C’est un Vladimir Poutine particulièrement combatif qu’ont pu apercevoir les téléspectateurs russes le 16 mars, lors de la retransmission d’une réunion gouvernementale.
Le président russe a estimé que l’avalanche de sanctions et condamnations occidentales frappant la Russie, son économie, ses sportifs et son monde de la culture, en réponse à l’offensive militaire menée en Ukraine, était comparable aux persécutions antisémites, faisant un parallèle avec «des pogroms antisémites». Il a par ailleurs qualifié cette série de sanction de «Blitzkrieg [guerre éclair, en références aux opérations militaires allemandes durant la Seconde guerre mondiale] économique». V. Poutine assure que la Russie a «les ressources nécessaires» pour faire face aux sanctions occidentales Plus concrètement, le président russe a évoqué un certain nombre de mesures destinées à limiter l’impact des sanctions que subit actuellement la Russie. Il a ainsi promis des aides financières aux particuliers et aux entreprises. L’augmentation du minimum vital, la hausse des salaires des fonctionnaires et des montants de retraites. L’assurance de lignes de crédit supplémentaires pour les entreprises ou l’accroissement des commandes d’Etat font également partie des mesures annoncées par le locataire du Kremlin. Le maitre du Kremlin s’est efforcé de rassurer la population en affirmant notamment que Moscou et les entreprises avaient «les ressources nécessaires» pour traverser la tempête, promettant «un travail acharné, un travail en commun et un soutien [qui devra] mobiliser» les Russes. Il a aussi fustigé les sanctions ayant visé les réserves de l’Etat russe, qui ont été selon lui «volées» par les Occidentaux qui en ont gelé quelque 300 milliards de dollars (environs 272,8 milliards d’euros).
Peu après l’intervention télévisée de Vladimir Poutine, le Kremlin a publié un décret ordonnant aux responsables régionaux «d’assurer la stabilité sociale et économique» de la population. Ce texte prévoit des paiements en espèces pour certaines catégories de population, le suivi des prix, ainsi qu’un soutien à l’emploi et aux entreprises.
Par ailleurs, Yury Plibson, directeur du quatrième département de la coopération européenne du ministère russe des Affaires étrangères, a souligné que «l’opération militaire russe en Ukraine atteindra ses objectifs », assurant que l’Europe paiera le prix des dommages causés aux relations bilatérales avec Moscou.
« Nos partenaires européens devront payer le prix des dommages qu’ils causent à leurs intérêts nationaux et aux relations bilatérales qui se sont développées au fil des générations », a déclaré Y. Plibson.
Mardi, Pierre Tolstoï, vice-président de la Douma d’Etat russe, a annoncé une décision de retirer la Russie du Conseil de l’Europe, accusant les pays de l’OTAN de saper le dialogue. Auparavant, le ministère russe des Affaires étrangères avait annoncé que « Moscou ne participerait pas à la transformation du Conseil de l’Europe en une plate-forme pour le narcissisme occidental de la part de l’OTAN et de l’Union européenne ». Le 25 février, le Conseil de l’Europe a annoncé la suspension de l’adhésion de la Russie.
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