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Marché du pétrole en mue : Ce que révèle le lâchage de l’OPEP par Abu Dhabi

by Perspectives Med
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Marché du pétrole en mue : Ce que révèle le lâchage de l’OPEP par Abu Dhabi

En quittant brusquement l’OPEP, organisation qu’ils avaient rejointe en 1967, les Émirats arabes unis viennent d’envoyer une onde de choc dans le monde du pétrole. Cette décision, prise sans consulter leurs partenaires, survient à un moment très tendu, alors que le Conseil de coopération du Golfe tenait une réunion d’urgence à Djeddah après les frappes de représailles iraniennes.

Dans l’immédiat, ce départ offre aux Émirats une liberté précieuse. Libérés des quotas du cartel, ils peuvent réagir vite pour profiter de la pénurie actuelle et maximiser leurs profits. Selon le Guardian, ce geste est avant tout un affront pour l’Arabie saoudite. Le quotidien britannique explique que ce « divorce » affaiblit la capacité des Saoudiens à contrôler les prix et positionne les Émirats comme l’allié le plus proche de Donald Trump, un critique de longue date de l’OPEP. Bloomberg confirme que la nouvelle a pris le groupe par surprise. Dorénavant, les partenaires de l’OPEP devront se battre pour garder leur influence.

Le départ des Émirats affaiblirait la capacité du groupe à réguler les prix et transformerait Abou Dhabi en un joueur imprévisible, d’autant que ce pays résistait depuis longtemps aux quotas. La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, due à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, réduit la production de tous les pays du Golfe : les anciens quotas n’ont plus de sens. Pourtant, comme le note Bloomberg, une fois la navigation rétablie, ce départ pourrait préparer des guerres de prix dévastatrices.

La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, due à la guerre avec l’Iran, réduit la production de tous les pays du Golfe, les vieilles quotas n’ont plus de sens. Pourtant, comme le note Bloomberg, une fois la navigation reprise, ce départ pourrait préparer des guerres des prix dévastatrices. Selon le Washington Post, des rumeurs de départ circulaient depuis des années, à cause de désaccords avec les Saoudiens sur les quotas. Le journal américain souligne également que D. Trump, qui traitait l’OPEP de « monopole », avait appelé en 2025 à baisser les prix.

La BBC propose, de son côté, un regard plus global. Ce départ pourrait être un signe que le monde dépend moins du pétrole. La Chine, par exemple, investit massivement dans l’électrification : cela a déjà baissé la demande d’un million de barils par jour. Dans cette logique, les Émirats ont intérêt à vendre leur or noir le plus vite possible, avant que la demande ne s’effondre. Quand les tankers pourront repasser par le détroit, ou si de nouveaux pipelines sont construits, la production émiratie affluerait sans aucune limite. De son côté, la Russie a pris acte de cette décision avec une prudence mesurée. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que Moscou respectait le choix des Émirats arabes unis. Tout en prenant note de la position d’Abou Dhabi, qui assure vouloir poursuivre sa coordination sur les marchés mondiaux, le responsable russe a exprimé l’espoir de maintenir des contacts constructifs et efficaces, notamment dans le cadre du dialogue énergétique bilatéral. Une chose est sûre : en claquant la porte, les Émirats deviennent un joueur imprévisible. L’OPEP en sort affaiblie, et l’équilibre fragile du Moyen-Orient s’en trouve à jamais modifié.

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