Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a demandé à son gouvernement d’élaborer un scénario prévoyant l’absence d’élections pendant plusieurs années et d’analyser le fonctionnement de la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien) dans une telle situation. Le Parlement ukrainien traverse une crise interne, rappelle le média. Après un conflit entre la présidence et les agences anticorruption en 2025, ainsi que des soupçons du Bureau national anticorruption (NABU) concernant des paiements occultes à des députés, la majorité parlementaire s’est fortement réduite. Selon Ukrainska Pravda, le camp présidentiel ne disposerait plus que de 110 à 120 voix, loin des 226 nécessaires pour adopter des lois. Les députés ont perdu leur motivation et, selon des sources, craignent de voter de peur d’attirer l’attention des agences anticorruption. La veille encore, la Rada n’a pas réussi à adopter plusieurs projets de loi gouvernementaux, certains textes n’obtenant que 120 à 130 voix. Dans ce contexte politique incertain, l’organisation d’élections dans un avenir proche apparaît improbable, notamment en raison de la poursuite des opérations militaires et de la position des partenaires occidentaux. Sur le plan financier, l’Union européenne a approuvé en février un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine pour 2026 et 2027. Soixante milliards doivent financer les capacités de défense et l’achat d’armements, tandis que 30 milliards sont destinés au soutien macrofinancier et budgétaire. Ce programme reste toutefois bloqué par la Hongrie. Budapest s’oppose notamment à Kiev dans un différend énergétique lié à l’arrêt du transit de pétrole via l’oléoduc Droujba. Kiev a interrompu les livraisons à la Hongrie, invoquant une soi-disant panne, tandis que Budapest dénonce un « chantage politique ».
Les ambassadeurs du Royaume-Uni et de France ont été convoqués au ministère russe des Affaires étrangères après les frappes de missiles franco-britanniques contre Briansk. Moscou exige de Paris et Londres une réaction publique claire et une condamnation sans équivoque de l’attaque terroriste de Kiev qui a fait sept morts et plus de 40 blessés.
« La région de Kiev a connu une nouvelle nuit difficile. Malheureusement, le bilan s’élève désormais à quatre morts. Quinze habitants de la région ont été blessés », a annoncé sur Telegram le gouverneur régional Mykola Kalachnyk, précisant que le bilan pouvait encore s’alourdir. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, « l’attaque massive » a visé également les régions de Soumy (Nord), Kharkiv (Nord-Est), Dnipro (Centre), et Mykolaïv (Sud). « La cible principale des Russes était les infrastructures énergétiques de la région de Kiev, mais malheureusement, des immeubles d’habitation, des écoles et des commerces civils ont également été touchés de plein fouet et endommagés », a-t-il indiqué.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, 430 drones et 68 missiles ont été tirés par la Russie lors de cette attaque, dont respectivement 402 et 58 ont été interceptés.« Chaque nuit de frappes russes de ce type rappelle à tous nos partenaires que les défenses antiaériennes et les missiles qui les équipent constituent en réalité une nécessité quotidienne », a plaidé Volodymyr Zelensky.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’Ukraine s’inquiète de voir les moyens de défense antiaérienne occidentaux être redirigés vers cette région plutôt que potentiellement fournis à Kiev. En visite en France vendredi, ou il a été reçu par le président Emmanuel Macro, le président ukrainien s’était également inquiété que la levée temporaire des sanctions américaines contre le pétrole russe apporte à Moscou de nouvelles rentrées d’argent pour financer son effort de guerre. Les États-Unis ont proposé de nouveaux pourparlers sous leur médiation la semaine prochaine entre Russes et Ukrainiens pour tenter de trouver une issue au conflit. Les précédents cycles de négociations n’avaient pas abouti à des progrès tangibles, buttant notamment sur la question des territoires.
