Les initiateurs de cette démarche exigent de Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, de « soumettre un rapport aux commissions parlementaires compétentes, notamment la commission des Affaires étrangères du Sénat et celle de la Chambre des représentants, sur la collaboration entre le Front Polisario et des organisations terroristes affiliées à l’Iran ».
Le secrétaire d’État devra détailler dans son rapport si « le Front Polisario a fourni ou reçu d’une organisation terroriste affiliée à l’Iran, y compris par l’intermédiaire de tiers : un soutien armé lors d’opérations militaires ; des systèmes d’armes, y compris des armes à feu individuelles ; des drones, ainsi que des pièces détachées disponibles dans le commerce pour ces appareils ; des systèmes, plateformes ou composants conçus pour détecter, suivre, engager ou détruire des cibles aériennes» . Un point sur lequel le Maroc avait régulièrement alerté. Le texte mentionne également « les renseignements militaires, y compris les données de surveillance, les informations de ciblage, les renseignements d’origine électromagnétique ou humaine, ainsi que toute analyse issue de ces sources, qu’ils soient fournis sous forme brute ou traitée ».
Ted Cruz a déclaré que « le régime iranien cherche à transformer le Front Polisario en une version des Houthis en Afrique de l’Ouest, pour compromettre la sécurité nationale des États-Unis et de leurs alliés. Le Front Polisario collabore avec des groupes terroristes iraniens, reçoit des drones du Corps des gardiens de la révolution islamique et transporte des armes dans la région pour le compte du régime iranien ». Le projet de loi appelle à appliquer « les sanctions antiterroristes les plus sévères que les États-Unis puissent imposer pour contrer ces menaces ». Une fois la désignation adoptée, « le Front Polisario et ses dirigeants seront privés d’accès au système financier mondial, aux voyages internationaux et aux ressources nécessaires pour mener leurs activités terroristes », a-t-il affirmé.
Ce type de proposition de loi est fréquent au Congrès mais son adoption dépend d’un long processus législatif et du soutien des deux chambres. Elle s’ajoute au projet de loi déposé le 24 juin 2025 par les parlementaires Joe Wilson (républicain) et Jimmy Panetta (démocrate), qui vise également à classer le Polisario comme entité terroriste. Front qui, par ailleurs, a réaffirmé son attachement à l’option du « référendum » comme voie de règlement du conflit du Sahara, estimant qu’il s’agit du cadre devant conduire à une solution définitive au différend. Cette position a été exprimée par son représentant en Algérie, Khatri Addouh, dans un entretien accordé au journal algérien Echorouk.
Le responsable du mouvement séparatiste a expliqué que les consultations parrainées par l’Organisation des Nations unies et les États-Unis, réunissant les quatre parties – le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le polisario – s’inscrivent dans une tentative de relancer un nouveau processus de négociations sous l’égide de l’ONU. Il a ajouté que ce processus s’appuie sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 31 octobre dernier, affirmant que son objectif est de parvenir à une formule garantissant ce qu’il a qualifié de « droit à l’autodétermination », tout en recherchant une solution consensuelle entre les parties concernées par le conflit.
Selon lui, la poursuite de l’engagement du Polisario dans les efforts onusiens reste conditionnée au respect de ces principes, soulignant que toute orientation qui ne conduirait pas, selon ses termes, à permettre au « peuple sahraoui » d’exercer son autodétermination pourrait entraver les efforts politiques et mener à une impasse.
