Home MondeAsieIsraëlGuerre génocidaire d’Israël : Hébron investi par les colons en attendant Gaza-City

Guerre génocidaire d’Israël : Hébron investi par les colons en attendant Gaza-City

by Perspectives Med
0 comments
Guerre génocidaire d’Israël : Hébron investi par les colons en attendant Gaza-City

Mardi, des images tournées par une journaliste de l’AFP à Tel el-Hawa, quartier du sud de Gaza-ville montrent des secouristes du Croissant-Rouge sortir des décombres le corps sans vie d’une petite fille, entièrement recouvert de poussière.« Nous dormions dans nos maisons et soudain nous nous sommes réveillés au bruit des bombardements (…) et avons trouvé la plupart de nos voisins assassinés et blessés », a déclaré à l’AFP Sanaa al-Dreimli, une voisine. 24 des 112 martyrs ont été tués alors qu’ils attendaient la distribution de l’aide humanitaire devant les centres de la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF) qui s’est emparée de l’aide la confisquant aux organisations onusiennes et aux ONG. Israël tue aussi par la famine via le blocus qu’il impose sur l’enclave : 13 Gazaouis, dont 3 enfants ont succombé durant ces dernières 24 heures. « C’est le bilan le plus élevé en une seule journée », affirme le ministère palestinien de la Santé à Gaza, selon lequel le bilan de de la faim et de la malnutrition est désormais 361 martyrs, dont 130 enfants. Durant août dernier, 180 Gazaouis avaient succombé à la famine. Au mépris des appels lancés à l’étranger comme en Israël, réclamant la fin à la guerre génocidaire, le gouvernement israélien a ordonné à l’armée d’occupation de lancer une offensive terrestre sur Gaza-ville. L’armée israélienne se prépare « sur le plan logistique et opérationnel à des opérations de combat étendues et à la mobilisation massive de réservistes », indique un communiqué militaire, selon l’AFP. Elle a ajouté que les troupes suivaient notamment des entraînements au combat « en milieu urbain ».

En approuvant fin août les plans militaires pour la conquête de Gaza, Israël Katz, ministre sioniste de la Défense, avait autorisé la mobilisation d’environ 60.000 réservistes. La moitié d’entre eux remplaceront les forces régulières sur le front, et l’autre moitié seront dépêchés dans les quartiers généraux, les services de renseignement et l’armée de l’air.

Channel 13 a rapporté que l’armée estime que l’occupation de la ville de Gaza pourrait durer une année entière, ajoutant que ses estimations indiquent la possibilité que 100 soldats soient tués au cours de l’opération.

Dans une publication sur X mardi, le porte-parole de l’armée d’occupation en arabe a averti les habitants de Gaza de « l’élargissement des opérations de combat vers la ville de Gaza ». San donner l’ordre d’évacuation. Avichay Adraee a assuré que « des services renforcés » seraient fournis aux Palestiniens dans le secteur d’Al-Mawasi, dans le sud du territoire, parlant d’un « accès aux soins médicaux, à l’eau et à la nourriture ».

Dès les premiers mois du conflit, Israël avait désigné Al-Mawasi zone humanitaire mais ce secteur a été bombardé d’innombrables fois.

A la mi-août, Thameen al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, avait déclaré que les Palestiniens n’avaient là-bas que « peu ou pas d’accès aux services et fournitures essentiels ». Khalil al-Madhoun, 37 ans, qui vit dans un appartement partiellement détruit dans l’ouest de Gaza-ville, a expliqué avoir tenté deux fois de se rendre dans le sud, mais sans succès. « Le centre et le sud sont complètement surpeuplés », a-t-il dit à l’AFP par téléphone.

Les Nations unies estiment qu’environ un million de personnes vivent dans la ville de Gaza et ses environs, où une famine a été déclarée. La majorité des plus de deux millions d’habitants de la bande de Gaza assiégée a été déplacée au moins une fois depuis le début de la guerre.

L’Elysée ciblé

Tout en déclinant toute trêve en dépit de la souplesse du Hamas, Benyamin Netanyahu compte toujours sur l’appui de Donald Trump, l’hôte de la Maison Blanche ayant intimé à la résistance palestinienne la relaxe de tous les otages pour s’attendre à un quelconque changement. En attendant, les critiques du chef de l’Exécutif israélien ciblent Emmanuel Macron. Il reproche à l’hôte de l’Elysée  de « saper la stabilité » du Proche-Orient taxant ses actions de « dangereuses », après une mise en garde du président français contre toute tentative israélienne d’annexer des territoires en riposte à la reconnaissance de la Palestine envisagée par Paris. « Macron tente d’intervenir de l’extérieur dans un conflit auquel il n’est pas partie, d’une manière complètement déconnectée de la réalité sur le terrain après le 7 octobre » 2023, a écrit Gideon Saar, ministre  israélien des Affaires Etrangères dans un message sur X publié mardi soir. « Macron sape la stabilité de la région avec ses actions », ajoute G. Saar, pour qui « ses actions sont dangereuses [et] n’apporteront ni la paix ni la sécurité ».

« Aucune offensive, tentative d’annexion et de déplacement des populations n’enrayera la dynamique que nous avons créée avec le Prince héritier [saoudien et dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane] et à laquelle de nombreux partenaires se sont déjà joints », avait déclaré un peu plus tôt le président français sur X. Dans ce message, E. Macron rappelle qu’il coprésidera le 22 septembre avec le prince saoudien une conférence au siège de l’ONU à New York sur la « solution à deux Etats » au cours de laquelle Paris doit formaliser, de concert avec plusieurs autres pays comme l’Australie, la Belgique ou le Canada, sa reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Selon plusieurs médias israéliens, le gouvernement israélien a débattu récemment de l’opportunité d’annexer des territoires en Cisjordanie (territoire palestinien occupé par l’entité sioniste depuis 1967) en réponse à cette initiative.

En Cisjordanie occupée, la situation n’en finit pas de se tendre. L’Autorité palestinienne a annoncé, mardi, avoir répertorié, pour le seul mois d’août, 1 613 attaques de l’armée et de colons envers des citoyens palestiniens. Parmi les points chauds de Cisjordanie occupée, il y a Hébron, au sud du territoire palestinien. Là, les violences se multiplient et le maire de la ville a été arrêté par l’armée israélienne.

Les colons israéliens ont pris possession, mardi, de nouvelles maisons palestiniennes dans la vieille ville de Hébron. L’événement est couvert par la chaine 14 israélienne qui qualifie le moment « d’historique ». Au micro d’un journaliste, le directeur d’une école religieuse juive dit avoir opéré « avec l’accord du gouvernement et de l’armée ».

Habitants délogés, parade de colons dans la vieille ville, tirs à balles réelles de l’armée, terres agricoles brûlées. La situation, très tendue à Hébron, se détériore de jour en jour. Cette ville, qui renferme le tombeau des Patriarches, dont Abraham est au centre des appétits des colons israéliens. Emmenés par Bezalel Smotrich, ministre ultra des Finances, ils souhaitent une annexion complète de la Cisjordanie occupée. La veille, on apprenait aussi l’arrestation de Tayssir Abou Chneyné, maire de la ville après que sa maison a été saccagée par l’armée israélienne. Une opération qui intervient alors que les médias israéliens se font l’écho de la volonté de B. Netanyahu de remplacer les représentants de l’Autorité palestinienne par des édiles acquis à Israël. 

A rappeler qu’en France, une association de juristes a demandé à un tribunal à Paris de condamner l’Etat français « pour l’absence de mise en œuvre de son obligation de prévention du crime de génocide » commis potentiellement, selon elle, par Israël à Gaza, selon son recours vu mardi par l’AFP. L’Association des juristes français pour le respect du droit international (Jurdi), qui a formulé sa requête auprès du tribunal administratif, estime que la France est tenue à une telle obligation en tant que signataire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948. La France a critiqué très vivement l’ampleur des moyens employés par l’armée israélienne à Gaza, en réaction à l’attaque du 7 octobre 2023 mais n’a cependant jamais utilisé le qualificatif de génocide. L’association de juristes demande que la justice « ordonne à l’Etat (français) des décisions et des initiatives concrètes vis-à-vis de l’État d’Israël (…) pour prévenir le crime de génocide », sous peine d’une astreinte quotidienne de 10.000 euros. Elle réclame également le versement d’un euro symbolique pour le « préjudice » subi.

L’association Jurdi épingle notamment des livraisons d’armes françaises à Israël, présentées comme « défensives » par les autorités françaises. « En dépit du risque sérieux et avéré de génocide dans la bande de Gaza, l’État(français) a manqué de mettre en œuvre les mesures de prévention de ce génocide qui était à sa portée », estime l’association, qui affirme que ses courriers précédents aux autorités françaises « sont restés sans réponse ».

L’Afrique du Sud a été le premier Etat à initier en décembre 2023 une action devant la Cour internationale de justice (CIJ) en invoquant un « génocide », rejointe ensuite par plusieurs autres Etats. Le mois suivant, la CIJ avait sommé Israël de prévenir tout éventuel acte de génocide et de permettre l’accès de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.

Opération couteuse

Israël s’apprête à lancer l’une de ses offensives militaires les plus coûteuses et controversées depuis le début de la guerre génocidaire contre Gaza il y a près de deux ans. Selon des informations rapportées par le media israélien Kan, l’offensive « Chars de Gédéon II » visant à envahir la ville de Gaza coutera entre 20 à 25 milliards de shekels.

Cette escalade militaire survient dans un contexte de tensions croissantes. Le ministère de la guerre et celui des Finances débattent actuellement de l’augmentation nécessaire du budget militaire, ce qui pourrait entraîner des coupes dans d’autres ministères. Parallèlement, des divergences persistent entre l’échelon politique et les responsables sécuritaires, certains plaidant pour un accord négocié. L’opération « Chars de Gédéon II » s’annonce comme l’un des épisodes les plus polémiques de cette guerre.

L’armée d’occupation a procédé, mercredi, à la plus importante mobilisation de réservistes de son histoire. Plus de 35 000 soldats de réserve ont été rappelés, incluant cinq brigades de combat, des commandements, du soutien logistique, des services de renseignement, l’aviation et des officiers d’état-major. Dans les semaines à venir, 25 000 réservistes supplémentaires rejoindront les rangs, portant l’effectif total à environ 60 000 hommes pour cette invasion.

Selon la version israélienne, le principal obstacle demeure le transfert de quelque 800 000 Palestiniens de la ville de Gaza. Les autorités d’occupation estiment que seulement 10 000 Gazaouis ont quitté les lieux jusqu’à présent.

Selon les planifications militaires, après une courte période d’entraînement des réservistes et de repos pour les troupes régulières, Israël pourrait être opérationnel dans environ trois semaines. L’offensive principale est prévue pour la mi-septembre, avec les brigades régulières en première ligne lors de la phase d’encerclement, puis durant les combats urbains dans ce que B. Netanyahu qualifie de « dernier bastion du Hamas ».

Entre-temps, le mouvement de résistance palestinien Hamas a dénoncé la « destruction systématique » des quartiers de la ville de Gaza par le régime israélien au moyen de robots chargés d’explosifs. Il a détaillé dans un communiqué « les méthodes sans retenue du régime pour expulser près d’un million de civils, réfugiés dans la ville après avoir fui les agressions israéliennes incessantes contre la bande côtière ». Il mentionne notamment les « bombardements aériens intensifs » sur la ville par l’armée israélienne « fasciste » et « l’utilisation de robots transportant des tonnes d’explosifs dans des zones résidentielles ».

Le Hamas a dénoncé le caractère sans précédent des atrocités, les qualifiant de « crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » au regard du droit international. Il a également condamné le « criminel de guerre » B. Netanyahu, pour avoir déployé ces méthodes afin de poursuivre ses intentions génocidaires, quel qu’en soit le prix.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.