En Angola– deuxième pays producteur de pétrole du continent africain après le Nigeria –la décision prise par les autorités de relever le prix de l’essence subventionnée de 300 à 400 kwanzas le litre (soit de 0,33 à 0,43 dollar), le 1er juillet dernier, ne passe décidément pas. Vingt-deux personnes ont été tuées en Angola depuis lundi dans de violentes manifestations pour protester contre la hausse des prix des carburants et accompagnées de nombreux pillages de magasins d’alimentation, a annoncé mercredi le ministre de l’Intérieur. « Nous déplorons 22 morts, dont un policier », a déclaré à la presse Manuel Homem à l’issue d’un conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat Joao Lourenço. Le ministre de l’Intérieur a également fait état de 197 blessés.
Depuis lundi 28 juillet, premier jour d’une grève qui doit en durer trois, les manifestations des chauffeurs de taxis organisées dans la capitale virent à l’émeute tandis que le bilan matériel et humain est déjà très lourd. Au moins cinq morts en deux jours, mais aussi des dizaines de commerces vandalisés et de nombreux véhicules publics ou privés endommagés, selon le porte-parole de la police angolaise qui s’est exprimé lors d’un nouveau point presse dans la soirée de mardi. À cette occasion, Mateus Rodrigues a aussi précisé que « 1 214 suspects » avaient été arrêtés à ce stade, un chiffre encore susceptible d’augmenter au fur et à mesure que « les enquêtes se poursuivent ».
Alors que le mouvement de protestation commence à s’étendre à d’autres villes du pays, le syndicat des chauffeurs de taxis a tenu à prendre ses distances avec les violences qui l’accompagnent. S’il condamne les troubles, son leader, Geraldo Wanga, a aussi nié que des membres de son organisation puissent être impliqués dans les heurts et les actes de destruction, dénonçant aussi au passage l’arrestation « arbitraire » de certains d’entre eux accusés – à tort selon lui – « d’incitation à la violence ». Au deuxième jour de la mobilisation mardi 29 juillet, l’atmosphère est restée très tendue dans la capitale. Les pillages s’y sont poursuivis malgré la fermeture des banques et des magasins, au grand désespoir des commerçants catastrophés.
