Dans un entretien accordé au tabloïd britannique The Sun, le locataire de la Maison Blanche a commenté le choix du Premier ministre britannique Keir Starmer de ne pas engager son pays aux côtés des États-Unis et d’Israël dans ces opérations. « Cela n’aide en rien. Je n’aurais pas pensé voir cela. Je n’aurais pas cru que le Royaume-Uni agirait ainsi », a-t-il déclaré.
Donald Trump a évoqué « l’une des plus grandes ruptures récentes » dans les relations américano-britanniques. « Le monde est différent désormais. Nos relations avec le Royaume-Uni étaient différentes. Il est regrettable de constater qu’elles ne sont plus comme avant », a-t-il ajouté. Le président américain a par ailleurs suggéré que Keir Starmer aurait pu prendre cette décision en tenant compte de l’électorat musulman britannique. « Le Premier ministre a ses propres difficultés. Le peuple britannique, pour lequel j’ai beaucoup d’affection et avec lequel j’ai entretenu d’excellentes relations, pourrait ne pas apprécier d’entendre cela, mais je lui souhaite bonne chance », a-t-il affirmé.
D. Trump a également critiqué la situation au Royaume-Uni, estimant que le pays était « devenu méconnaissable ». « Londres est devenue un endroit très différent. Il y a un maire terrible et des gens terribles. C’est devenu un autre endroit », a-t-il lancé. Il a enfin prodigué plusieurs conseils à Londres, appelant le Royaume-Uni à « exploiter la mer du Nord », estimant que « les prix de l’énergie ont explosé », et à « cesser d’accueillir des étrangers qui détestent votre pays ».
Défendant l’action américaine au Moyen-Orient, D. Trump a assuré que les États-Unis « accomplissent de bonnes choses » dans la région et a souligné que, même si le Royaume-Uni demeure un allié historique, Washington n’a « plus besoin » de Londres pour intervenir au Moyen-Orient. « Cela ne fait pas de différence pour nous, mais Starmer aurait dû aider. La France fait un excellent travail, mais le Royaume-Uni est très différent des autres. Vous avez vu ce que le secrétaire général de l’Otan a déclaré. C’est une personne formidable. Ils étaient tous formidables, mais Keir est un peu différent », a-t-il ajouté.
De son côté, le Premier ministre britannique avait annoncé, le 2 mars, que les États-Unis avaient demandé l’autorisation d’utiliser des bases britanniques pour frapper des dépôts de missiles iraniens et que cette requête avait été acceptée.
Des informations font état de difficultés d’approvisionnement en certains stocks de missiles US alors que les frappes contre l’Iran se poursuivent. Selon CNN, citant un haut responsable américain, l’armée des États-Unis enregistrerait une baisse de ses stocks de missiles de croisière Tomahawk, utilisés pour des frappes contre des cibles terrestres, ainsi que de missiles Standard Missile-3 (SM-3), destinés à l’interception de missiles balistiques.
D’après ce responsable, la première vague d’attaques aurait permis d’affaiblir les capacités de défense iraniennes. Les prochaines phases devraient viser les sites de production de missiles, les installations de drones et des éléments de la marine iranienne. Il a également indiqué qu’une « augmentation significative » des frappes contre l’Iran était attendue dans les prochains jours.
D. Trump a déclaré mardi à CNN : « Nous n’avons même pas commencé à leur porter un coup dur. La grande vague n’est pas encore arrivée. Elle arrive bientôt. » Israël et les États-Unis ont lancé le 28 février une opération militaire contre l’Iran, alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington.
Madrid aussi tancé
Le gouvernement espagnol a réagi mardi à la menace du président américain Donald Trump de « couper tout commerce » avec l’Espagne, affirmant que toute révision des relations commerciales doit respecter le droit international et les accords en vigueur.
Selon la chaîne publique RTVE, citant un communiqué officiel, l’exécutif espagnol a indiqué que si Washington souhaite revoir les relations commerciales entre les deux pays, il « doit le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, du droit international et des accords bilatéraux entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis ».
D. Trump a qualifié l’Espagne d’allié « terrible » et critiqué Madrid pour ce qu’il a décrit comme une coopération insuffisante concernant les bases militaires américaines, dans un contexte d’escalade au Moyen-Orient.
Le gouvernement espagnol a rejeté ces critiques, soulignant que l’Espagne est « un membre clé de l’OTAN » et qu’elle respecte ses engagements, tout en apportant une contribution significative à la défense territoriale européenne. Madrid a également mis en avant son rôle de grande puissance exportatrice au sein de l’UE et de partenaire commercial fiable avec 195 pays, dont les États-Unis, avec lesquels elle entretient une relation commerciale « historique et mutuellement bénéfique ».
L’exécutif a ajouté disposer des ressources nécessaires pour atténuer d’éventuels impacts, soutenir les secteurs affectés et diversifier les chaînes d’approvisionnement si nécessaire.
Le gouvernement a réitéré que sa position « est et sera toujours de travailler en faveur du libre-échange et de la coopération économique entre les pays », sur la base du « respect mutuel » et du « respect du droit international ».
Le gouvernement espagnol a par ailleurs indiqué lundi que les États-Unis n’ont ni utilisé ni l’intention d’utiliser les bases militaires espagnoles pour mener des attaques contre l’Iran.
