Depuis décembre dernier, la mer Rouge n’avait plus été le théâtre d’attaques majeures contre la marine marchande. Dimanche 6 juillet, les forces de Sanaa ont pourtant revendiqué une offensive par la voix de leur porte-parole. « Nos forces navales ont lancé des appels et des avertissements au navire, tous ignorés par son équipage. Nos opérations continueront à cibler le cœur de l’entité israélienne, à empêcher la navigation israélienne dans la mer Rouge et la mer d’Oman, jusqu’à ce que l’agression contre Gaza cesse et que le siège soit levé ».
L’objectif affiché par la résistance au Yémen est avant tout de mettre la pression sur Israël. Le mode opératoire a été revu par Sanaa. Parallèlement aux missiles, des embarcations rapides, plus difficiles à repérer, sont aussi utilisées.
Lundi, Sanaa a revendiqué des attaques de missiles et de drones menées contre plusieurs sites israéliens, en représailles aux frappes aériennes israéliennes sur le pays. Dans une déclaration télévisée, le général de brigade Yahya Saree, porte-parole de l’armée de Sanaa, a indiqué que des missiles balistiques hypersoniques avaient visé l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, le port d’Ashdod et une centrale électrique dans la ville d’Ashkelon, dans le sud du pays. Le port d’Eilat, dans le sud d’Israël, a aussi été visé par huit drones.« Les missiles et les drones ont atteint leurs cibles, car les missiles intercepteurs (israéliens) n’ont pas réussi à les contrer », a déclaré Y. Saree.
Aucun détail n’était encore disponible sur les dommages causés par les attaques des Houthis, qui ont eu lieu quelques heures après que des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes sur les ports yéménites d’Al-Hudaydah, Ras Issa et al-Salif sur la mer Rouge, ainsi que sur une centrale électrique voisine et sur le navire cargo Galaxy Leader.
Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite israélien en charge des finances, a quant à lui déclaré qu’Israël ignorait les capacités des missiles fabriqués par les Houthis. « Nous ne savions pas que les Houthis fabriquaient, dans d’immenses bunkers souterrains, des missiles d’une portée de 2 000 km visant à attaquer Israël », a déclaré B. Smotrich, selon la télévision israélienne Channel 12.
Depuis fin 2023, Sanaa a attaqué des dizaines de navires desservant Israël puis des bateaux et des vaisseaux américains déployés pour assurer la navigation dans la zone, avant que Washington ne propose, début mai, un accord de cessez-le-feu. Ces attaques ont poussé de nombreux armateurs à éviter cette zone par laquelle transite 12 % du commerce mondial, d’après la Chambre internationale de la marine marchande (ICS).
