a déclaré que la bataille contre l’Iran ne prendra fin qu’avec un changement de régime, soulignant qu’il était prévu à l’avance qu’elle se poursuive bien après un cessez-le-feu et la cessation des combats. Selon le Yediot Aharonot, cette déclaration a été faite lors d’une cérémonie organisée par le Mossad (service de renseignement extérieur israélien) pour honorer plusieurs opérations et projets de renseignement.

D. Barnea a annoncé que le Mossad a obtenu des renseignements stratégiques et tactiques sur le noyau secret de l’ennemi et a démontré des capacités opérationnelles nouvelles et novatrices dans les pays ciblés. Et ajouté que « le Mossad a opéré une transformation dans son mode opératoire, devenant une organisation offensive et efficace en temps de guerre, et non plus une organisation dont les principales activités opérationnelles clandestines se limitaient aux périodes entre les guerres, comme c’était le cas par le passé ». Il a souligné que ce changement était évident dans les opérations menées par le Mossad lors des guerres contre l’Iran et le Liban, et qu’il reposait sur la création de nouveaux organes et le développement de capacités spécialisées ces dernières années, ainsi que sur l’adoption de technologies de pointe et d’innovations à tous les niveaux de travail.

Il a également noté que le Mossad menait des opérations reposant sur une combinaison d’agents de terrain dotés de capacités technologiques avancées et d’une infiltration clandestine profonde au cœur de Téhéran. Et ajouté que « le service de renseignement extérieur a été en mesure de frapper des cibles sensibles à Téhéran, de déjouer des complots et des assassinats de personnalités importantes et de protéger le front intérieur israélien, après avoir obtenu des renseignements stratégiques et tactiques sur le noyau secret de l’ennemi. »

Dans une analyse approfondie publiée par le quotidien britannique The Guardian, l’universitaire américain Jason Stanley a révélé des détails controversés sur la décision prise en coulisses d’entrer en guerre contre l’Iran sous la présidence de D. Trump. J. Stanley a fondé son analyse sur un reportage exceptionnel du New York Times, qui détaillait comment la salle des opérations de la Maison-Blanche avait été utilisée pour tenir des réunions directes avec les dirigeants israéliens à des moments critiques.

Selon le reportage, le Premier ministre israélien est apparu sur des écrans dans cette salle, entouré du chef du Mossad et de plusieurs hauts responsables militaires. Le journal décrit cette scène comme celle d’un commandant militaire dirigeant son équipe, illustrant l’étendue des liens entre les pouvoirs de décision à Washington et à Tel-Aviv. L’analyse a confirmé que l’insistance et la pression constante de Benjamin Netanyahu en faveur d’une opération militaire rapide ont été les principaux facteurs ayant motivé la décision de Trump de nouer une alliance étroite avec Israël pour attaquer des cibles iraniennes. Cette révélation met en lumière une influence directe, jusqu’alors non documentée avec une telle clarté, au sein des plus hautes sphères du pouvoir américain.

J. Stanley a vivement critiqué la couverture médiatique occidentale, qu’il a accusée d’ignorer délibérément ces faits cruciaux et d’éviter de mentionner le rôle central d’Israël. Il a soutenu que les principaux médias pratiquaient une forme d’« autocensure » qui empêchait la vérité d’atteindre le public américain et international. Le chercheur a cité en exemple l’émission de Rachel Maddow sur MSN Now, où elle abordait les tensions avec l’Iran en se concentrant exclusivement sur le rôle des États du Golfe. Il a souligné que ce mépris délibéré des rapports documentés concernant l’influence israélienne constituait une forme de propagande trompeuse par omission. Et d’expliquer que la propagande, au sens moderne du terme, ne se limite pas à la fabrication de mensonges, mais se manifeste clairement par l’omission d’éléments essentiels du récit médiatique afin d’influencer la compréhension du destinataire. Cette méthode permet d’orienter l’opinion publique vers des conclusions spécifiques sans qu’il ne soit nécessaire de présenter directement de fausses informations.

L’analyse a également mis en lumière la contradiction flagrante du traitement médiatique des ingérences étrangères, fortement axé sur les relations de D. Trump avec la Russie et Poutine. À l’inverse, le même niveau de transparence fait défaut lorsqu’il s’agissait d’évoquer la relation étroite et publique entre Trump et Netanyahu, malgré son impact direct sur les décisions relatives à la guerre et à la paix.

J. Stanley a soutenu que la crainte d’être accusé d’« antisémitisme » dissuade fortement les journalistes de critiquer l’influence israélienne sur la politique américaine. Il a toutefois souligné que confondre la critique politique de l’État d’Israël avec le ciblage des Juifs en tant qu’ethnie ou religion constitue en soi une distorsion des faits et une forme dangereuse de manipulation politique.

En conclusion de son analyse, il a mis en garde contre les dangers des « demi-vérités » propagées par les grands médias, les jugeant plus trompeuses que les mensonges purs et simples. Et souligné que le silence de la presse sur les sujets sensibles, malgré sa capacité à révéler d’autres informations, met son indépendance et sa crédibilité à rude épreuve et soulève de sérieuses questions.

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