Mardi, le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à adopter un projet de résolution appelant à des mesures « défensives » coordonnées pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, après les vétos opposés par la Russie et la Chine. Le projet de résolution, rédigé par Bahreïn, a recueilli 11 voix pour. La Colombie et le Pakistan se sont abstenus, tandis que la Russie et la Chine ont exercé leur droit de veto en tant que membres permanents du Conseil pour bloquer le texte. Le projet encourageait vivement les États à « coordonner leurs efforts, de nature défensive et proportionnés aux circonstances, afin de contribuer à assurer la sûreté et la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, notamment par l’escorte de navires marchands et commerciaux, et à décourager les tentatives de fermeture, d’obstruction ou toute autre entrave à la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz ». Il demandait également que les efforts de coordination des membres du Conseil soient « de nature défensive » et que soient prises « toutes les mesures appropriées » pour garantir que leurs activités soient « menées en pleine conformité avec le droit international humanitaire ». En outre, le texte appelait à tenir « dûment compte des droits et libertés de navigation » des États tiers, en vue d’assurer un « passage libre et sans entrave par le détroit d’Ormuz ».
S’exprimant après le vote, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, a exprimé ses « regrets » devant le Conseil suite à l’échec de l’adoption du projet de résolution. « Le Conseil n’a pas assumé sa responsabilité face à un comportement illégal qui exige une action décisive et sans délai », a-t-il déclaré. Bahreïn assure actuellement la présidence tournante du Conseil de sécurité.
Dans le feu de la confrontation qui fait rage, CBS News, citant des responsables américains, affirme que 15 militaires américains ont été blessés suite à un raid aérien mené par un drone iranien. L’attaque a visé, durant la nuit, la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, s’inscrivant dans le cadre des ripostes iraniennes continues à l’agression américano-israélienne. Ces frappes interviennent dans le cadre de l’opération « Promesse Tenue 4 » menée par l’Iran, ciblant les bases militaires américaines dans la région et les installations de l’entité d’occupation. Des rapports médiatiques ont admis que ces attaques ont infligé des dommages considérables aux installations militaires, contraignant les forces américaines à gérer leurs opérations à distance face à l’ampleur des menaces.
Dans une tentative de dissimuler l’étendue des pertes, la société américaine d’imagerie satellite « Planet Labs » a annoncé l’arrêt de la publication d’images haute résolution des zones de guerre dans la région, sur demande directe de l’administration du président D.Trump. Des observateurs estiment que cette mesure vise à occulter les preuves documentant la précision des frappes iraniennes et les dommages subis par les intérêts américains, déjà manifestes sur les clichés précédents.
Sur le plan interne, des entretiens avec des soldats américains ont révélé une montée de l’inquiétude, de la frustration et une perte de confiance envers la stratégie de Trump face à l’Iran. Des soldats en service et de la réserve ont exprimé leur refus d’être des « outils politiques », déclarant : « Nous ne voulons pas mourir pour Israël ». A rappeler que Téhéran a affirmé la poursuite de la traque des forces américaines dans la région, soulignant qu’elles « ne seront en sécurité nulle part », et ce, dans le cadre de son droit légitime de riposter à l’agression continue contre son territoire depuis le 28 février dernier.
Les médias israéliens ont pour leur part rapporté, mardi, avoir détecté le lancement de missiles depuis l’Iran vers les territoires palestiniens occupés. La radio de l’armée d’occupation a annoncé le lancement de missiles à fragmentation en direction d’Eilat et de Tel-Aviv. Ils ont également fait état de la chute de projectiles à fragmentation à Tel-Aviv et ses environs, ainsi que de la chute de débris de missile à proximité du centre commercial Ayalon à Tel-Aviv. La chute de débris de missiles à Ramat Ha-Sharon, au centre de la Palestine occupée, a été signalée. Et puis vers midi, les médias israéliens ont fait état de débris de missiles sur 11 sites dans le centre du pays, la plupart à Ramat Gan, Tel-Aviv et Petah Tikva.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé, mardi, avoir détruit un navire porte-conteneurs appartenant à l’entité sioniste, lequel était chargé de transporter l’équipement militaire nécessaire à l’entité via le port de Khor Fakkan aux Émirats, sans passer par le détroit d’Ormuz.
« Nous avons exécuté la 99ème vague de l’opération « Promesse Tenue 4 », dédiée aux martyrs des communautés juive et chrétienne, en réponse aux crimes de l’ennemi lors de son agression contre les complexes pétrochimiques d’Assalouyeh et certaines de ses installation ». Et d’ajouter: « Nous avons bombardé les bases et les intérêts américains dans la région du Golfe et du détroit d’Ormuz, ainsi que les centres de rassemblement de soldats et les centres de commandement dans les territoires palestiniens occupés, par des frappes de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones ».
Lundi 6 avril, le CGRI avait également affirmé avoir ciblé, lors de la 98ème vague de l’opération « Promesse Tenue 4 », les centres de commandement, d’opérations, de logistique ainsi que les infrastructures industrielles et militaires américaines et sionistes, via des opérations combinées menées par les forces navales et aérospatiales. Le département des relations publiques du CGRI a annoncé dans un communiqué que le navire porte-conteneurs « SDN7 », appartenant à l’entité israélienne, a été frappé par un missile de croisière avec une « précision absolue », provoquant un incendie massif à bord.
Des cibles au nord et au sud de Tel-Aviv, des centres stratégiques à Haïfa, des installations chimiques à Beer Sheva, ainsi que des sites militaires à Petah Tikva ont été atteints par des missiles balistiques. Le navire américain « LHA7 », transporteur d’hélicoptères, a subi des attaques iraniennes « éclair », le contraignant à se replier vers les profondeurs de l’océan Indien Sud. Un centre de production conjoint de drones entre les Émirats et Israël a été visé, tout comme plusieurs appareils sur la base d’Ali Al-Salem.
Le CGRI a confirmé la poursuite des opérations offensives contre les objectifs ennemis, soulignant que « tout mouvement dans le détroit d’Ormuz reste sous surveillance, et toute action hostile fera l’objet d’une riposte décisive ». Le général de brigade Majid Moussavi, commandant de la Force aérospatiale du CGRI, a tenu ces propos dans une publication sur le réseau social Upscrolled, soulignant que le régime avait perdu le rapport de force. « En abandonnant les villes du nord des territoires occupés, le régime a pratiquement accepté sa défaite », a affirmé le général Moussavi.
Faisant le bilan des 24 dernières heures, le général Moussavi a mis en exergue l’efficacité croissante des frappes de précision iraniennes. « Les raffineries, les centrales électriques, les ports et les voies ferrées de la baie de Haïfa ont été visés par des missiles iraniens au cours des dernières 24 heures, sans qu’aucun missile n’ait été intercepté », a-t-il précisé. Ces frappes s’inscrivent dans le cadre des opérations de représailles de l’Iran face aux agressions américano-israéliennes contre des infrastructures économiques iraniennes, telles que le pont B1 dans la province d’Alborz et l’usine pétrochimique de Mahshar.
Musée pour les des débris d’avions US
Entre-temps, l’Iran a annoncé le début du transfert des débris d’avions américains, en vue de l’ouverture d’un musée exposant l’échec militaire israélo-américain lors de l’opération Tabas 2. Dimanche 5 avril, le CGRI a annoncé avoir détruit un avion de transport militaire américains C-130 et deux hélicoptères Black Hawk au sud de la province d’Ispahan au centre de l’Iran.
Par ailleurs, le commandant des forces de sécurité intérieure en Iran, le général Radan a fait état de la localisation et du démantèlement d’un vaste réseau coordonné affilié aux services de renseignement de l’ennemi, comprenant des éléments traîtres à la patrie et au peuple iranien, à travers 25 provinces. Au cours de ces opérations coordonnées et intégrées, 85 membres de ce réseau ont été arrêtés alors qu’ils collectaient et transmettaient des informations sur des sites sensibles du pays. Ces individus traitaient avec l’ennemi américano-sioniste dans le but de faciliter des actes hostiles, en envoyant des données incluant la localisation d’installations, d’infrastructures de services publics, de points de contrôle, de barrages et de lieux de déploiement des forces de sécurité, afin de les exploiter dans des opérations de guerre.
Du matériel spécialisé, des équipements électroniques, des dispositifs « Starlink », ainsi que des armes, des munitions et du matériel connexe ont également été saisis auprès de ces espions.
S’agissant des agressions israélo-US contre l’Iran, Israël a bombardé, dans la matinée de mardi, la synagogue Rafi Nia dans la rue Palestine, au centre de la capitale iranienne Téhéran. La synagogue a subi des destructions et des dommages matériels importants suite à ce bombardement visant un quartier résidentiel au cœur de la capitale. « L’entité israélienne n’a même pas épargné les Juifs d’Iran, détruisant entièrement la synagogue de Téhéran », a réagi le représentant des Juifs au parlement iranien. Homayoun Sameyah Najafabadi, a déclaré que « l’entité israélienne a ciblé l’Iran durant les jours de fêtes de la communauté juive, exprimant ses regrets face à la coïncidence de ces attaques avec cette occasion religieuse ». Et d’ajouter : « ces agressions n’ont même pas épargné les Juifs à l’intérieur de l’Iran, précisant qu’une attaque a frappé une synagogue dans la capitale, Téhéran, entraînant sa destruction totale ».
Par ailleurs, 18 citoyens, dont deux enfants, sont tombés en martyre et 24 autres blessés, suite à une agression israélo-américaine ayant visé des zones résidentielles dans la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran. Une agression américano-sioniste a en outre visé la voie ferrée dans la ville de Kashan faisant deux martyrs et trois blessés. Une frappe a aussi visé l’un des ponts des lignes de communication à l’extérieur de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran.
Dans une lettre adressée aux Nations Unies, l’Iran appelle l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à respecter les principes du bon voisinage. Amir Said Irvani, représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies, Amir Said Irvani, a adressé des lettres au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et au président du Conseil de sécurité, soulignant la nécessité pour l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis de respecter les principes du bon voisinage. Selon lui, ces pays devraient empêcher l’utilisation de leur territoire pour toute action visant l’Iran.
Le diplomate a souligné que Téhéran, malgré son attachement à la souveraineté des deux pays et au principe de bon voisinage, se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées, y compris l’exercice de son droit légitime à la légitime défense, pour protéger sa souveraineté, son intégrité territoriale et son indépendance politique.
Au début du mois dernier, A-S. Irvani a déclaré dans une lettre adressée au secrétaire général de l’organisation que Téhéran allait demander des compensations aux Émirats arabes unis pour avoir autorisé Washington à lancer des frappes contre son pays depuis son territoire. Depuis le début de l’agression américano-israélienne dont elle est victime, la République islamique cible entre autres les intérêts et les bases américains dans les pays à partir desquels cette agression est menée.
En tout cas, un complexe pétrochimique situé dans l’est de l’Arabie saoudite a été touché dans la nuit de lundi à mardi par des attaques, a indiqué à l’AFP une source sur place, quelques heures après que des installations similaires en Iran ont été frappées. « Une attaque a provoqué un incendie dans les usines de Sabic à Jubail. Les détonations étaient très fortes », a déclaré cette source à l’AFP, en référence à la Saudi Basic Industries Corporation, géant saoudien de la chimie. Jubail abrite l’une des plus grandes zones industrielles au monde, où sont produits de l’acier, de l’essence, des produits pétrochimiques, des huiles lubrifiantes et des engrais chimiques. Ces zones sont régies par des compagnies américaines.
Cette attaque contre la zone industrielle est intervenue alors que les forces de défense aérienne saoudiennes lançaient un barrage de missiles balistiques visant l’est du royaume. Sept missiles ont été interceptés et détruits, selon un porte-parole du ministère de la Défense. « Des débris de missiles balistiques sont tombés aux alentours des installations électriques ; une évaluation des dégâts est en cours », a indiqué le ministère dans une publication sur la plateforme de médias sociaux X.
La veille lundi, Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a déclaré que son pays avait mené une frappe d’envergure contre le plus grand complexe pétrochimique iranien à Asaluyeh. Les médias iraniens ont rapporté de multiples explosions sur le site. Tôt le 7 avril, les autorités ont également annoncé la fermeture temporaire du principal pont de 25 km reliant l’Arabie saoudite à l’État insulaire de Bahreïn, par mesure de précaution suite à l’émission d’alertes de sécurité dans la région.
