« Je crois que c’est le plus grand accord jamais signé », a déclaré ce 27 juillet devant la presse le président américain, à l’issue d’un entretien en Écosse, avec Ursula von der Leyen. « Ce sont des droits de douane généraux de 15% », a précisé la patronne de la Commission européenne, évoquant des « investissements » aux États-Unis ainsi que des « achats de produits américains ». « C’est un bon accord, un immense accord, avec des négociations dures », a-t-elle notamment déclaré, après avoir vanté « un accord entre les deux plus grandes économies du monde ».
« Je pense que cet accord va nous rapprocher », a pour sa part estimé le président américain et d’ajouter : « c’est un partenariat à certains égards ». Cette annonce survient quelques jours avant l’expiration de l’ultimatum de D. Trump. Celui-ci avait menacé, le 12 juillet, d’imposer, à compter du 1er août des droits de douane de 30 % sur tous les produits en provenance de l’Union européenne. « Les deux côtés veulent de la justice, de l’équité, mais l’accord n’est pas encore équitable », avait-il déclaré aux journalistes, avant la tenue de l’entretien, ajoutant qu’il espérait encore « régler quelques problèmes ». « On veut que tout le monde soit content », a-t-il encore assuré, évoquant certains déséquilibres sectoriels entre les deux rives de l’Atlantique, telles que l’automobile. « Non », avait toutefois répondu le locataire de la Maison Blanche, à la question d’un journaliste concernant l’éventualité de droits de douane sur les produits européens inférieurs à 15%. En vertu de ce « deal », a annoncé le magnat de l’immobilier, les Européens se sont engagés à investir 600 milliards de dollars aux États-Unis. Ils vont également, toujours selon D. Trump, acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine.
Défaillance de Bruxelles
L’Union européenne (UE) a admis Lundi qu’elle ne serait pas en mesure de tenir la promesse de 600 milliards de dollars en investissements dans l’économie US, et cela, quelques heures seulement après les négociations commerciales tenues en Écosse avec D. Trump. La cause principale de cet aveu est que les fonds promis proviendraient dans leur totalité d’investissements du secteur privé, qui ne sont, en aucun cas, soumis à l’autorité de Bruxelles, selon les déclarations d’officiels européens cités par le site d’information Politico.
Lors de sa rencontre avec Trump, U. von der Leyen a conclu un accord supposé éviter une guerre commerciale entre l’UE et les États-Unis. Selon les termes de l’accord, l’UE devrait investir 600 milliards de dollars. Or, à ce jour elle totalise 2 800 milliards de dollars d’investissements privés aux États-Unis. Si l’UE arrive à mobiliser son secteur privé, ce montant devrait être porté à 3 400 milliards de dollars au cours des prochaines années.
Selon Politico, deux hauts fonctionnaires de la Commission européenne, dont il n’a pas précisé l’identité, ont fait savoir que les fonds proviendraient exclusivement d’entreprises privées européennes. « L’UE, en tant qu’autorité publique, ne peut garantir cela. Cela dépend des intentions des entreprises privées », a déclaré l’un des hauts fonctionnaires de la Commission. Et à ce stade, il n’existe aucune mesure incitative pour encourager le secteur privé à investir 600 milliards de dollars, ni un calendrier précis pour cet investissement. D’ailleurs, ce chiffre ne serait basé que sur des discussions avec différentes associations professionnelles et entreprises afin de connaître leurs intentions d’investissement, selon un autre responsable de la Commission européenne.
Au terme des négociations, D. Trump a abaissé les droits de douane sur les importations de l’UE à 15 %, au lieu des 30 % qui devaient entrer en vigueur dès le 1er août prochain. Mais à quel prix ? Si la promesse d’investissement européenne a été déterminante pour faciliter l’accord avec les États-Unis, elle soulève cependant des objections, dans la mesure où l’on estime qu’un tel investissement se ferait aux dépens des investissements en Europe. L’idée même que le secteur privé veuille investir à une telle échelle soulève aussi des doutes, d’autant plus qu’il ne sera possible en aucun cas de dicter un quelconque investissement aux entreprises européennes.
