L’avis du Comité onusien a été exprimé dans un courrier daté de mercredi 31 janvier alors que le jeune homme a été livré à Washington le 25 janvier dernier. La requête de l’avocat du mis en cause avait été déposée le 17 janvier, pour un examen en ultime recours. Le 29 janvier, l’ancien étudiant en informatique a déjà comparu devant la juge fédérale de Seattle. Même en plaidant « non coupable », la juge fédérale a décidé de le maintenir en détention, en raison des « risques de fuite ». La prochaine audience est prévue le 3 avril. S’il est reconnu coupable, il risque 116 ans de prison, selon son avocat.
S. Raoult a été arrêté le 31 mai 2022 à son arrivée depuis la France au Maroc, à l’aéroport de Rabat-Salé, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par les Etats-Unis. Depuis, il a été placé en détention à la prison de Tifelt 2, en attendant son extradition pour « complot en vue de commettre fraude et abus électronique et vol d’identité grave ». La justice US lui reproche aussi d’être un membre des ShinyHUnters, groupe de « cybercriminels » auxquels on impute de nombreuses cyberattaques visant de grandes entreprises et multinationales. Parmi les victimes figure d’ailleurs Github, du géant américain de l’informatique Microsoft.
Maintenant que l’avis du Conseil des droits de l’Homme est tombé avec une semaine de retard, Me Philippe Ohayon, avocat du « hacker » déplore auprès « une décision exceptionnelle qui, malheureusement, n’a pas empêché l’extradition ». La lettre de l’instance onusienne rappelle néanmoins « à toutes les autorités, françaises, marocaines et américaines, les très graves entorses au droit international qui ont abouti à ce qu’on peut désormais appeler ‘le scandale Sébastien Raoult’», a-t-il fait savoir au Nouvel Obs. Paul Raoult, le père du mis en cause, regrette pour sa part le retard pris pour que la décision soit rendue. « Mais cela montre que notre demande était fondée », a-t-il soutenu.
Redoutant déjà une extradition de son client vers les Etats-Unis, son avocat avait saisi le Comité contre la torture de l’ONU, en décembre 2022, « mais cette instance a refusé d’enregistrer sa demande », selon l’AFP. Les raisons de ce refus ne sont pas communiquées. Il a précédemment estimé que l’extradition aurait été « précipitée » et que « ce genre de manœuvres entre les Etats-Unis et la France ne doit plus jamais se reproduire ».
